ACTE I, SCÈNE II
SCÈ^QE II Les Mêmes, LA HANTERIE.
la hanterie, entrant, un télégramme à la main.
La Hanterie, élu! J'ai battu le vicomte! Conseiller général ! ah! ah! J'ai fait mon compte : Dix-huit cents francs.
à son fils.
Dix-huit cents francs, c'est un peu cher. Mais j'ai senti courir un frisson sous ma chair. Non, je n'avais jamais jeté l'or à poignées. Mon fils, avoir l'orgueil des batailles gagnées : La Hanterie, élu! Regarde, c'est troublant. Comment! tu restes froid!
OCTAVE
Oh ! non.
la hanterie, aimable.
Tu fais semblant.
Moi, devant les grands chocs, fils, j'ai l'âmë un peu neuve. Tu veux mettre, en passant, mon sang-froid à l'épreuve? C'est bien, causons. Tâchons de ne rien embrouiller. Le fils est avocat, le père conseiller. Deux hommes, deux amis, deux maîtres, deux puissances. Le père dans son fils a mis ses complaisances...
OCTAVE
Je sais.
LA HANTERIE.
Tu ne sais rien encore, mon garçon.
Docteur en droit, futur bâtonnier d'Alençon, Maître, votre maison touche à la préfecture. L'immeuble est acheté, j'ai mis ma signature...
OCTAVE
Quoi ! Votre signature ?
LA HANTERIE.
Au bas de l'acte, hier.
Vingt mille francs. Un bon marché, dont je suis fier, La rue en face, à gauche, un couloir qui s'étrangle Dans l'escalier, zinc sur le toit, puis à chaque angle Girouettes. En plus, dans le cœur du fronton Des vases granulés qui m'ont l'air en béton. Pas de lézarde aux murs, tu sais, pas de crevasses. Puis, comme il se pourrait parfois que tu rêvasses, Un jardinet.
OCTAVE
Rempli de fleurs ?
LA HANTERIE.
Un jardinet Où tu pourras, dans l'ombre, accoucher d'un sonnet, Poète...
// lui prend le menton.