‹ L'herbagerChapitre 64 sur 73 · ACTE III, SCENE X II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE X II

Au profit d'étrangers exploiter ma douleur!

Ah I mon fils est perdu 1 Ton grand cœur se révèle.

Si j'allais devant toi me brûler la cervelle?

A Gibory qui veut parler.

Payer..., moi qui pensais... Ah! oui. Vraiment! Tais-toi, Je ne veux pas paver! Qui donc oserait...

MADAME LA HANTEFUE.

Moi.

Je défendrai mon fils, je viens défendre Octave, Mon enfant.

LA HANTEFUE.

Votre fils, madame?

MADAME LA HANTEFUE.

Notre esclave!

Qui n'a jamais trouvé de joie à notre seuil Et qui fut le martyr de notre double orgueil. Je voudrais consoler sa pauvre âme blessée. Je lui donne mon or, mon cœur et ma pensée. Je souffre tant du mal que les autres lui font, Je l'aime, voyez-vous, d'un amour si profond, Que je voudrais pour qu'il m'entende et me réponde Déposer à ses pieds tous les trésors du monde. Mon fils, mon bien-aimé, dans ton morne abandon J'ai soif de tes baisers, j'ai soif de ton pardon.

LA HANTEFUE.

Madame, assez de pleurs, assez de mômeries! Pensez-vous me gagner à vos sensibleries?

Il faudrait, d'après vous, que de ce protégé J'obtinsse le pardon de ce qu'il m'a mangé? C'est trop fort. Vous l'aimez, madame, avec usure, Et vos bontés pour lui dépassent la mesure. Si par malheur j'allais le prendre sur ce ton, Vous iriez mendier bientôt dans le canton, Vous iriez pleurnicher dans les gentilhommières Et coucher sur la paille au nez de vos fermières. Je vendrais mes moutons, mes vaches, mes chevaux, Je vouerais ma vieillesse aux pénibles travaux, Je prendrais la charrue et, cessant d'être maître, A quelques gens de rien, moi, j'irais me soumettre ! Je verrais la misère assise à mon foyer. Tenez, entre mes mains je voudrais vous broyer.

MADAME LA HANTERIE.

Vous pouvez...

LA HANTERIE.

Ah! le coup va suivre la menace !

Allez-vous-en I Sortez !

MADAME LA HANTERIE.

Je reste !

LA HANTERIE.

Quelle audace !

Vous me résisteriez?

Pour la première fois.

Jusqu'ici, j'ai toujours écouté votre voix.

Page 1