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Nous avons observé chez la betterave Tankard la présence sur l'épiderme de zones plus ou moins colorées. Pareille chose s’est trouvée dans une lignée de betteraves rouge demi-sucrière isolée sous toile.
La chair des betteraves est souvent diversement zonée; chez certaines variétés on ne s’est pas attaché à fixer une coloration uniforme à ce point de vue. Quelques races ont l’épiderme coloré et la chair toujours blanche (1).
328/13 (racine rouge sortie d’une B. sucrière) donne 357 racines roses ou rouges; 20 racines jaunes, 105 racines blanches.
301/:14 (racine rouge à chair blanche sortie d'une potagère) donne au point de vue racines : 85 racines roses ou rouges, 4S racines blanches; et au point de vue pétioles : 88 pétioles colorés, 45 pétioles verts.
303/r4 (racine rouge sortie d’une B. potagère) donne au point de vue racines : gr racines rouges et feuilles rouges, 8 racines jaunes et feuillage vert; et au point de vue des jeunes tigelles à la germination ,142 à tigelles rouges el 24 à tigelles jaunes.
304/r14 (racine rouge, chair très rouge, sortie d’une B. potagère) donne 123 racines à chair rouge, 19 à chair plus ou moins zonée et, au point de vue de la coloration du feuillage (à l’état jeune) : 37 à feuillage rouge, 76 à feuillage intermédiaire et 20 à feuillage simplement bronzé.
306/14 (racine rose, chair zonée de blane sortie d'une B. potagère) donne 20 racines roses ou rouges à chair blanche ou plus ou moins zonée et 6 racines blanches à chair blanche.
309/14 (racine rouge à feuillage bronzé sortie d’une B. potagère) donne 31 racines jaune pâle et 77 racines blanches.
311/14 (racine rouge sortie d’une B. sucrière) donne 76 racines roses ou rouges, 2/4 racines jaunes, 44 racines blanches.
314/14 (racine jaune pâle sortie d'une B. sucrière) donne 73 racines jaunes, 35 racines blanches.
315/14 (racine rouge chair colorée sortie d’une B. de distillerie) donne 100 à racines rouges et feuillage rouge, 35 à racines blanches, 2 à racine blanche et pétiole rouge, 7 à racines jaune pâle (dans les racines rouges, la chair étant zonée).
320/14 (racine jaune foncé sortie d'une B. potagère) donne 48 à racines jaunes, racines rouges.
323/14 (racine rouge sortie de B. Tankard) donne 57 racines rouges, chair jaune, coloris spécial de Tankard et 22 à racines jaunes, chair jaunâtre, n'ayant plus ce coloris spécial.
324/14 (racine rouge sortie de B. Tankard) donne 101 racines rouges, 28 racines blanches.
327/14 (racine jaune pâle sortie de B. sucrière) donne 40 racines jaune pâle, 70 racines blanches.
328/14 (racine jaune pâle sortie de B. sucrière) donne 37 racines jaune pâle, 28 racines blanches.
329/14 (racine rouge sortie d’une B. sucrière) donne 62 racines roses ou rouges, 36 racines jaunes et 35 racines blanches.
330/14 (racine rouge sortie d'une B. sucrière) donne 76 racines roses ou rouges, 33 racines jaunes et 34 racines blanches.
331/14 (racine rouge sortie d'une B. sucrière) donne 14 racines roses ou rouges, 6 racines jaunes et 10 racines blanches.
() Nous avons retrouvé dans les cahiers de culture de Verrières de 1819 la mention suivante : Betterave jaune (essais n° 680 et 681). « Il y a, dans ces deux lots, des racines de deux couleurs : les unes sont à peau jaune rougeâtre et à chair jaune; les autres à peau jaune et à chair presque blanche. »
Voici la couleur de chair d’un certain nombre de betteraves typiques (voir planche en couleur) :
Betterave GÉANTE ROSE : chair blanche.
Betterave GÉANTE ROUGE : faibles zones de magenta II. Teinte 182, ton 2 du répertoire Oberthür.
