‹ L'herbier; poésiesChapitre 14 sur 29 · E soleil étend sa lumière Sur la campagne toute fière · texte numérisé non relu

E soleil étend sa lumière Sur la campagne toute fière

D'un tel manteau ; Le fleuve en long serpent promène Les blonds méandres qu'en la plaine

Trace son eau.

7^) l'herdier

Aussi rapide qu'une flèche, L'oiseau casse une branche sèche

En s'enfuj-ant; Au bout d'une herbe qui se ploie L'araignée enlace sa proie

D'un fil d'arsrent.

Les grands pins balancent leurs têtes, Et sourient, frères des tempêtes,

Sentant glisser Dans leur âpre et sombre feuillage Un vent frais qui vient du nuage

Les caresser !

Le lézard coule de la roche,

Verte émeraude ; un bruit est proche,

Il disparait !

Un ramier traverse la route, Sur le rocher boit une goutte

D'eau qui filtrait!

Un arbrisseau ploie et succombe Sous un grand nid ; un petit tombe,

Il va périr !

La mère en cris répand son âme Pour l'imprudent qui la réclame,

Veut revenir.

Hors du berceau chacun se penche; La mère a pu de branche en branche

Guider l'enfant ; II va rejoindre la couvée, Sa douce place est retrouvée,

Il est vivant !

Dans une spirale rapide L'écureuil rouge au tronc humide

Monte en grimpant.

Ignorant des rets, de la cage, Il lance dans le vert feuillage

Un cri perçant.

8o l'herbier

Plus de bruit! la forêt immense

Se tait comme un homme qui pense!

Arbre muet, Silencieux on te voit naître, Vivre et mourir, gardien peut-être

Du e:rand secret!

Au flanc de la haute montagne Il est un grand chemin qui gagne

Un sentier creux; Au fond de cette route sombre Du bonheur un soir j'ai vu l'ombre,

Nous étions deux !

Il pleuvait, sa main dans la mienne (Faut-il que seul je m'en souvienne), Nous descendions!

Front rayonnant, pieds dans la boue, D'un baiser j'effleurai sa joue.

Nous nous aimions !

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