CHAPITRE X
Marche. — Durée. — Terminaisons.
Marche. — Essentiellement lente, chronique. — Poussées d’accroissement possibles à chaque époque menstruelle. — Tendance habituelle à la résolution dans la plupart des cas où la mort n’est pas survenue dès le début. — Diminution par saccades de la tumeur ; notable surtout aux époques menstruelles, stationnaire pendant l'intervalle. =
Durée. — Très longue le plus souvent. Pendant fort longtemps, tumeur persistante, douloureuse. Recrudescerce des douleurs et poussée fébrile à l’époque des règles.
Il nous semble logique de diviser la terminaison de l’hématocèle en plusieurs catégories. C'est moins l’hématocèle anté-utérine que l'hématocèle en général que nous avons en vue Ici.
lo Par résorption rapide. — La marche habituelle de l'hématocèle est la résorption. La tumeur, Hquide au début, se solidifie en caillots qui deviennent de plus en plus consistants, qui prennent une dureté ligneuse, parfois osseuse ; on sent des bosses plus ou moins saillantes.
La tumeur met en général plusieurs mois pour se transformer ; dans les cas favorables, la disparition de la tumeur peut avoir lieu dans un mois (1).
Les règles, pendant cette résorption rapide, réapparaissent généralement et donnent à la tumeur une légère poussée qui n'est que momentanée. Quand on revoit plus tard les malades après la guérison, on peut retrouver un noyau
(1) Cas observé en décembre 1894, service de M. le professeur Spillmann.
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d'induration qui peut en imposer pour un fibrome, ou des noyaux de pelvi-péritonite (1).
2° Par passage à l’état chronique. — L'amélioration peut tarder et ne se faire qu’en 6 ou 8 mois. Dans ces cas chroniques, il y à généralement aménorrhée pendant plusieurs mois.
C'est dans ces cas où on observe des poussées successives, comme si de nouvelles quantités de sang étaient versées sur le premier foyer.
« Ces répétitions se montrent parfois peu de jours après le début des accidents ou tardivement aux époques menstruelles qui suivent, sans doute sous l'influence de Ja congestion cataméniale. Dans les cas où l’hémorragie a pour origine la rupture d’un kyste fœtal, le retour des accidents est particulièrement redoutable, et peut rapidement donner la mort, alors que tout danger avait paru conjuré. » (2).
3° Par rupture. — Outre ces cas de résorption plus ou moins radicale, la terminaison la plus dangereuse est la rupture du sac dans le péritoine (3) pouvant ainsi occasionner une péritonite mortelle. C’est généralement au moment d’une époque menstruelle que surviennent les signes d’une tension extrême de la tumeur sanguine, qui jusqu'alors avait évolué sans grands phénomènes. Ce sont ces cas à surprises où l'intervention chirurgicale reprend tous ses droits.
La rupture s'annonce généralement par des douleurs subites et par tous les signes de la péritonite par perfora-
tion.
(1) De Courty. — Nous nous souvenons d’ailleurs nous-même d’une malade dont le diagnostic est resté en suspens à la clinique de M. le PORAE UE Heydenreich, précisément dans ces conditions (novembre 1892).
(2) Pozzi, p. 846, (3) Troquart. — Journal méd. Bordeaux, 1879. Hématocèle péri-utérine ;
transformation purulente des caillots ; évacuation dans le péritoine. Mort.
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4 Par ouverture spontanée. — Les terminaisons les plus heureuses sont l'évacuation par le rectum ou le vagin. Dans le cas d'évacuation par le rectum, on voit apparaitre du catarrhe intestinal, ce que Nonat a qualifié sous le nom d’entérite glaireuse. Si l’on n’a pas assisté aux débuts de l'affection, on peut croire à un néoplasme du rectum. Pilliet (1) en cite deux cas. Cela s'explique encore : à l'entérite glaireuse succède généralement une évacuation de matières noirâtres, couleur chocolat et goudron, remplies de membranes (2).
« L'ouverture spontanée pourrait peut-être se faire dans « la vessie, surtout dans les hématocèles anté-utérines ; « mais nous ne croyons pas qu’on en ait jamais signalé « un seul exemple (3); Olt. (4), cependant a rapporté un cas d'ouverture simultanée à la paroi et à la vessie. Enfin, nous avons à signaler le cas de l'observation XIX.
L'ouverture par le vagin est rare, parce que généralement on intervient avant, par ponction ou par incision. Les jours qui précédent l'ouverture spontanée de la tumeur sanguine, il se fait des changements dans sa consistance, dans les symptômes du voisinage et dans les symptômes généraux. Le vagin est plus chaud, plus fluctuant ; la fièvre qui avait disparu, renaît lesoir. La ponction autrefois très à la mode n’empêche pas toujours l'ouverture spontanée.
L'évacualion peut ainsi se faire complétement et la guérison à lieu, mais la mort peut arriver par épuisement et par l'infection qui cause la pénétration des matières fécales dans le foyer.
D Par mort rapide. — Binaud, dans ses conclusions,
(1) Pilliet. — Bullet, Soc. anal., 1898.
(2) Boisleux.
(3) Jousset, p. 61.
(4) OIt., Gaz. h6p., 1861.
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nous apprend qu’ «il est beaucoup plus fréquent qu’on n'avait Cru jusqu'ici, de rencontrer des épanchements abondants menaçant rapidement la vie de la femme, soit d'emblée, soit à la suite de paroxysmes successifs ». Nous n'avons point à discuter ici du bien-fondé ou non de cette affirmation. Ce que nous devons en retenir seulement, c’est que la mort immédiate ou à brève échéance est une des terminaisons possibles de l’hématocèle. Nous devions la signaler. Si Jousset ne la mentionne point, c’est qu'avec les anciens il ne considère l’hématocèle qu’autant qu’elle existe à titre de tumeur enkystée. Que ces hémorragies mortelles soient dues à la rupture d’une grosseur tubaire, au décollement du placenta, que nous importe. Ce que nous tenons à répéter, c'est que la mort n’est due primitivement qu’à de vastes épanchements, et s'ils sont rares, rare aussi est la mort primitive.
6° Par intervention chirurgicale. — Cette terminaison du lieu et du moment sera longuemont discutée au chapitre du traitement. Nous n'avons ici qu’à la signaler.