I. — Données anatomiques
CERVELET. — Situé au-dessous des hérisphères céré-
braux, en arrière des tubercules quadrijumeaux, au-
dessus du bulbe et de la protubérance, le cervelet est
un organe impair médian el symétrique formé de substance grise et de substance blanche.
La substance grise recouvre sans interruption lames et lamelles qui plissent la surface. Elle constitue d'autre part des amas groupés en noyaux centraux qui siègent dans l'épaisseur de la substance blanche. Ces novaux chez l'homme sont au nombre de quatre de chaque côté : le corps rhomboïde ou olive cérébelleuse, ou novau dentelé, le plus important de tous, est le plus externe; en dedans de lui se trouvent : l’embolus, ou bouchon, le globulus ou noyau sphérique, et le noyau du toit.
STRUCTURE DE L'ÉCORCE. — Au point de vue histologique, l'écorce cérébelleuse se compose de deux couches, qui sont de la surface à la profondeur :
1. La couche moléculaire à cellules étoilées, grandes et petites, relativement peu nombreuses.
2. La couche des grains, dont les éléments serrés sont tout petits et sphériques.
A la limite des deux couches, on remarque une série de grosses cellules, disposées sur une seule rangée : les cellules de Purkinje, unités volumineuses à riches expansions protoplasmiques.
STRUCTURE DES NOYAUX GRIS CENTRAUX. — L'’olive cérébelleuse et ses noyaux accessoires, l'embolus, el le globulus ont la même structure. On y distingue trois espèces d'éléments :
De nombreuses fibres myélinisées.
Des cellules en très grande abondance.
Des arborisations terminales.
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Les cellules de taille moyenne sont multipolaires : de leur corps se détachent des dendrites qui se divisent dichotomiquement, et s’orientent vers la toison, ou feutrage extra ciliaire; le cylindraxe s'oriente au contraire vers Je centre, ou le hile de l’olive cérébelleuse, c'est-àdire vers le pédoncule cérébelleux supérieur.
Les cellules du noyau du toit, sont au contraire des cellules multipolaires vésiculeuses, analogues à celles des noyaux de Bechterew el de Deiters. (André Thomas).
Voies cérébelleuses.
Le cervelet est uni au reste de l’axe encéphalo-médullaire par trois paires de pédoncules cérébelleux inférieurs,
moyens ct supérieurs.
PÉDONCULE CÉRÉBELLEUX INFÉRIEUR. — Il met en rela- Hion le cervelet avec la moelle et le bulbe.
A) Avec la moelle par l'intermédiaire du faisceau cérébelleux direct, du faisceau de Gowers et de fibres venues des cordons postérieurs. |
a) Le faisceau cérébelleux direct occupe la partie la plus postérieure et la plus périphérique du cordon latéral en dehors du faisceau pyramidal croisé.
Il prend ses origines dans la colonne de Clarke, du même côté.
Arrivé au bulbe, il se place entre l'olive inférieure et la racine ascendante du trijumeau, puis pénètre dans le corps restiforme, dont il occupe la partie centrale et monte ensuite dans le cervelet.
Et be
Sa terminaison a lieu dans la partie antérieure du vermis supérieur, par des fibres directes et des fibres croisées, qui se rendent dans la moitié du vermis du côté opposé.
b) Le faisceau de Gowers tire son origine de cellules situées à la base de la corne antérieure d’après André Thomas, et J.-Ch. Roux, il se trouve en avant du faisceau cérébelleux direct sur le bord de la circonférenee de la moelle.
