‹ L'herbier; poésiesChapitre 21 sur 29 · LA PETITE MARIE · texte numérisé non relu

LA PETITE MARIE

LA TETITE ^CAXIE

v>'ÉTAiT un jour de Fête-Dieu, Et l'on enterrait ma cousine; Elle avait huit ans. Le ciel bleu, Au mois des roses, j'imagine, Devait s'ouvrir bien aisément Pour la morte, un petit enfant !

Cependant, au chœur de l'église, J'entendais ces funèbres chants, Faits pour implorer la remise De leurs péchés pour les méchants.

Et, par de terribles prières, On demandait du roi du ciel L'apaisement de ses colères.

Comme on fait pour un criminel !

Et l'orgue roulait son tonnerre A faire tressaillir les morts, Et les chants devenaient plus forts, Et moi je fis cette prière :

Dieu, pourrais-tu jamais lever ta lourde main Sur cet ange si doux qu'on pleure et qui te prie. Qui vient pour te fêter avec un blanc jasmin, Q.ui t'appelle son père et qu'on nomme Marie!

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