DE VILMORIN 7
C. — Anomalies diverses observées dans nos cultures. — La plupart des anomalies et monstruosités signalées chez la betterave par les différents auteurs, Penzig (132), notamment, ont été rencontrées à Verrières; ceci par suite du nombre considérable d'individus cultivés, soit isolément, soit groupés par famille. Nous citerons simplement les cas les plus remarquables.
Dans des descendances de betteraves à sucre, nous avons fréquemment rencontré des racines se rapprochant de celles de la betterave crapaudine par leur épiderme grisâtre et rugueux. Ce caractère s’est généralement comporté dans nos expériences comme 7écessif ainsi que nous l'avons dit plus haut, sauf dans un cas, peut être douteux, où une betterave rouge crapaudine cependant soigneusement isolée, nous a donné (année 1911) une descendance de quatre plantes dont deux à racines lisses (1).
Nous avons eu un sujet isolé sous toile (B. sucrière) qui, au lieu de nous donner des inflorescences normales, n’a produit en deuxième année de végétation (l’année de la montée à graine) que des rosettes de feuilles. L'année suivante (troisième année de végétation) il a reproduit le même phénomène, mais avec l'apparition de quelques fleurs fertiles. Ce cas a été signalé par différents auteurs, mais nous ne l'avons constaté nousmêmes qu'une seule fois.
Nous avons eu une betterave à feuillage extraordinairement frisé. Nous en donnons la photographie (#g. 93, page 79). Nous avions examiné les faisceaux fibro-vasculaires de la feuille, pensant les trouver désaxés mais ils étaient normaux.
Il nous a été envoyé une betterave de très grande taille à collet très allongé et déformé (/ig. 94, page 70). Ce collet a été étudié; mais, ni au point de vue faisceaux ni au point de vue sucres, il n’a rien présenté d’anormal.
Une betterave fourragère porte-graine, plantée il y a deux ans à Verrières pour grainer isolément, a produit uniquement des rameaux virescents (planche V); toutes les fleurs étant transformées en petites écailles stériles. La plante a continué à végéter régulièrement, donnant constamment de nouveaux rameaux et la végétation n’a été arrêtée que par les froids. Rentrée en serre, elle a pu être multipliée de boutures et a continué
Betterave TANKARD : zoné de jaune d'œuf III. Teinte 24, ton 3 du répertoire Oberthür.
Betterave CRAPAUDINE : violet iris III. Teinte 194, ton 3 du répertoire Oberthür.
Betterave ROUGE GRossE : intermédiaire entre rouge sang de bœuf. Teinte 94, ton 4 du répertoire Oberthür et violet prune, teinte 192, ton 3 du répertoire Oberthür.
Belterave ROUGE VERMILLON (coupe fraîche): rouge cramoisi. Teinte 114 du répertoire Oberthür, devenant vite rouge sang de bœuf teinte 94, ton 4 du répertoire Oberthür.
(*) Voici les résultats de deux descendances de Betteraves à épiderme de crapaudine qui semblent indiquer la nature récessive du caractère : n° 301/13 (B. rouge genre crapaudine) donne tout, soit 305 plantes à épiderme de crapaudine, n° 302/13 (B. à racine rouge lisse de même origine que la précédente) donne 180 à racines lisses, 54 à racines rugueuses.
à donner, l’an dernier, des rameaux virescents en abondance sans jamais apparition d’une seule fleur. On continue donc à la propager de boutures et la plante est devenue, par suite, vivace.
Une plante à racine rouge lisse, sortie d’une betterave crapaudine, nous a donné en 1913 toute une descendance (234 plantes) dont les feuilles portaient, sur le limbe, de curieuses excroissances cornues. Les plantes conservées et isolées sous toile, n’ont malheureusement pas donné de graines.
Nous avons, en outre, fréquemment constaté l'apparition de plantes à inflorescences fasciées, anomalie extrêmement fréquente chez la betterave, ainsi que celle, pas très rare, de plantes à feuillage panaché. Dans ce dernier cas, ces plantes à feuilles panachées, peu vigoureuses, ont régulièrement péri sous toile, et nous n'avons pu étudier la descendance du caractère.
