A UNE JEUNE FILLE DE VINGT ANS
aui n'en voulait avouer auE dix-neuf
Vous avez dc-jà vingt ans, A quoi bon vous en défendre!
En bouchant vos deux tympans, En refusant de m'entendre, N'aurez-vous donc plus vingt ans !
Est-ce une chose si grave Que l'on doive s'en cacher !
Il vous faut être plus brave Ou tout au moins y tâcher.
C'est le moment d'être grave 1
Vous comptez déjà les pas Au bout de quelques journées, Mais que ne dirions-nous pas, Nous, riches de trop d'années.
Si vous les comptez, vos pas!
Regardez votre injustice, Voilà-t-il pas qu'il faudrait Vous rendre à votre nourrice !
Qu'est-ce que l'on penserait?
Où peut mener l'injustice !
Vraiment, si je m'écoutais Je me montrerais sévère, Et puis je vous en dirais!
Jour de Dieu ! quelle colère, Si jamais je m'écoutais !
A-t-on jamais vu la rose Pour aussi peu s'alarmer.
Et s'occuper d'autre chose Que fleurir et qu'embaumer!
C'est le métier de la rose !
Songez à quels madrigaux Vingt ans serviraient de texte, Et dites si Marivaux Eut jamais plus beau prétexte A ses galants madrigaux !
Contentez-vous d'être belle,
Et cessez de tracasser
Ces pauvres vingt ans dont l'ailc
N'a fait que vous caresser,
Pour vous rendre cncor plus belle !
Chaque étoile a ses rayons Qui (passez-moi l'hyperbole) Se comptent par millions !
Faites donc une auréole Avec moins de vingt rayons !
sous BOIS
sous 'BOIS
IVl ARCH oxs devant nous, bien douce est la pente,
Le rossignol chante
Dans l'ombre des bois.
Nos cœurs sont d'accord et la nuit est belle :
Elle nous appelle.
Écoutons sa voix!
Pourquoi faut-il que tout s'efface.
Que ces rameaux sur nous penchés A d'autres demain aient fait place, Par le temps flétris et sèches!
6o l'hhrbier
Ces bois verront une autre aurore Et d'autres nuits et d'autres jours, Des oiseaux y viendront encore
Pour 5' chanter d'autres amours !
Et ce doux sentier qui nous charme, En l'absence d'un cœur glacé.
Recevra peut-être une larme Où tant de bonheur a passé !