‹ L'Heptaméron des nouvelles, réimprimé par les soins de D. Jouaust avec une notice, des notes et un glossaireChapitre 18 sur 36 · SUR MARGUERITE D'ANGOULÈEME XXIX · texte numérisé non relu

SUR MARGUERITE D'ANGOULÈEME XXIX

Comme les herbes fleuries

Sont les honneurs des prairies, Et des prez les ruisselets,

De l’orme la vigne aimée,

Des bocages la ramée,

Des champs les bleds nouvelets :

Ainsi tu fus, à Princesse!

(Ainçois plustost, 6 déesse!) Tu fus la perle et l'honneur Des princesses de nostre asge, Soit en splendeur de lignage, Soit en biens, soit en bonheur.

Il ne fault point qu’on te fasse Un sépulcre qui embrasse Mille thermes en un rond, Pompeux d'ouvrages antiques, Et brave en piliers doriques Eslevés à double front.

L’airain, le marbre et le cuivre Font tant seulement revivre Ceulx qui meurent sans renom, Et desquels la sépulture

Presse sous mesme closture

Le corps, la vie et le nom;

Mais toy, dont la Renommée Porte d’une aisle animée

Par le monde les valeurs, Mieulx que ces pointes superbes Te plaisent les douces herbes, Les fontaines et les fleurs.

Plus de trois ans avant la mort de Marguerite de Navarre, Rabelais lui avait déjà fait une sorte d’épitaphe allégorique, en forme de dédicace, placée au devant du ® livre de Pantagruel, comme une égide capable de conjurer les fureurs des méchants et des sots :

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