‹ L'hérédité dans les maladies du système nerveuxChapitre 62 sur 109 · NÉVROSES VASO-MOTRICES ET TROPHIQUES · texte numérisé non relu

NÉVROSES VASO-MOTRICES ET TROPHIQUES

La fréquence des convulsions, chez les enfants issus d’une souche névropathique, n’avait point échappé à Trousseau, qui en rapporte un remarquable exemple (1). Antérieurement à Trousseau, l’hérédité nerveuse avait déjà été observée, chez les enfants atteints de convulsions de causes diverses, par Tissot, Baumes, Andral, Duclos (2). Rilliet et Barthez, et on avait observé tantôt l’hérédité directe, tantôt l’hérédité dissemblable, Montgolfier (3) ainsi que Téré (4) en ont rapporté également plusieurs observations. On trouve dans les ascendants, des manifes tâtions variables de la diathèse nerveuse (hystérie, épilepsie), l’alcoolisme des parents est assez fréquemment indiqué. Duclos a rapporté dans sa thèse, l'histoire d’une jeune femme qui, ayant eu des convulsions dans l’enfance, eut plus tard six attaques de chorée et devint hystérique. Bourneville et ses élèves ont montré récemment, que les convulsions de l’enfance sont souvent le prélude de l’épilepsie confirmée (5). Comme l’épilepsie, l'éclampsie infan-

(1) Trousseau, Clinique médicale , 4e édition, 1873, t. Il, p. 171.

(2) Duclos, Études cliniques, pour servir à l’histoire des Convulsions de l’enfance. Th. de Paris, 1847, p. 76.

(3) De Montgolfier, Contribution à l'étude des Convulsions de l’enfance. Th. de Lyon, 1883.

(4) Loc. cit., p. 33.

(5) Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'Épilepsie, l’Hystérie et l’Idiotie. (Compt. rend, de Bicètre et de la Salpêtrière, 1876, 1880, 1881, 1882, 1883.)

tile, peut être favorisée dans son développement, par la consanguinité morbide, de parents atteints de névropathies mal caractérisées, par l'ivresse au moment de la conception, par certains troubles de la gestation, et l’on s'est même demandé, si la lactation ne pourrait pas jouer un rôle dans la genèse des troubles nerveux, lorsque la nourrice naturelle ou mercenaire, était atteinte de manifestations morbides. Guersant a cité le fait d’un nourrisson qui était pris de crises convulsives, chaque fois que sa mère, qui était très impressionnable, lui donnait le sein après s’être livrée au coït; d’autre part, Yernay a rapporté un fait dans lequel des convulsions paraissent s’être développées, comme conséquence de l’alcoolisme d’une nourrice mercenaire, et disparurent après la cessation de l'allaitement (1), Baumès avait du reste autrefois signalé des faits du même ordre (2). Le tableau XLY (p. 160), résumant une observation inédite de mon ami le Dr Féré, me paraît très démonstratif, au point de vue de l’hérédité nerveuse.

L'éclampsie puerpérale, comme l’éclampsie scarlatineuse, et toutes les affections éclamptiques, en général, doit être vraisemblablement considérée, comme une manifestation de la diathèse névropathique. C’est ainsi que Féré (3) a envisagé récemment la pathogénie des accidents éclamptiques, et cet auteur a montré, que l'on devait rechercher la cause de la diversité des formes cliniques de l’urémie, dans la prédisposition névropathique. Yoici en résumé les conclusions de cet important travail : « La dentition, les affections intestinales de l’enfance, la scar-

(1) Vernay, Convulsions par Alcoolisme chez un nouveau-né . (Lyon médical, 1872, t. XXI, p. 440.)

(2) Baumes, Traité des Convulsions de l'enfance, 2° éd., p. 78-81, 1805.

(3) Féré, Éclampsie et Épilepsie. (Arch. de Neurologie, J 883.)

o XLV. PÈRE

mort de paralysie à 45 ans.

MÈRE

morte à 89 ans.

L’HÉRÉDITÉ DANS LES MALADIES

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