‹ L'hérédité dans les maladies du système nerveuxChapitre 76 sur 109 · N° LUI · texte numérisé non relu

N° LUI

1) FILLE idiote

célibataire.

2) FILS débauché tabes dorsalis

avec atrophie des nerfs optiques,marié à une femme bien portante.

a) FILLE

affection cutanée chronique, (Syphilis?)

b) FILLE normale.

PÈRE

débauché

d’une façon impulsive, parait-il.

MÈRE

aliénée.

3) FILLE épileptique

plus tard hémiplégique et aliénée, mariée â un homme bien portant.

débauchée, aliénation périodique , mari bien portant.

5) FILS

débauché, tabes dor salis, avec atrophie des nerfs optiques, marié à sa cousine (la fille d'un frère de son père).

3 FILS

dont 2 attaques épileptiques probables.

dont une bien portante jusqu’à présent et dont la seconde est choréique et anormale au point de

vue psychique.

normale, malformation de l'oreille.

idiote, plusieurs autres enfants ne présentant jusqu’à présent rien de particulier.

choréique, aliénation

périodique.

soi-disant normale.

1 petit enfant attaque épileptique.

D’autres preuves encore peuvent être invoquées, pour montrer que le tabès appartient à la grande famille neuropathologique ; en particulier, la fréquence relative des

DU SYSTEM E NERVEUX

troubles psychiques d’ordre divers chez les tabétiques. Le tabès a des connexions nombreuses avec la paralysie générale (Baillarger, Westphal, Foville, Magnan); si dans quelques cas on a commis l’erreur de prendre pour tabétiques, des symptômes relevant des localisations médullaires de la paralysie générale, il en est d’autres où l’on a vu les deux affections évoluer simultanément chez le même individu, Westphal en a rapporté deux exemples encore récemment (1).

Il n’est point rare également, de voir des troubles mentaux, indépendants de la paralysie générale, coïncider avec l’ataxie locomotrice; le fait a été indiqué par Horn, Romberg, Turck, Leyden, Topinard ; et Tigges, a bien montré que l’état de mélancolie pouvait se rencontrer dans le tabès (2). Ces troubles psychiques des tabétiques ont été étudiés par Rey (3), qui a constaté aussi, que le trouble le plus souvent observé étaitla mélancolie, pouvant aller jusqu’à la mélancolie anxieuse, avec accès de délire de persécutions et hallucinations, phénomènes bien différents de ceux que l’on observe dans le tabès compliqué de paralysie générale, où l’on rencontre surtout les conceptions ambitieuses. Dans un travail sur ce sujet, Rougier(i) admet que les troubles psychiques du tabès sont en rapport avec leslésions anatomiques : pour cet auteur, ces troubles sont caractérisés par un délire de persécution uni à un état lypémaniaque à forme rémittente, apparaissant en général avec les troubles céphaliques du tabès, disparaissant avec

(1) Westphal, Erkrankung der Hinterstrünge bei paraly tisclien Geisteskranken. Arch. f. Psych. u. Nervenkr. 1882, Bd XII, p. 772.

(2) Tigges, Ueber mit Tabes dorsalis complicirte Psychose (Allg. Zeitsch. f. Psych.) B XXVIII 3 H. 1871.

(3) Rey, Considérations cliniques sur quelques cas d'ataxie locomotrice dans l'aliénation mentale (Ann. méd. psych. 1878, t. XIV, p. 161).

(4) Rougier, Essai sur la lypémanie et le délire de persécution chez les tabétiques (Th. de Lyon, 1882).

L’HEREDITE DANS LES MALADIES

eux, et caractérisés par des hallucinations, de la vue, de l’ouïe, du goût, de l’odorat et du toucher. 11 n’est point probable, comme le fait remarquer Féré (1) qu’il s’agisse dans ces faits, de lypémanie tabétique véritable. Bien que la vésanie ait été rencontrée par Iiey, dans les antécédents de quelques-uns de ses malades, il s’agit plus vraisemblablement de la combinaison de deux états, ce sont des ataxiques qui deviennent lypémaniaques. Moeli a cherché à évaluer la fréquence des troubles psychiques ; sur 89 ataxiques il les a rencontrés 17 fois (19 p. 100) (2).

Lorsque l’on dépouille un grand nombre d’observations de tabétiques, on trouve dans beaucoup de cas, nous venons de le voir, l’existence d une tare nerveuse héréditaire. On peut rencontrer chez les ascendants toutesles modalités possibles en fait d’affections nerveuses, les vésanies, l’épilepsie, l’hystérie (Yulpian), la paralysie générale. Une mère épileptique engendre 3 enfants : l’un devient ataxique, l’autre paralytique général ; le troisième, dégénéré supérieur, ainsi qu’on peut le voir dans l’observation suivante qui m’a été remise par M. Siredey, médecin des hôpitaux :

(1) Féré, Loc. cil., p. 34.

(2) Moeli, U cher die Hiiufigkeit der Geisterstorung bei Tabekern. Alleg. Zeitsch. f. Psyoh. Bd. 37, 1881.

Les troubles psychiques des 17 malades se décomposent de la façon suivante :

Paralysie générale progressive, troubles de la parole et

démence simple avec états d’excitation légère 10 fois.

Idées de persécutions et hallucinations 1 —

Hypochondrie 3 —

L’intensité de la lésion spinale n’est nullement en rapport avec les troubles psychiques que Moeli cherche à rapprocher des troubles céphaliques du tabès. Sur les 89 ataxiques, l’atrophie des nerfs optiques a été observée dans une proportion de 13 0/0, chiffre qui se rapproche de celui d’Erb (12,3 0/0) et de Gowers (13 0/0). L’atrophie des nerfs optiques existe chez 8,3 0/0 des ataxiques non atteints de troubles psychiques et chez 33 0/0 des tabétiques avec troubles psychiques.

Page 1