FAMILLE X. N» LU
Mc B.
a toujours été excentrique, plus ou moins
maniaque.
Pas d'enfants.
Me N.
FILS
suicidé.
épileptique.
FILS
hypochondriaque ,
mort
de paralysie générale.
Pas eu d’enfants.
Quelques accidents
maniaques
très analogues à la tante B.
manie
circulaire.
Pas d’enfants.
soucieuse.
Pas d’enfants, mariée il y a 20 ans.
vit encore avec son mari bien portant.
demi-amauro-
tique,
alfections
oculaires.
marié il y a 2 ans.
Pas d’enfants.
Dans un travail récent, Santon (1) a montré, que les variétés maniaque et mélancolique de la paralysie générale, ne sont que des formes compliquées de la folie paralytique. Les conceptions délirantes des paralytiques généraux, ressemblent beaucoup à celles des autres aliénés, et Sauton pense que dans ces cas, il s’agit de vésanies entées sur la paralysie générale, et il en trouve la raison, dans l’hérédité constatée chez les ascendants des malades. Pour cet auteur, lorsqu’au début chez un paralytique général, vient se greffer un délire rappelant la vésanie pure, il existe des vésanies chez les ascendants. S’il n’y a pas de conceptions délirantes, si l’affection s’affirme d’emblée par une attaque congestive, c’est qu'il n’y a que de l’hérédité congestive, c’est-à-dire, que la paralysie générale existe seule chez les parents sans vésanie.
On tend à admettre aujourd’hui, au point de vue de l’étiologie, trois espèces de paralysie générale, l’une spontanée ou prétendue telle, — car ici comme pour bien d’autres affections nerveuses, ce que l’on appelle spontané pourrait bien être héréditaire, — une forme vésanique, et une forme congestive.
il n’est point rare de rencontrer chez les descendants de paralytiques généraux, différents troubles du côté du système nerveux, et si la paralysie générale paraît avoir des rapports de parenté avec les différentes formes de la folie, elle alfecte également des rapports avec d’autres névroses, entre autres avec l’hystérie et l’épilepsie [Ma gnan, Camuset (2), Itcy (3)].
(1) Sauton, De l’Hérédité morbide et de ses manifestations vésaniques dans la paralysie générale. Th. de Paris, 1883.
(2) Camuset, Crises (l'Hystérie rkez un homme atteint de paralysie générale. (Ann. Méd. Psych. 1884, XI, p. 229.)
(3) Rev (Congrès d’Anvers 1883), sur 30 paralytiques généraux, a observé sept fois des symptômes très nets d’hystérie. L’examen des cas lui a
L’HEREDITE DANS LES MALADIES
Enfin il est une affection de la moelle épinière, avec laquelle la paralysie générale affecte des rapports assez intimes, je veux parler de l’ataxie locomotrice (1).
Ces faits d’observation fréquente, sont gros de conséquences médico-légales, et donner hardiment, comme le conseille Régis, son approbation médicale, à l’union d’un descendant de paralytique général, en rejetant absolument la possibilité d’une vésanie, ne me semble point une chose aussi simple que veut bien le dire cet auteur, car les conséquences sont loin d’en être indiscutables (2).
Du reste, pour ce qui concerne l’étiologie de la paralysie générale, bien d’autres causes que l’hérédité ont été invoquées, les excès vénériens, les excès de travail cérébral, les excès de boisson. On peut se demander, encore une fois ici, si dans bien des cas, on n'a pas pris l’excès pour la cause, et si les gens qui font des excès de travail psychique ou des excès de coït, ne sont point déjà des prédisposés héréditaires. La chose est presque certaine pour les excès vénériens, elle est probable pour les excès de boisson, on sait qu’on trouve quelquefois des dipsomanes chez les sujets nés de parents alcooliques. Quant à l’excitation produite par le travail cérébral, elle me paraît être insuffisante par elle seule, pour amener la paralysie générale, il faut encore pour cela la prédisposition, et ici encore nous retrouvons l’hérédité névropathique. Pour ce qui concerne les rapports existant entre la syphilis et la paralysie générale, je ne puis que renvoyer à ce que je dirai plus loin à propos du tabès.
montré que la marche de la paralysie générale n’est pas influencée par l’hystérie. Deux fois Rey a noté un délire érotique. Quant à l’hystérie, ses manifestations s’atténuent, à mesure que la paralysie générale se développe et s’aggrave.
(1) Voy. Tabès.
(2) Régis (Congrès de Blois 1884, p. 478).
La syphilis n’cst point très rare dans les antécédents des paralytiques généraux, et n’imprime dans ces cas aucune marche particulière à l’affection. C’est une coexistence et rien de plus (1). Que la syphilis puisse actionner le cerveau d'un héréditaire, et y déterminer les lésions de la periencéphalito diffuse, je crois la chose possible, mais ici encore la syphilis n’agit que comme cause adjuvante. Par elle seule, la syphilis ne peut rien, il fauL la prédisposition héréditaire, il n’existe pas une paralysie générale syphilitique, mais bien une paralysie générale chez des syphilitiques, et l’on peut invoquer en faveur de celte dernière opinion, les mêmes arguments que pour le tabès. L’ataxie locomotrice etla paralysie générale sontassez fréquemment associées ensemble, ce qui montre bien qu’elles ont une origine commune, qu’elles dérivent d’une même souche nerveuse. La syphilis dans l'un et l’autre cas peut éveiller une prédisposition morbide, qui sans cela serait peut-être restée latente pendant toute la vie de l’individu, et tout ce qu'il est permis de dire à cet égard, c’est qu’un névropathe syphilitique, est plus exposé qu'un autre à devenir tabétique ou paralytique général.
(I) Ici comme pour le tabès, les statistiques sont très variables suivant les auteurs.