XXXII NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Toutes ces éditions reproduisent avec plus ou moins de fidélité le texte de Boaistuau et de Gruget. Mais les suivantes, dont quelques-unes sont encore recherchées des amateurs à cause des figures, n’offrent qu’une imitation, er beau langage, dans laquelle le texte original est plus ou moins rajeuni et plus ou moins défiguré : Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, reine de Navarre, mis en beau langage. Amsterdam, Gallet, 1698, 2 vol. pet. in-8°, figures attribuées. à Romain de Hooge ; — Amsterdam, 1700, in-8°, avec les mêmes figures; — Amsterdam, Gallet, 1708, 2 vol. in-8°, fig. de J. Hareweyn ; — La Haye (Chartres), 1733, 2 vol. pet. in-12; — Londres, 1744, 2 vol. in-12;— Berne, 1780-81, 3 vol.in-8°, fig. de Freudenberg. Quelques exemplaires ont des titres refaits en taille-douce à la date de 1792. Le texte de cette édition a été maladroitement retouché par J. Rod. de Sinner. — Paris, 1784, 8 vol. in-18, fig.; — Paris, 1807, 8 vol. in-18 ; — Paris, Bauthereau, 1828, 5 vol. in-32.
L’ancien texte de l’Heptaméron, celui que Gruget avait établi dans son édition de 1559, fut négligé et oublié pendant un siècle et demi. Ce n’est qu’en 1841 que nous publiâmes une nouvelle édition de ce texte original dans la Bibliothèque d'élite : Paris, Gosselin, 1841, in-12,. et dans un volume du Panthéon littéraire, les Vieux Conteurs français. Paris, Desrez, 1841, grand in-8° à 2 colonnes.
Nous disions dans la préface de cette seconde réimpression :
« Les manuscrits de l’Heptaméron diffèrent plus ou moins de l’édition de Gruget, qui paraît avoir corrigé le style original, retranché quantité de passages trop violents contre les moines et les prêtres catholiques, changé des contes entiers et mis l’ouvrage inachevé en état d’être publié. Cependant une édition faite sur les manuscrits de la Bibliothèque du roi ne serait pas inutile pour établir le véritable texte de ce livre, que nous n’avons pas encore tel que la reine de Navarre l’a composé, mais qui doit beaucoup aux soins intelligents’ de ses premiers éditeurs, Pierre Boaistuau et Claude Gruget. » C'était faire appel à un nouvel éditeur; cet appel fut entendu.
Le succès de notre double édition, tirée à un grand nombre d’exemplaires, encouragea la Société des Bibliophiles français à confier à M. Le Roux de Lincy le soin d’une nouvelle édition, dont le texte serait tiré pour la première fois des manuscrits contemporains, M. Le Roux de Lincy s’acquitta de sa tâche ayec beaucoup de zèle et de bonheur; il adopta, pour son édition (publiée en 1853, 3 vol. pet. in-8°), le texte du manuscrit qu’il jugea le plus complet, le plus correct et le plus authentique (Bibliothèque