On constate très souvent chez les racines de betteraves la présence de tumeurs plus ou moins développées au voisinage du collet. Chez certaines lignées la tendance à l’anomalie nous a paru héréditaire. Bien qu'il y ait là évidemment une infection d’origine bactérienne, nous avons constaté chez certaines lignées autofécondées une tendance plus grande que chez d’autres à présenter de ces excroissances. Nous avons analysé le contenu de ces tumeurs et avons toujours trouvé un chiffre de polarisation sensiblement moins élevé que dans le reste de la racine.
Enfin la plus curieuse anomalie a été celle des glomérules déhiscents laissant échapper des graines nues. On sait que la question de l'obtention d'une betterave monogerme préoccupe beaucoup les agronomes, en ce qu’elle éviterait l'opération culturale onéreuse dite du « démariage » qui consiste à ne laisser qu’une seule plante à l’écartement choisi. En Amérique, Townsend (174) s’est occupé avec beaucoup d'opiniâtreté de ce problème, mais sans succès jusqu’à présent.
Nous avions conçu de grands espoirs en trouvant toute la fructification d’une betterave mère (descendance de betterave de distillerie isolée sous toile), composée de glomérules peu consistants, déhiscents et laissant échapper la graine nue. Malheureusement la descendance de cette plante n’a pas été vigoureuse et n’a pas reproduit ce caractère. Néanmoins il pourrait se retrouver quelque jour dans le champ d'expérience d’un sélectionneur et l’on peut imaginer que ce caractère puisse être transmis par voie d’hybridation et par fixation héréditaire chez les autres variétés cultivées.
D. -— Pratique d’une sélection moderne. — Au cours des différents chapitres nous avons pris position très nette en faveur de la sélection individuelle. C’est pour nous une tradition; c’est aussi une opinion raisonnée.
La sélection « en masse » consiste à choisir les racines les plus grosses et les plus riches et à les faire grainer ensemble. Nous avons remarqué plus haut (p. 74) que les éliminations successives et répétées des betteraves inférieures ont fait progresser la sélection dans le passé parce que cette pratique était complétée par le choix des individus les meilleurs dont on récoltait les graines à part. Dans la mesure où l’on avait la chance de tomber sur de bonnes combinaisons héréditaires, il y avait amélioration. Il n’en est pas de même avec la sélection « en masse »; l'amélioration ne se poursuit pas à cause de l’interfécondation générale des individus les plus hétérogènes; la variété reste stationnaire au point de vue de ses différentes qualités.
La séparation des divers biotypes est évidemment plus facile chez les plantes autofécondées comme le blé, ou chez celles que l’on multiplie asexuellement.
On connaît l'expérience typique de sélection en masse de Munerati (110). 30 000 racines de betteraves ont été choisies sur plusieurs centaines de mille dans un même champ; il n’a gardé que 10 pour 100 de ces 30 000, soit 3000. Il a éliminé enfin 2100 sur ces 3000 et n’a gardé finalement que 900 racines. Ces racines de surchoix comparées dans leur descendance avec un lot de racines ordinaires non choisies ne se sont pas montrées supérieures.
Les sélectionneurs «en masse » essaient toujours de reproduire des betteraves provenant d’une maison réputée. Ils ont donc une graine originelle provenant d’une sélection généalogique et la variété continue un temps plus ou moins long à se maintenir, mais cet équilibre peut être parfois instable. La sélection « en masse » est aujourd’hui condamnée.
Un certain nombre de sélectionneurs professent la plus grande aversion contre la sélection individuelle par l'isolement. Frappés par le fait de la diminution de vigueur des descendances des plantes isolées, ils n'admettent pas le procédé. Certains d’entre eux ont essayé des isoloirs en gaze. Leurs betteraves à sucre ont été hybridées à travers l'isoloir et ont produit des descendances de toutes couleurs. Ils vont jusqu'à prononcer le mot de dégénérescence à ce sujet, alors qu’il n’y a que du vicinisme.
Qu'on nous permette de répéter ce que nous avons dit page 78: ces isoloirs de gaze sont illusoires.
Quant à l'isolement à l'air libre il est très risqué; le pollen est porté par l'air et les insectes à de telles distances qu’il est des plus difficile d'assurer par ce moyen une stricte autofécondation et de pouvoir tabler sur les résultats.
