‹ L'Hémolysothérapie Intra-dermique dans le Traitement de certaines Dermatoses: Eczémas, Dermites eczématiformes, Prurits, avec Eczématisation ou LichénificationChapitre 11 sur 24 · DT · texte numérisé non relu

DT

état s'est amélioré, tant qu'il n’a pas exercé sa profession, mâis l’ayant reprise, il y a quelques semaines, les lésions ont réapparu, atteignant la nuque, le front, les membres inférieurs, les avant-bras.

Cette éruption est suintante et s'accompagne d'un

gros prurit.

Nous signalerons dans les antécédents pathologiques du malade l'existence d’un ictère survenu immédiatement avant l’apparition de la première manifestation eczématiforme, ayant évolué en trois semaines; peut-être, pourrait-on lui attribuer un rôle sensibilisateur.

On commence le traitement intra-dermique le 2 avril 1950 (13 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — pâte à l’eau.

Les huit premières injections s’accompagnent d’une amélioration sensible des lésions, mais le prurit persiste, moins intense, 1l est vrai. |

La neuvième injection s'accompagne, au point injecté, d’une large papule rose, lente à s’effacer, non douloureuse.

Les trois dernières injections amènent de nouveaux

. progrès. te À la treizième injection, le malade sort guéri. Il n'y

a plus ni lésions, ni prurit.

Observation IX (D' W. et pers.)

Mme Hof.…, 65 ans, souffre depuis dix-huit mois d’une dermite eczématiforme (laveuses) qui s'étend aux

pe

mains, aux bras et aux avant-bras. Cette dermite, souvent infectée, s’est accompagnée de lymphangite au niveau des bras, à plusieurs reprises.

Divers traitements externes et internes (vaccino-thérapie antistaphylococcique) ont été employés sans succès.

Ménopause à 50 ans, sans incidents.

Signes d’éthylisme (tremblement, subictère). A l'occasion d'une poussée aux bras, avant-bras, mains et abdomen, on soumet la malade au traitement intra-dermique (20 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0: externe — cold-cream. ichtyol.

La première injection est faite le 18 février 1930.

A la quatrième injection : le prurit s’amende.

À la dixième : les lésions sont bien moins suintantes.

À la quinzième : le suintement est tar, les lésions sèches.

À la vingtième : l'amélioration est considérable: restent seuls quelques éléments secs, peu prurigineux sur la face dorsale de la main droite.

Une récidive se produit quatre mois plus tard : mêmes localisations d'eczéma suintant et très prurisineux. Nouvelle série d’hémolysothérapie (20 injections 374105}:

A la quinzième injection : la malade est très améliorée. ù

À la vingtième injection : il persiste encore un petit placard suintant au bras droit. Le prurit a disparu.

La malade reprend son travail, et, trois mois après, au mois d'octobre 1930, se manifeste une poussée sévère, localisée aux mains (face dorsale) aux bras et sur les flancs ; le prurit est intense.

Troisième série d’hémolysothérapie. Traitement concomittant : interne — 0; externe — cold-cream.

La première injection est faite le 25 octobre.

À la cinquième injection : le prurit a notablement diminué. ; |

À la septième : Jes lésions s’améliorent, le suintement est moindre.

À la quinzième : il ne subsiste qu’un placard suintant encore, au niveau du bras droit. Les lésions des mains sont presque guéries, sauf deux petits placards d’eczéma sec, légèrement prurigineux, isolés à la face dorsale des mains.

À la vingtième injection : seul, demeure rebelle, le placard du bras droit (6 décembre).

Observation X (Personnelle)

M. Lab... 40 ans, macon, vient consulter pour un eczéma aigu, très suintant et prurigineux, localisé à la face dorsale des mains et au menton. Le début remonte à quinze jours; le malade a interrompu son travail et se soigne à l’aide de pommades diverses qui ne l’améliorent pas. Il entre alors dans le service.

Le malade travaille dans le ciment depuis six mois

ne

(gale du ciment) ; il n’a jamais été auparavant atteint de lésions analogues; par ailleurs, on ne relève pas dans ses antécédents, de maladies susceptibles de l'avoir sensibilisé. ù |

Le traitement intra-dermique est commencé le 8 décembre 1930 (14 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — pâte à l'eau.

