UN RÊVE
VM TIÊVE
L^'uN et l'autre attendaient. — Souriant aux douleurs, La mère, chaque jour, les appelait ! Ses larmes Lui semblaient douces ! La pauvre âme, dans ses pleurs, En pensant à l'enfant trouvait encor des charmes ! « Dieu, s'il me fait souffrir, le donnera plus beau; Tout se paie en la vie, et le ciel foit en sorte Qu'après un nouveau mal vienne un bonheur nouveau ! Le mari l'embrassait : cela la rendait forte : « Je voudrais un garçon : il sera brave et grand, Il aura les yeux bleus, chacun dans la famille
Viendra pour caresser, admirer notre enfant I Tu l'aimerais mieux, toi, si c'était une fille? » Et l'homme répondait : « Oui, j'ai rêvé parfois Deux anges avec moi. — Près du foyer, la mère Occupée à tresser quelque fil de ses doigts, Notre fille cherchant dans nos yeux le mj'stère Qui nous unit tous trois et qui s'appelle amour! Tendre fleur de printemps, sous nos baisers éclose, Tu le devineras après nous, à ton tour ! »
Ils parlaient de l'enfant sans raison et sans cause, Pour en parler! « Tiens, femme, — un jour, dit le mari, Ce que tu penses bas, mon cœur me le révèle; Notre avoir, grâce à Dieu, ne s'est pas amoindri, Et je viens t'annoncer une bonne nouvelle. Quand il sera venu, celui que l'on attend, Il faudra lui donner tous nos jours; mais la ville Est dure aux tout petits; le mal va les guettant A chaque instant, partout; tu seras plus tranquille A la campagne, où l'air est plus pur et plus fort. J'ai trouvé près Meudon un logis simple, honnête;