ACTE II, SCÈNE V f
GiBORY.
Tu crois?
MADAME GIBORY.
Il est souffrant.
GIBORY.
Vraiment !
MADAME GIBORY.
Ah çà ! mais, qu'as-tu donc ?
GIBORY.
Rien, un pressentiment, J'ai peur.
C'est tout?
CI BORY
C'est tout!
MADAME GIBORY, IhVtSSclllt Us épaules .
Tauvre ami ! Tu radotes !
Songe à tes compliments, les rimes sont faiblottes, Ça n'est pas vigoureux. Ronge un peu de crayon Et cherche dans le ciel.
GI BORY
Dans le ciel ?
MADAME GIBORY, VtlpOrCUSC.
Un rayon !
SCÈC^E VI Les Mêmes, OCTAVE.
octave, par la porte entr ouverte.
On a vu Branouillac au bas de la prairie.
madame gibory, allant ver s Octave.
Quoi ! le marchand de vin !
octave, entrant tout à fait.
Oui, retour d'Algérie.
GIBORY.
Le gascon !
Un monsieur qui fait la bouche en cœur.
gibory, à sa femme.
On prétend qu'il vous aime.
octave, à madame Gi/>o>y.
Il vous aime !
MADAME GIBORY, à Octave.
Moqueur!
A CT E II, SCÈNE Vil 6\
OCTAVE
Chacun vous aime ici.
gibory, saluant sa femme.
Tour à tour.
octave, saluant.
A la ronde.
MADAME GIBORY, à OctilVC
Ah ! toi, tu finirais par aimer tout le monde.
Elle sort.
Je m'en vais.
S C P. C^E VII GIBORY, OCTAVE.
OCTAVE
Cher ami, votre femme a raison,
Fort amoureux. Vingt ans : c'est la saison.
OCTAVE
J'adore la campagne.
Je suis...
G! BORY
Ah ! vraiment?
OCTAVE
Et j'y reste.
Je deviens laboureur.
G 1 BORY
On n'est pas plus modeste.
OCTAVE
Trouvez-vous quelque mal à bien garder son rang? Vovez mon oncle ici.
GIBORY.
Certes !
OCTAVE
Nul n'est plus grand.
Instruit, laborieux, gardant sa rude écorce, Aux choses de la terre il a voué sa force. Jadis aux mauvais jours, il n'a pas déserté, Et devant les fuyards du sol il est resté. Ses deux bras ont fouillé la terre triste et nue, Mais c'était un vaillant, la fortune est venue. Saluons-le, cet homme : il est riche, honoré, D'enfants, de serviteurs et d'amis entouré; On l'a vu, sur le sol où son œuvre est fondée, Porter l'effort, jeter le grain, semer l'idée Et, devançant enfin les rêves d'aujourd'hui, Aimer son serviteur et le garder chez lui.