‹ L'Hémianopsie en QuadrantChapitre 9 sur 41 · TT · texte numérisé non relu

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qu'alors, qui pouvaient l'aider à localiser exactement le centre cortical. Il conclut que la vision est localisée aux lèvres de la scissure calcarine, et exclut du territoire visuel le fond de cette scissure près de la pointe occipitale.

En 1893 parut la thèse, très documentée, de Vialet. Vialet combat la doctrine de la « localisation à outrance » d’'Henschen, et étend le centre de la vision à toute la face interne du lobe occipital : limité en avant par la scissure perpendiculaire interne, en haut par le bord supérieur de l'hémisphère, en bas par le bord inférieur de la troisième circonvolution occipitale, en arrière par le pôle occipital.

Von Monakow, par la méthode des dégénérescences secondaires expérimentales, puis par la méthode anatomo-clinique, avait tout d’abord localisé le centre visuel au cuneus et au lobe lingual. Il modifia profondément sa théorie à la suite de l’observation d’un cas de cécité verbale avec hémianopsie, et étend la sphère visuelle à la face externe du lobe jusqu'au pli courbe (cuneus, lobule lingual, gyrus descendens, première, deuxième et troisième circonvolutions occipitales, partie postérieure du gyrus angulaire).

Le gyrus angulaire doit-il être exclu de la sphère visuelle? Examinons tout d’abord le cas qui fit modifier à von Monakow sa manière de voir : « Cécité verbale avec hémianopsie par ramollissement de la substance blanche au niveau du pli courbe, du lobe pariétal supérieur et de la deuxième circonvolution occipitale ». On voit dans les dessins de von Monakow que la lésion s'enfonce profondément dans la substance blanche, jusqu’à la corne occipitale du ventricule latéral, la lésion atteint donc les radiations optiques, et d’autre part, fait important, Monakow signale quelques alté-

rations cellulaires de l’écorce calcarine.

À côté de ce cas, il faut citer les deux cas bien étudiés de Vialet : « aphasie sensorielle avec hémianopsie par lésion du pli courbe » et « cécité verbale avec hémianopsie par lésion du pli courbe » avec examen microscopique. Dans l’un comme dans l’autre cas, comme le fait remarquer Vialet, il y à destruction profonde des radiations de Gratiolet sous-

jacenties.

Enfin Henschen a rassemblé un certain nombre de cas de lésions du lobe pariétal (y compris le gyrus angulaire), compliquées d’hémianopsie. Dans tous ces cas, il y avait

compression ou destruction des radiations.

Au contraire, les cas de lésions superficielles de cette région de l'écorce n'’entraînaient aucun trouble hémianopsique. Le cas Hilden (Henschen, 1903) est particulièrement intéressant à ce sujet : on constatait une hémianopsie droite due à une lésion corticale calcarine gauche, tandis que, suivant l'expression d'Henschen, « la nature avait fait une contre-expérience remarquable, la surface latérale de l'hémisphère droit était détruite sur une grande étendue ; cette seconde lésion n'avait pas provoqué de trouble hémianopsique gauche ».

Telles sont les preuves anatomo-cliniques de la non-participation du gyrus angulaire à la sphère visuelle. Nous avons dit l'importance que Ferrier et Lannegrace attribuaient au gyrus angulaire à la suite de leurs expériences sur les animaux. Mais ils n'ont pas confirmé leurs expériences par des examens anatomo-pathologiques consécutifs. Et sans doute, le couteau ou le thermo-cautère des expérimentateurs produisait des lésions à distance, qui avaient leur action sur les radiations sous-jacentes.

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Bernheimer a démontré que le gyrus angulaire du singe doit être considéré comme centre des mouvements synergiques des yeux. Il a montré que chez l’homme, comme chez le singe, le gyrus angulaire est relié aux cellules pyramidales de la sphère visuelle par de nombreuses fibres d’association. Dans les cas d’atrophie des nerfs optiques avec cécité: complète et rapide (ophtalmie blennorrhagique), von Monakow a montré une atrophie de tout le lobe occipital (face interne et face externe) et du gyrus angulaire. Wehrli dit que l’atrophie ne peut être attribuée à l’atrophie des fibres | centrifuges puisque la musculature externe de l’œil phtisique avait conservé ses mouvements. Mais, si le segment cérébral en cause ne reçoit aucune espèce d'impression visuelle, toutes les associations ultérieures se trouvent supprimées. Wehrli n'’ignore pas que, pour les voies associées à la vision, on fait intervenir tout le lobe occipital. Si celui-ci a, pendant de longues années, perdu totalement ou en partie sa fonction spécifique, surtout depuis le tout jeune âge, on peut admettre une atrophie étendue à tout le lobe occipital (Lenz). Et ce fait ne s’oppose nullement à une localisation plus étroite du centre visuel. Le gyrus angulaire ne fait pas partie de la sphère visuelle, bien qu'il lui soit intimement

lié anatomiquement et physiologiquement.