Certains sélectionneurs, tout en ayant recours à la sélection individuelle, y ajoutent la multiplication par voie de bouture et de greffe des sujets les plus remarquables.
Nous en avons parlé dans une publication en 1917 (210).
La multiplication asexuée, divisions en 8 ou 10 fragments, de la racine, greffage et bouturage des pousses, à été préconisée en France, il y a une trentaine d'années, par MM. Gorain et Hélot (71 et suiv.).
Il faut observer que cette multiplication asexuée ne peut offrir d'intérêt qu'à la deuxième ou troisième génération. En effet rien ne sert à la première génération d'augmenter par ce procédé le produit en graine d’une betterave, attendu qu’on ignore à ce stade si les qualités de la mère se fixeront dans sa descendance, et, lorsqu'on possède des renseignements à ce point de vue, on a généralement une quantité de graine suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire de recourir à la multiplication asexuée.
Ce mode de multiplication est, cependant, encore employé dans différentes maisons de sélection étrangères.
Hagedoorn, dans son récent ouvrage (67) : The relative value of the processes causing evolution (La Haye, 1921), a pu observer dans les cultures de la Maison Kuhn à Naarden (Hollande) la remarquable homogénéité des plantes de betteraves provenant d’une même racine multipliée asexuellement et en conclut avec raison, que les différences considérables observées entre les diverses plantes de betteraves cultivées côte à côte étaient d'ordre génétique, puisque, lorsqu'elles sont multipliées asexuellement, et que, par suite, seules les différences dues au milieu entrent en jeu, elles sont remarquablement semblables.
Nous avons observé le même fait dans nos expériences de multiplication asexuée. Cependant un fait, non signalé par Hagedoorn, a été remarqué; c’est que, dans les plantes divisées ou propagées de boutures ou de greffes, il y en a toujours un certain nombre qui ne montent pas la première année (1).
Au sujet de ces betteraves qui ne montent pas à graine, comme il s’agit, dans ce cas, de plantes provenant d’un même individu, on voit l'influence prépondérante des conditions de milieu (réserve faite pour des variations de bourgeons, toujours possibles avec un matériel aussi hybride que la betterave).
La pratique de la greffe permet de conserver des fragments d’un sujet très intéressant pendant plusieurs années, parce qu’on peut prélever à l'automne sur des sujets ayant monté à graines des petites greffes qui monteront l’année suivante.
La sélection pratiquée à Verrières a pour base l'étude des caractères individuels des betteraves autofécondées. Sans entrer dans tous les détails techniques, voici en quoi elle consiste :
(:) Dans une de nos expériences sur 107 divisions, $5 ont monté, 3 n'ont pas monté et 19 ont péri. La proportion des non montées était encore plus élevée parmi les boutures et les greffes, mais les chiffres n’ont pas été relevés
Elle se divise en trois parties :
1° Obtention de têtes de famille ou « premiers choix » ; 29 Obtention et sélection des élites; 39 Obtention de la graine commerciale.
19 Obtention et sélection des premiers choix. — 50 000 à 60 000 betteraves environ sont choisies dans des champs d’expériences et sondées au laboratoire chaque année. La sélection « en masse » nécessiterait évidemment un nombre de racines beaucoup plus élevé. Ces betteraves viennent soit de deux champs ensemencés avec des graines d'élite, et situés l’un dans l'Oise, l’autre chez un grand cultivateur de Seineet-Oise, soit de nos champs d'expériences de Verrières et Massy-Palaiseau qui couvrent trois hectares et renferment des centaines de lots divers.
La richesse en sucre et le poids de ces betteraves sont relevés sur des registres. L'origine de ces racines est toujours connue et inscrite sur le livre de culture qui renferme toutes les indications prises au cours de la végétation.
Au point de vue héréditaire, ces betteraves proviennent, ou bien de reproduction de « premiers choix » antérieurs (1), ou bien des betteraves à l'étude (lots pédigree cultivés isolément ou non) qui nous paraissent présenter un intérêt pour une raison ou pour une autre. Les racines les meilleures au point de vue forme, poids et richesse sont examinées une à une, sondées une seconde fois, analysées pour contrôle et rangées définitivement dans la catégorie « premiers choix ».