Dès la deuxième injection : le prurit est très diminué, les lésions pâlissent.

À la quatrième injection : il n'y a plus de suinte-” ment, ni de prurit.

À la cinquième injection : très léger suintement au niveau de la commissure labiale gauche.

A la septième injection : le suintement a totalement cessé à la face. Il existe encore aux mains, très améliorées, quatre ou cinq vésicules, en groupe. Le prurit a disparu.

A la neuvième injection : les vésicules interdigitales n'existent plus. |

A la quatorzième injection, le malade sort, complètement guéri (23 décembre). |

Observation X1 (Personnelle)

Mme Lam..., 53 ans, femme de ménage, à vu apparaître depuis deux mois environ, aux mains et aux avantbras, d'énormes placards de dermite eczématiforme (laveuses). Il existe aussi quelques éléments aux mollets,

Dodte

d'importance bien moindre, Les lésions sont très suintantes, infectées par endroits, horriblement prurigineuses.

Une cure d’auto-hémothérapie (douze piqûres) n’amenant aucune amélioration, la malade vient consulter dans le service, où on commence une série d’hémolysothérapie, Rien de saillant dans les antécédents. Ménopause 1] y a dix ans.

Le traitement est commencé le 7 novembre 1930 (23 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — calomel 0 gr. 04, hyposulfite 1 gr. 50; externe — cold-cream.

Dès la cinquième injection : le prurit diminue, le suntement devient moins abondant pour cesser complètement à la dixième mjection.

À la quinzième mjection : les éléments des mollets ont disparu, les placards des avant-bras, des bras et des mains ont séché et pâli. Le prurit a presque disparu.

À la vingt-troisième : la guérison est obtenue, 1l n'y a plus ni prurit, ni lésions; les téguments des mains sont simplement épaissis et légèrement cyanosés.

| Observation XII (Personnelle)

. Mme Mar.….., 52 ans, tenancière de restaurant, souffre depuis quelques mois d’une dermite (laveuses) suintante et prurigineuse, de la face dorsale des mains et des avant-bras.

Ménopause survenue quatre mois auparavant,

Pas de troubles digestifs.

L'application de pommades (oxyde jaune de Hg. ichtyol) associée au traitement interne : Calomel 0 gr. 04, Hyposulfite 1 gr. 50, n’amenant pas de changement, on fait à la malade une série d’autohémothérapie. Après une amélioration notable, une récidive en extension se produit à la quinzième piqûre. On la soumet alors au traitement intra-dermique (21 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — cold-cream.

La première injection est faite le 17 novembre 1930.

A la cinquième injection : le prurit s’est amende, le sumtement diminue.

A la dixième injection : grosse amélioration au n1veau des éléments des bras et avant-brss. Prurit minime.

À la dix-septième injection : l’eczéma a presque disparu ; il persiste quelques éléments papulo-vésiculeux aux avant-bras. Les mains sont guéries. Il n’y a plus de prurit (8 décembre).

À la vingt et unième injection : la guérison est entière (12 décembre). |

Dix jours plus tard, la guérison se maintient, quoique la malade ait remis fréquemment les mains à l’eau.

Observation X111 | (Personnelle) Mme Jose., 34 ans, ménagère, a depuis six mois une dermite eczématiforme, très sensible à l’eau, à poussées successives, au niveau des avant-bras et de la face

dorsale des mains, les lésions sont surtout marquées du côté gauche et s’accompagnent d’un fort prurit.

Pas de troubles digestifs. Règles régulières; mais dysménorrhée.

Divers traitements externes n'ayant pas amélioré la malade, le prurit subsistant intensé, on inaugure le traitement intra-dermique (22 injections 3/10 c. c.) le 25 novembre : 1930. Traitement concomittant : interne — calomel 0 gr. 04; externe — cold-cream.

Dès la troisième injection : il y a atténuation du prurit. | F

A la cinquième injection : il n’y a plus de suintement.

À la neuvième injection : les mains sont très améliorées, il existe quelques éléments disséminés au niveau du tronc. |

= À Ja quatorzième injection : état stationnaire. Très léger prurit.

= A la dix-septième injection : l’amélioration globale est manifeste. Cependant, il existe toujours aux bras quelques éléments papulo-vésiculeux. Aux mains et au tronc, ils sont en très petit nombre, mais légèrement prurigimeux (15 décembre).