La face externe du lobe occipital fait-elle partiè du centre cortical de la vision? Des recherches de Bernheimer par la méthode de Fleschig (étude de la myélination) sur des cerveaux d'enfants et de ses expériences de. dégénérescence chez le singe, il résulte que les six circonvolutions du lobe occipital reçoivent des arborisations terminales des fibres de la

radiation optique, mais les circonvolutions de a face interne

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(cuneus, scissure calcarine, lobule lingual et gyrus descendens) sont plus favorisées. Les fibres qui viennent aux circonvolutions de la face interne proviennent presque exclusivement du corps genouillé, tandis que celles qui vont à la face externe viennent du pulvinar et du tubercule quadrijumeau antérieur. On sait que toutes les fibres de projection issues des centres optiques primaires ne sont pas toutes conductrices d’impressions visuelles, et on connaît d'autre part l'importance du corps genouillé externe au point de vue visuel proprement dit.

Néanmoins la méthode anatomique ne nous permet pas de conclure en ce qui concerne la fonction de la face externe. C'est à la méthode anatomo-clinique qu’il faut demander de

résoudre la question. Les recherches d’'Henschen montrent :

1° De nombreux cas de lésions limitées à la face externe du lobe occipital ne s’accompagnant pas d’hémianopsie.

2° Lorsque l’hémianopsie existait, il y avait des lésions concomitantes des radiations optiques, ou de la face interne. On peut donc dire que le centre cortical de la vision ne s'étend pas à la face externe du lobe occipital. IL est localisé à la face interne. Quelle étendue y occupe-t-il?

Vialet l’étend à toute la face interne. Henschen le localise aux seules lèvres de la scissure calcarine. Vialet, pour établir sa théorie et combattre la localisation étroite à la calcarine, s'appuie sur trois cas personnels fort bien étudiés, avec de nombreuses coupes anatomo-pathologiques. Or les schémas et les coupes de Vialet ne prouvent rien contre la théorie d'Henschen. En effet, examinons les trois cas d’hémianopsie, par lésions de la face interne du lobe occipital, étudiés par Vialet. ue

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cas : Ramollissement occupant le fond de là scissure pariéto-occipitale et se prolongeant sur la calcarine ; « le microscope, dit Vialet, montre une disposition des fibres du ruban de Vicq d’Azyr qui indique nettement une altération

profonde de toute l’écorce de la scissure calcarine ».

2° cas : Ramollissement du cuneus et des circonvolutions occipitales ; « il a détruit le cuneus tout entier et s’étend sur les deux lèvres de la scissure calcarine, empiétant légère-

ment sur la substance blanche du lobe lingual ».

3° cas : Ramollissement siégeant dans le lobe lingual, le lobe fusiforme, le cuneus et la pointe du lobe occipital, ainsi que dans le bourrelet du corps calleux ; « le ramollissement a fusé dans la substance blanche sous-jacente, dans toute l'étendue de la scissure calcarine, qu'il a pénétrée jusqu’à l'épendyme ventriculaire ».

Vialet se base sur ces trois cas pour combattre la localisation à la scissure calcarine seule. Or la lésion commune à ces trois cas est précisément la lésion calcarine. D'après les constatations d’Henschen dans tous les cas d’hémianopsie dues à un ramollissement du lobe oecipital, quels que soient le siège et l'étendue de la lésion, un caractère commun paraît manifeste : l’écorce calcarine est atteinte.

Enfin quelques cas, rapportés par le même auteur, semblent prouver que des lésions localisées au lobule fusiforme ou à la partie supérieure du cuneus ne donnent pas d'hémianopsie. Et pour confirmer sa théorie de la localisation uniquement calcarine du centre visuel, Henschen invoque les deux cas d’hémianopsie suivants : le cas Henschen-Nordenson, et son cas Hiiden.

Dans le cas Henschen Nordenson, la lésion était exclusive-

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