Ce ne sont pas forcément les betteraves les plus riches qui sont choisies; elles ne transmettent pas nécessairement leur richesse à leur descendance ; on constate en effet des écarts considérables, même entre descendances de betteraves autofécondées cultivées dans le meiïlleur champ d’expérience, le plus homogène au point de vue sol et culture; l’accumulation d'une grande quantité de sucre dans une betterave peut être le résultat d’un ensemble de chances heureuses, et n’être nullement héréditaire.
Isolement des betteraves à graine. — Ces betteraves sont mises en végétation de bonne heure sous des châssis afin de grainer plus tôt. L'isoloir en toile maintient, en effet, la plante dans une atmosphère chaude, humide et sans aération; il est donc utile de faire grainer la betterave avant la grosse chaleur de juillet-août. Les racines sont plantées dès les premiers jours de mars à leur emplacement définitif en les abritant du
(*) Nous appelons ainsi les betteraves mises sous isoloir et qui servent de tête de famille.
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page 103.)
(Voy.
(isolement sous toile).
Page 102. Cliché Vice à la Campagne. Reproduction interdite,
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- Betterave à sucre Vilmorin (isolement sous toile). (Voy.
Cliché Vie à la Campagne. Reproduction interdit
J.DE VILMORIN
page 103.)
(Voy.
ent sous toile).
Cliché Vie à la Campagne. Reproduction interdite
J. DE VILMORIN
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froid si cela est nécessaire. Dès l'apparition des rameaux florifères qui sont pincés à plusieurs reprises, et. avant le début de la floraison, la betterave est couverte par l'isoloir hermétique; les soins nécessaires : arrosage, passage à l'insecticide sont faits par la manche en toile pratiquée de côté.
Ces isoloirs (fig. 95 à 99) ont été imaginés et construits en 1908 par M. Levallois, notre chimiste. La toile qui les couvre avait été choisie suffisamment serrée pour que le pollen ne puisse la traverser. A cet effet des quantités massives de pollen avaient été récoltées et projetées contre l’une des faces de la toile, ou bien déposées dessus. La toile qui n’a pas laissé passer de pollen a été adoptée; le tissu en est sensiblement plus serré que celui qui a été employé par le professeur Munerati.
Nous avons publié (208) (Académie d'Agriculture de France, 14 avril 1920) (1), la description de ces isoloirs en toile, ainsi que les résultats obtenus.
Nous donnons ci-dessous un résumé de cette communication :
« Chaque racine de betterave est entourée d’un cercle en tôle galvanisée, à demi enterré dans le sol, et sur lequel vient se fixer la toile. Le tout est maintenu par un fort pieu enfoncé au pied de la racine et supportant un bâti constitué par des cerceaux de bois servant à tendre le tissu. Les photographies que nous communiquons montreront, mieux que toute description, la disposition adoptée. Chaque plante de betterave se trouve donc ainsi dans une sorte de tente et strictement isolée de ses voisines. Une manche, que l'on peut ouvrir à volonté, permet cependant de se rendre aisément compte de ce qui se passe à l’intérieur. Pour faciliter la fécondation, on remue fréquemment le tout, en agissant sur le pieu central.
» Il est superflu de dire que les plantes ainsi enfermées se trouvent dans les plus mauvaises conditions possibles pour une fécondation normale. Nous parvenons cependant, dans beaucoup de cas, à obtenir une quantité de graines suffisante pour nous permettre de juger la pureté des racines ainsi isolées, et de propager les plus intéressantes. Il nous suffit, en effet, d’une centaine de bonnes graines pour avoir une appréciation suffisante de la descendance. I] faut cependant dire que nous avons constaté, comme les expérimentateurs anglais, l'existence d'individus autostériles.
» Voici quelques chiffres indiquant le poids des graines récoltées sur des plantes soumises à ce traitement. Nous opérons généralement sur des demi-racines, l’autre moitié grainant à l'air libre. Cette autre moitié, si elle est considérée comme de grande valeur, est isolée par la distance. C’est la « Raümlich isolierung » des Allemands.
(*) JacQuEs DE ViLMoRIN, /solement des belleraves à sucre destinées à la graine.