XXVIII NOTICE HISTORIQUE
avec empressement, et qui se trouvaient tous plus ou moins redevables à ses bienfaits, déplorèrent sa mort dans une foule de discours et de pièces de vers funèbres. Charles de Sainte-Marthe, lieutenant criminel d’Alençon et maître des requêtes de la feue reine, écrivit son éloge en latin (In obitum Margaritæ Navarrorum reginæ oratio funebris. Paris, 1530, in-4°) et le traduisit luimême en français. Un hommage plus flatteur encore pour la mémoire de Marguerite fut celui que luirendirenttrois illustres sœurs anglaises, Anne, Marguerite et Jeanne de Seymour, qui composèrent en son honneur plus de cent distiques latins, que traduisirent à l’envi les premiers poëtes de l’époque, et que fit paraître Nicolas Denisot {dit le comte d’Alsinois) sous ce titre : le Tombeau de Marguerite de Valois, royne de Navarre, faict premièrement en distiques latins par les trois sœurs princesses en Angleterre, et traduictz en grec, italien et françois par plusieurs des excellentz poëtes de la France. Paris, Fezendat, 1551, in-8°.
Parmi toutes ces épitaphes louangeuses, nous en choisirons une seule, que Nicolas Denisot a mise sous le nom de sa femme Valentine, et qu’une noble simplicité fait distinguer au milieu de tant de paroles vides et ampoulées : |
Musarum decima et Charitum quarta, inclyta regum Et soror et conjux, Margaris illa jacet.
Ronsard a consacré aussi plusieurs morceaux lyriques à célébrer, du ton de Pindare, la dixième Muse et la quatrième Grâce; mais ces odes obscures et bizarres ne valent pas :cette délicieuse églogue qui dit mieux, à moins de frais, et qui n’eût pas été désavouée par Marguerite elle-même :