A la vingt-deuxième injection : les mains et les -avant-bras sont dans un état parfait. Plus de prurit, quelques éléments subsistent encore aux bras et au tronc.

Le 30 décembre, douze jours après la fin du traite-

FEtB et

ment, la guérison est absolue, il n’y a plus un seul élément, quoique la malade ait remis les mains à l’eau.

Observation XIV

Mme Baud.…., 36 ans, plongeuse, a des poussées de dermite eczématiforme aux mains et à la face depuis trois ans.

Les topiques locaux l’améliorent en général, mais les récidives se multiplient. Le 13 mai 1930, apparaît une nouvelle poussée qui, ayant débuté à la face, s’est bientôt généralisée, envahissant le tronc, les membres supérieurs et inférieurs. Il existe un suintement abondant et un prurit intense au niveau des lésions.

Pas de troubles endocriniens ni digestifs.

On commence le traitement intra-dermique le 6 mai: traitement inachevé (6 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — gardénal 0 gr. 06; externe — cold-cream, ichtyol.

Dès la deuxième injection : le prurit disparaît.

À la quatrième injection : le suintement a bien diminué. SR Re

A la sixième injection : l’éruption a disparu à la face, au tronc, aux membres inférieurs, elle est améliorée aux mains, mais non guérie,

La malade, se trouvant très améliorée, interrompt alors son traitement. si d:

On ne peut présumer du résultat obtenu dans ce cas, étant donné la brièveté du traitement, il est pourtant

Done

intéressant de le signaler, car après six injections seulement, l’amélioration globale était manifeste.

Observation XV (Personnelle)

Mme Hir.., ménagère, est atteinte depuis cinq mois de lésions de dermite eczématiforme, atteignant les mains, les poignets et les avant-bras.

Traitée par applications de pâte à l’ichtyol au 1/ 40, la malade est améliorée, mais non guérie, elle continue, d’ailleurs, à mettre les mains à l’eau.

Peu à peu, l’eczéma s'étend, devient plus prurigi- neux et, les traitements externes n’agissant plus, la malade rentre à l'hôpital. Il existe alors trois placards d’eczéma sec très prurigineux, au niveau de la face dorsale de la main droite et du poignet droit, ces placards sont d'aspect numullaire; celui du poignet est légèrement suintant. La main et l’avant-bras gauche sont couverts de lésions érythémato-vésiculeuses étendues; 1] y en a en outre quelques éléments du même ordre disséminés au niveau des cuisses, des jambes, du visage et du cou.

Il n’existe pas de troubles endocriniens, les règles sont peu abondantes, mais régukères et non douloureuses. L'appareil digestif est normal.’

Le traitement intra-dermique est commencé le 5 décembre 1930 (19 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — gardénal 0 gr. 06, externe — cold-cream.

ee Yo

A la troisième injection : le prurit diminue pendant le jour, mais il reste intense, la nuit.

À la quatrième injection : le prurit est moindre, mais il persiste; les lésions de la main droite sont suin-

tantes. \

À la septième injection : le prurit diminue, les lésions sont stationnaires.

À la treizième injection : poussée prurigineuse au tronc.

A la dix-septième injection : le prurit est très amendé, mais l’état des placards est peu mfluencé.

À la dix-neuvième injection : l’état des poignets étant stationnaire on met la malade à l’auto-hémothérapie, en continuant les applications de goudroline pure, la malade est rapidement améliorée, elle sort le 9 janvier 1931, guérie.

À part une certaine influence sur le prurit, l’hémolysothérapie n’a eu ici qu’une efficacité douteuse, aussi, considérons-nous ce cas, comme un échec.

Observation XV/1

(Personnelle)

Mme Jac…., 31 ans, manutentionnaire, vient consulter, le 15 novembre 1930, pour un eczéma rebelle des mains et des avant-bras, datant de quatre mois. Il s'agit en réalité d’une dermite eczématiforme, très suintante, très prurigmeuse, infectée par endroits, sensble à l’eau

(Javel, soude) à

Ni troubles endocriniens, ni troubles digestifs. Un traitement externe essayé en ville, ayant échoué, le traitement intra-dermique est commencé le 18 novembre (18 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — gardénal 0 gr. 06; externe — eau d’alibour, cold-cream.