Au niveau du bulbe, les fibres du faisceau de Gowers passent immédiatement en dehors du cordon latéral, dans lequel elles s'épuisent en partie. Le reste des fibres suit un trajet ascendant dans la protubérance, contourne le pédoncule cérébelleux supérieur et se termine dans la portion ventrale du vermis ou vermis antérieur après entrecroisement presque total. Une faible partie, se termine dans le noyau du toit.
c) Fibres des cordons postérieurs et de leurs noyaux. — Certains auteurs n’en admettent pas l'existence d’après Thomas, elles abandonneraient les cordons de Goll et de Burdach, au niveau du bulbe, se dirigeraient au dehors vers le corps restiforme, dont elles occupent la portion centrale intimement mélangées avec les fibres du faisceau cérébelleux direct. Pendant leur trajet, vers le corps restiforme, les fibres qui viennent des noyaux et des cordons de Burdach et de Goll abandonnent un grand nombre de collatérales aux noyaux du nerf vestibulaire (noyau de Deiters et de Bechterew), qui sont ainsi en connexion avec les cordons postérieurs.
Faisceau cérébelleux descendant. — André Thomas
ne (Verres
admet en outre l'existence d'un faisceau cérébelleux, descendant dont les fibres prendraient leur origine dans le noyau dentelé.
En sortant du noyau dentelé, le faisceau cérébelleux descendant traverse le noyau de Bechterew ; ses fibres se dirigent ensuite vers la substance réticulée de la protubérance et passent les unes au-dessus, les autres au-dessous, des fibres du nerf facial. Elles suivent alors deux directions, le plus grand nombre se porte en avant dans la partie latérale de la substance réticulée et se mêle à une partie des fibres du noyau de Deiters : les autres se dirigent en arrière.
Vers l'extrémité inférieure du bulbe elles forment un faisceau en croissant dans le cordon antéro-latéral de la moelle.
En outre quelques fibres passent par le faisceau cérébelleux et le segment interne du corps restiforme pour descendre dans le faisceau fondamental antérieur de la moelle (du côté opposé). L'existence du faisceau cérébelleux descendant, admise par Marchi, Orestano Luna, André Thomas, est niée par Ferrier et Turner, Risien Russell, Van Gehuchten, Kohnstansen.
Fibres bulbaires. — Elles viennent principalement de l’olive bulbaire, accessoirement des noyaux des cordons postérieurs et du noyau du cordon latéral du bulbe.
a) Fibres olivaires. — Elles prennent leur origine dans l'olive et dans les noyaux juxtaolivaires antéro-interne et postéro-interne;
De là elles se dirigent vers la ligne médiane, s'entrecroisent au niveau du raphé avec celles du côté opposé puis pénètrent dans le corps vestiforme dont elles occupent la périphérie.
Leur terminaison a lieu dans l'olive cérébelleuse et
dans l'écorce des lobes latéraux.
b) Fibres des noyaux des cordons postérieurs. — L'existence de ces fibres est niée par Flechsig Edinger, Obersteiner, Von Gehuchten : admise par Bechterew, Ferrier et Turner, Vejar; elles prendraient leur origine dans les noyaux de Burdach et dé Goll, c'est-à-dire dans les noyaux qui reçoivent les fibres longues des racines postérieures.
Quoiqu'il en soit, un fait paraît indiscutable, c'est la dégénération des cellules de noyau de Monnakow, du même côté après destruction unilatérale de cervelet : or ce noyau constitue la partie supérieure et externe du noyau de Burdach qui reçoit les fibres du cordon de Burdach, continuation des racines postérieures cervicales et dosales supérieures; le noyau Monakow parait donc constituer un relai important d'une part entre les excitalions périphériques qui viennent du membre supérieur, du cou et de la partie supérieure du tronc et d'autre part l'écorce cérébelleuse.
c) Fibre des noyaux du cordon latéral du bulbe. — Elles sont directes : le lieu de leur terminaison n'est pas encore précisé.
Au point de vue topographique, les faisceaux que nous venons de décrire constituent la portion externe du
pédoncule cérébelleux inférieur : la portion interne con-
tient des fibres se rendant à certains nerfs crâniens : l'acoustique en particulier, et aux olives protubérantielles.
PEDONCULES CÉRÉBELLEUX MOYENS. — Ils unissent le cervelet avec les noyaux gris de la protubérance.
Les fibres dont ils sont formés proviennent des cel-
‘lules des noyaux du pont.
