LOCALISATION ET LIMITATION DU CENTRE CORTICAL DE LA VISION
La question de la projection de la rétine sur l’écorce cérébrale ne saurait être étudiée, sans qu'il soit dit auparavant quelques mots de la localisation et de la limitation du centre cortical de la vision.
Citons rapidement les différentes opinions qui ont été émises à ce sujet, pour discuter ensuite les idées qui sont encore aujourd'hui l’objet de polémiques si intéressantes entre Henschen et von Monakow.
Panizza, en 1855, étudia le cerveau d’un enfant mort à dix-huit ans et ayant perdu la vue à trois ans. Il trouva une atrophie des régions pariéto-occipitales droites. C’est aussi Panizza qui le premier localisa dans les lobes postérieurs des mammifères la vision (expériences sur le lapin, l’agneau, le chien et le bœuf).
Chez l’homme, en 1865, de Graefe avait émis l'hypothèse que dans les maladies du cerveau le trouble visuel devait se montrer sous la forme hémianopsique. L'année suivante, Lewick donna la première démonstration anatomo-pathologique de ce fait.
Nothnagel, en 1879, localisa le centre cortical de la vision
dans le lobe occipital. En 1880, Béllouard le localise vers la pointe du même lobe. Pour beaucoup d'auteurs (Angelucci (x880), Seppilli, Bianchi, Luciani), le champ cortical comprend aussi bien la face externe que la face interne de. l'hémisphère et s'étend jusqu'au gyrus angulaire.
Mais ce sont surtout Ferrier (1879) et Lannegrace (1889) qui attribuent une importance capitale au gyrus angulaire. Ils affirment que l’ablation des gyri angulaires seule détermine une amblyopie temporaire croisée chez le singe. Pour Ferrier, les gyri angulaires constituent exclusivement les centres de la vision distincte, chacun d’eux pour le côté opposé. /
Parmi les physiologistes qui ont essayé de résoudre le problème, il ne faut pas oublier Munk qui localise le centre, chez le chien et chez le singe, à tout le lobe occipital. Mais l’on ne peut compter trouver chez des animaux une intelligence assez développée pour contrôler le résultat de ces expériences. Et on ne sait où s'arrête l’action du traumatisme expémimental. D'autre part, on ne peut, par des expériences, même exactes, sur les animaux, tirer des conclusions défini-
tives pour la localisation du centre visuel chez l’homme.
Seguin et Hun placent le centre cortical à la surface médiane du lobe occipital (cuneus et lobe lingual), Enfin Reinhardt réinvoqua la surface latérale. Gowers admit deux centres, l’un dans le voisinage de la pointe et du cuneus, l’autre plus en avant dans le lobe pariétal inférieur. Brissaud et Souques éliminent le cuneus et localisent le centre visuel
aux lobules lingual et fusiforme.
Enfin nous arrivons à Henschen. Dans sa Pathologie des
Gehirns (1892), Henschen a réuni tous les cas connus jus-