À la cinquième injection, le prurit diminue, les lésions sont toujours aiguës.

À la onzième injection, une poussée se produit au niveau du tronc et des membres inférieurs, poussée très prurigineuse. Aux mains et aux avant-bras, les lésions sont très infectées, on ouvre les petites pustules qui existent à la face dorsale et palmaire des deux mains, et on fait, après pulvérisation, de larges pansements à l’eau d’Alibour.

De la onzième à la quinzième injection : l’état imflammatoire des mains rétrocède, mais persiste au niveau

‘ des avants bras. Il y a encore un œdème marqué.

De la quinzième à la dix-huitième imjection : l’améhioration croît, les mains sont presque guéries, les avantbras progressent. Il existe toujours de nombreux éléments érythémato-vésiculeux sur le tronc.

Du 10 décembre (date de la dernière injection) au 23, l'amélioration se consolide, au niveau des membres supérieurs sur lesquels on applique simplement du cold-

(RL: Lio cream. !

Du 23 décembre au 8 janvier 1931, la guérison n'étant pas complète, on fait à la malade une série de

huit injections d’auto-hémothérapie, la malade sort le

8 janvier, absolument guérie.

Observation XVII (Personnelle) Mme Cal.…., 53 ans, infirmière, présente depuis dix mois environ des lésions de dermite eczématiforme au. niveau des mains et des avant-bras, prurigineuses et légèrement suintantes.

Soignée dès le début par une série d’auto-hémothérapie sans aucun résultat, elle a vu naître plusieurs poussées successives à l’occasion d’attouchements avec diverses substances antiseptiques, notamment avec de l’eau de Javel. Dans l'obligation d'interrompre sa profession, elle consulte à Broca; la pâte ichtyolée, le cold-cream n’amenant aucune sédation à l’état de cette peau enflammée, irritée, fissurée par endroits, suintantes par d’autres, on soumet la malade au traitement intra-dermique (20 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — calomel 0 gr. 06; externe — 0.

Ménopause il y a cinq ans, constipation légère.

A la cinquième imjection : les éléments de la nuque et du cou disparaissent.

À la dixième injection : le prurit est moindre.

À la treizième injection : grosse amélioration des avant-bras et des mains; les téguments pâlissent.

À la dix-huitième injection (15 janvier 1931) : la peau a repris sa coloration et son élasticité normales : il n’y a plus trace de fissures. La guérison est complète.

Observation XVIII : (Personnelle)

Mme Dew.…., 38 ans, tenancière de restaurant, souffre depuis deux mois et demi environ de lésions, de dermite eczématiforme qui, ayant débuté au niveau de la face antérieure du poignet gauche, se sont peu à peu étendues aux deux poignets, aux avant-bras, à la face. Ces lésions, non infectées, sont prurigineuses et assez suintantes. ñ |

La malade met souvent les mains à l’eau-: lessives, plonge. Elle est très constipée, mais ne présente pas de troubles endocriniens. Elle n’a jamais subi d’atteintes analogues auparavant, cependant, elle aurait eu de l’urticaire à deux reprises différentes; au niveau du dos, on note l'existence de petits éléments acnéiques, qui existent depuis plusieurs mois, se renouvelant sans cesse.

Soignée en ville par une série de quinze injections d’auto-hémothérapie et application de pâte ichtyolée, aucune amélioration ne s'étant manifestée, la malade consulte à Broca, où le traitement intra-dermique est commencé le 2 janvier 1931 (12 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — calomel 0 gr. 06; gardénal 0 gr. 05; externe — pâte ichtyol, cold-cream. = Dès la troisième injection : le prurit est atténué.

A la cinquième injection : les lésions ne suintent plus et pâlissent. an

A la neuvième injection : les éléments de la face

ont disparu.

ape

A la onzième injection : il n’existe plus de lésions aux avant-bras.

A la douzième injection : amélioration globale manifeste, mais existence d’un léger suintemnt au poignet gauche. ad

La malade, appelée par ses affaires, sort alors, ne pouvant poursuivre le traitement; quinze jours après, l'amélioration se maintenait entière, malgré la reprise du travail. -

Page 1