S CE Z^E I V
Les Mêmes, moins LA HANTERIE.
gibory, à Beanfermant.
Cher monsieur Beaufermant, dans l'âme des scrutins
Que d'avis différents, que d'aspects incertains! Voici le dernier mot de ma philosophie : L'électeur est changeant, bien fol est qui s'y fie.
BEAUFERMANT.
Un méchant mot, voisin; l'homme est-il si trompeur?
Les uns ne l'aiment pas, les autres en ont peur,
L'ambitieux le trompe et l'orgueilleux l'insulte;
Aimez-le simplement, je vous promets son culte.
L'électeur est changeant? Allez sur son chemin,
Ouvrez-lui votre cœur, tendez-lui votre main,
Soyez-lui fraternel, complaisant, secourable,
Et vous aurez bientôt la voix du misérable.
Qu'il revête l'habit, la blouse ou l'oripeau,
Voisin, tout homme cache une âme sous sa peau.
Vous pouvez l'attirer vers vous sans stratagème.
Moi, je suis bien tranquille avec celui que j'aime;
Fût-il un triple gueux, fût-il même électeur,
C'est mon ami : l'ami n'est jamais un menteur.
Le malheur, voyez-vous, c'est qu'aux travailleurs blêmes,
Les candidats rougeauds n'offrent que des problèmes.
Les chiffres n'ont jamais guéri l'humanité,
Le grand secret de tout est dans la charité.
Des boniments! Hoquets de rhéteurs dans l'espace.
Il suffit d'accueillir le malheureux qui passe,
L'espoir qu'il n'avait plus renaît dans votre accueil,
Et sa haine jamais ne passe votre seuil.
OCTAVE
Mon cher oncle, voici des propos admirables, Je vous en remercie au nom des misérables.