RESULTATS
Ainsi que l’on peut s’en rendre compte par la lecture de ces observations concernant 51 cas, dont certains ont été choisis parmi les plus rebelles (il s'agissait en effet de malades non améliorés ou incomplètement guéris par divers traitements antérieurs internes et externes) nous avons obtenu les résultats suivants :
23 guérisons complètes, contrôlées pour certaines, plusieurs mois après la fin du traitement;
15 améliorations telles que l’on peut les assimiler à des guérisons, il ne persistait après le traitement que quelques éléments érythémato-squammeux, toutes les lésions aiguës de dermite ou d’eczéma ayant disparu et ne récidivant pas;
9 améliorations dont 3 suivies de rechutes à intervalles plus ou moins éloignés (traitements en cours abandonnés ou irrégulièrement suivis) :
2 échecs.
Ces résultats se décomposent ainsi :
DERMITES ARTIFICIELLES : 17 cas.
12 guérisons dont 7 complètes, 6 avec persistance ‘de rares éléments érythémato-squammeux.
ee Ci
#4 améliorations [Obs. 6-15-16 (17, traitement inachevé) |.
1 échec (obs. 14) (prurit influencé, mais lésions stationnaires).
ECZÉMAS DIATHÉSIQUES : 18° cas.
13 guérisons dont 10 complètes, 3*avec persistance d'éléments érythémato-squammeux (obs. 22, 24, 25).
4 améliorations, sans rechute contrôlée (obs. 28, 31, 225132).
Ï échec (obs. 33).
ECZÉMAS INFECTÉS : 7 cas.
6 guérisons dont 2 complètes et 4 avec persistance de lésions minimes, non aiguës (traitement incomplet et sulvi très irrégulièrement (obs. 36, 1 1 injections; obs. 38, 11 injections).
l amélioration, suivie de 2 rechutes à 5 mois et ‘2 mois d'intervalle, suivies de guérison complète
(obs. 37).
PRURITS AVEC ECZÉMATISATION OÙ LICHÉNIFICA- TION : 9 cas,
8 guérisons, dont 6 entières; 2 avec persistance de petites lésions discrètes non prurigineuses. | cas (prurit avec lichénification (obs. 45) où des réactions érythémateuses et oœdémateuses d'intensité moyenne, ont dû faire interrompre le traitement à la huitième imjection, la malade ne voulant pas s’exposer à leur répétition. Cependant, le prurit qui était intense, avait été consi-
Far
dérablement amélioré dès la deuxième injection, et l'amélioration persistait, malgré la diminution des doses
injectées (3/10 c. c. à 1/10 c. c.).
Dans les cas suivis de guérison, le nombre d'injections a été respectivement de 10 et 11 dans 2 cas (traitements abandonnés précocement) de 13 et de 15 dans 2 cas, de 17 à 20 dans, 27 cas.
Dans 6 autres cas enfin, il a varié de 34 à 44: deux séries de 20'injections en moyenne; ce nombre avait été jugé nécessaire pour achever ou parfaire la guérison, la deuxième série étant, en quelque sorte, une série de « consolidation ».
On lé voit, la moyenne du nombre d’injections. pratiquées dans une cure normale d’hémolysothérapie oscille aux environs de 20. |
En général, l'amélioration se manifeste d’une facon . précoce, lors des toutes premières injections, tant au point de vue du prurit que des lésions cutanées; parfois, dès la deuxième, souvent entre la troisième et la cinquième, mais presque toujours, AVANT LA CINQUIÈME, c'est-à-dire avant le cinquiême jour de traitement, car, répétons-le, les injections doivent être quotidiennes les dix premières au moins.
Plus rarement, l’amélioration n’a lieu qu'entre la cinquième et la dixième injection, exceptionnellement, plus tard encore.
Notons d’ailleurs que ces considérations n’ont rien
D Or
d’absolu et que, même il peut éclore une poussée d’intensité variable, au cours du traitement, qui rétrocédera rapidement par la suite, ainsi qu’il nous a été donné de le voir quelquefois.
Dans 33 de nos observations, le prurit s’est atténué ou parfois a disparu au cours des cinq premières injections (17 fois entre la deuxième et la troisième). Parallèlement, c’est-à-dire avant la cinquième injection, les lésions correspondantes avaient évolué manifestement vers la guérison, dans 15 cas. C’est dire que, en général, J'influence du traitement intra-dermique se manifeste plus précocement sur le symptôme « prurit > que sur les lésions cutanées. |
Parfois cependant. l’action est simultanée, le prurit ne s’amendant qu'après une amélioration manifeste des lésions; dans un cas même d’eczéma diathésique (obs. 23) le prurit, très marqué, ne fut mfluencé que très postérieurement aux lésions : de la douzième à la seizième injection, alors que tout suintement avait disparu depuis la sixième, et qu’il ne restait presque plus trace des lésions eczémateuses.
Parmi les trois catégories de faits que nous avons envisagé ici, nous aurions voulu préciser quelles sont les variétés pour lesquelles l’hémolysothérapie intradermique est particulièrement indiquée, cela ne nous est pas possible, cependant nous ne manquerons pas de souligner tout particulièrement les bons résultats obtenus dans le traitement des 9 cas de prurits envisagés ici.
Lente
Sur les 9 cas, nous avons enregistré 8 guérisons, et le 9° était déjà bien amélioré lorsqu'on a dû interrompre le traitement (obs. 45). :
Ces malades avaient pourtant résisté déjà à des traitements considérés comme des plus efficaces : autohémothérapie, auto-sérothérapie, haute-fréquence, 1n- Jections intra-veineuses de solutions de bromure de sodium, d’hyposulfite de soude. Des résultats acquis dans de telles conditions semblent bien particulièrement probants, et cette forme de prurits cryptogénétiques avec eczématisation ou lichénification paraît constituer une indication toute spéciale de l’hémolysothérapie intradermique.
Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons encore bien
: définir les indications de cette méthode comparée à celles
des autres procédés; l'analyse d’un plus grand nombre de cas est nécessaire. Mais les résultats d'ensemble résumés ci-dessus nous permettent de placer l’hémolysothérapie intra-dermique sur le même plan que les diverses techniques d’hémothérapie, dérivant de la méthode décrite par Ravaut en 1913 pour le traitement de certaines dermatoses. Si elle comporte comme celles-ci, des échecs partiels ou complets, elle réussit parfois là où les autres méthodes ont échoué, ainsi qu’en font foi certaines de nos observations.
D'autre part, elle comporte pour'le malade certains avantages d'applications : elle ne nécessite en effet
qu'une seule ponction veineuse, et les réinjections intra-
ur ve
dermiques de si petites quantités de sang n’entraînent pas les inconvénients (douleur, impotence fonctionnelle) qui découlent parfois des réinjections sous-cutanées intra-musculaires de grandes quantités de sang.