E soleil étend sa lumière Sur la campagne toute fière
D'un tel manteau ; Le fleuve en long serpent promène Les blonds méandres qu'en la plaine
Trace son eau.
7^) l'herdier
Aussi rapide qu'une flèche, L'oiseau casse une branche sèche
En s'enfuj-ant; Au bout d'une herbe qui se ploie L'araignée enlace sa proie
D'un fil d'arsrent.
Les grands pins balancent leurs têtes, Et sourient, frères des tempêtes,
Sentant glisser Dans leur âpre et sombre feuillage Un vent frais qui vient du nuage
Les caresser !
Le lézard coule de la roche,
Verte émeraude ; un bruit est proche,
Il disparait !
Un ramier traverse la route, Sur le rocher boit une goutte
D'eau qui filtrait!
Un arbrisseau ploie et succombe Sous un grand nid ; un petit tombe,
Il va périr !
La mère en cris répand son âme Pour l'imprudent qui la réclame,
Veut revenir.
Hors du berceau chacun se penche; La mère a pu de branche en branche
Guider l'enfant ; II va rejoindre la couvée, Sa douce place est retrouvée,
Il est vivant !
Dans une spirale rapide L'écureuil rouge au tronc humide
Monte en grimpant.
Ignorant des rets, de la cage, Il lance dans le vert feuillage
Un cri perçant.
8o l'herbier
Plus de bruit! la forêt immense
Se tait comme un homme qui pense!
Arbre muet, Silencieux on te voit naître, Vivre et mourir, gardien peut-être
Du e:rand secret!
Au flanc de la haute montagne Il est un grand chemin qui gagne
Un sentier creux; Au fond de cette route sombre Du bonheur un soir j'ai vu l'ombre,
Nous étions deux !
Il pleuvait, sa main dans la mienne (Faut-il que seul je m'en souvienne), Nous descendions!
Front rayonnant, pieds dans la boue, D'un baiser j'effleurai sa joue.
Nous nous aimions !