‹ L'herbagerChapitre 56 sur 73 · S C È ^QE IV · texte numérisé non relu

S C È ^QE IV

Les Mêmes, BRANOUILLAC.

branouillac, entrant.

Bon Dieu !

madame gibory, repoussant Branouillac.

Bon, c'est bon!

branouillac, allant vers Gibory.

Alors, je vous dérange?

Les affaires...

gibory, écartant Branouillac.

C'est bon...

// sort.

SCÈC^E V

BRANOUILLAC, seul. Toujours l'accent gascon.

Un couple fort étrange.

Consultant son carnet.

Voilà bientôt trois ans qu'ici je n'ai vendu

102 LHERBAGER

Un seul verre de vin. On dit : « C'est entendu. Pour la prochaine fois. » Allons, pour la prochaine! J'arrive, et, tout à coup, l'orage se déchaîne. Des larmes, des sanglots, des cris... C'est ennuyeux. Mon Dieu ! le vin nouveau pousse un peu le vin vieux. On m'invite, premier plaisir que je partage, Et je gagne un peu plus : voici l'autre avantage. Jadis dans ce manoir on buvait tour à tour Et du château-Laffitte et du château-Latour; Quelque grand clos-Vougeot, quelque fin romanée Nous faisait au dessert la trogne illuminée.

Montrant le portrait de La Hanterie.

Le rire ouvrait la lèvre et le double menton Du maître palpitait sous le flot du Corton. Et maintenant, plus rien.

Au portrait.

Bonhomme au front sévère, Tu ne veux plus tremper tes lèvres dans un verre. Toujours tonnant, toujours grondant, toujours fâché, Tu grondes tellement que ton fils t'a lâché. Cadédis! Il a pris, pour fuir cette tempête, De la poudre, ma foi, qu'on nomme d'escampette. Le père a tous les torts. Voici mon jugement : Si le père était là, je dirais crânement, Je... Tiens, de ce côté quelque chose démarre.

Collant son oreille à la boiserie.

Dispute! Je m'en vais fuir ce beau tintamarre.

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