‹ L'herbagerChapitre 2 sur 73 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Une grande pièce moitié salon, moitié salle à manger. Dans le fond, à gauche, un piano. A gauche, une table massive avec chaises. A droite, premier plan, une cheminée avec sa garniture. Sur la table tout pour écrire, papier criard. Portraits de famille. Porte au fond et portes latérales, fenêtre au deuxième plan à gauche.

SCÈ^CE T\EJMIÈ\E

OCTAVE LA HANTERIE, MADAME LA HANTERIE.

octave, entrant.

Bonjour, mère. Mon père a-t-il quelque nouvelle?

L HERBACER

madame la hanterie, assise et brodant .

Non. Son élection lui trouble la cervelle.

Il est parti, doutant de tous ses messagers.

Ton père était ici parmi les herbagers,

A sa place. Il aspire à des charges plus hautes,

L'ambition nous fait commettre bien des fautes;

D'un rêve de grandeur le voilà tourmenté.

Où donc est le bon temps de la simplicité?

octave.

Rester simple est vraiment trop simple : on s'en fatigue.

Il faut se distinguer à tout prix, et l'on brigue

Des emplois ignorés l'honneur et les tracas.

De nous, fils d'herbagers, on fait des avocats.

Les fils de nos fermiers sont tous clercs de notaire.

madame la hanterie.

C'est triste.

OCTAVE

Autant de bras qu'on enlève à la terre. Partout la politique : on crie, on braille, on ment. Le monde est fatigué de vivre simplement. On vote. La gaîté se perd au fond des urnes. On donne aux candidats des rendez-vous nocturnes, Où le moins raisonnable est le plus acclamé. Mon père! Je voudrais qu'il ne fût pas nommé.

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