Elles occupent les trois couches transversales connues sous le nom de stratum superficiel, stratum intermédiaire, et stratum profond.
Quelques-unes sont directes, mais la plupart sont croisées el se terminent exclusivement dans l'écorce cérébelleuse : aucune ne se rend aux noyaux centraux : de plus, toutes sont destinées au lobe latéral : le vermis ne parait pas en recevoir.
Il est important de remarquer que ces noyaux protubérantiels, sont à leur tour en rapport avec l'écorce cérébrale par un double système de fibres : d’une part par les innombrables collatérales émanées du faisceau pyramidal, et de l’autre, par des fibres terminales qui passent par le pied du pédoncule cérébral et qui proviennent principalement de l'écorce frontale, occipitale et temporale.
Les noyaux du pont établissent donc un lien entre l'écorce cérébrale d’un côté et l'écorce cérébelleuse du côté opposé : il n'y a pas de fibres commissurales entre les deux hémisphères, l'ancienne conception d'après laquelle le pédoncule moyen réunissait les deux hémis-
phères cérébelleux est reconnue maintenant dénuée de fondement et doit être abandonnée.
PEDONCULES CÉRÉBELLEUX SUPÉRIEURS. — Les pédoncules cérébelleux supérieurs renferment la majeure partie des fibres efférentes du cervelet. Celles-ci, pour les uns, prennent leur origine dans toute l'écorce cérébelleuse; pour d’autres, elles viendraient uniquement de la substance blanche du noyau dentelé : entre ces deux opinions extrêmes, se place une opinion moyenne d’après laquelle le pédoncule cérébelleux supérieur est constitué en partie par des fibres dont l’origine se trouve dans l'écorce, surtout dans le vermis, en partie par des fibres issues des noyaux centraux : noyau du toit, sphérique et dentelé.
Quoi qu'il en soit, le plus grand nombre des fibres de ce pédoncule se rend au noyau rouge et à la couche optique du côté opposé, après s'être entrecroisé avec celles du pédoncule contra-latéral.
L’entrecroisement a lieu dans la calotte protubérantielle : on désigne habituellement la région où il s'effectue sous le nom de commissure de Wernekink.
Après l’entrecroisement, le pédoncule cérébelleux supérieur se divise en deux branches, l'une ascendante, l’autre descendante.
La branche ascendante, de beaucoup la plus importante se dirige en haut vers le noyau rouge, le traverse, et après lui avoir abandonné un certain nombre de fibres va se terminer dans la couche optique : là des
fibres thalamo-corticales l'unissent à l'écorce cérébrale.
Des travaux récents de Monakow, 1l résulte que ce noyau est formé de deux noyaux secondaires : l’un à grandes cellules d’où provient le faisceau rubro-spinal: l’autre à petites cellules {nucléus parvo-cellularis de Hatschek) accompagne les fibres qui le pénètrent en se rendant à la couche optique.
La branche descendante très grêle se termine dans le nucleus reticularis tegmenti pontis : elle a pu être mise en évidence par l'expérimentation. Consécutivement à la destruction unilatérale du cervelet, Thomas décrivit outre la dégénération presque lotale du pédoncule cérébelleux supérieur du côté de la lésion, celle d’un petit nombre de fibres qui se localisent au-dessus de la calotte, le long de la ligne médiane, la plupart s'épuisant dans le noyau réticulé de la calotte protubérantielle.
CONNEXIONS. — En résumé, le cervelet est en connexion par la voie pédonculaire.
1° Avec la moelle, par le faisceau cérébelleux direct, le faisceau de Gowers, les fibres des cordons postérieurs, le faisceau cerébelleux descendant.
2 Apec le bulbe, par les fibres du noyau de Monakow, du cordon latéral du bulbe, de l’olive bulbaire.
3° Avec le cerveau, par les fibres qui vont du cervelet au noyau rouge et à la couche optique, et de là à l'écorce cérébrale par la voie thalamo-corticale.
De plus, des fibres qui, par le pied du pédoncule cérébral aboutissent au noyau protubérantiel se mettent