NÉVROSES VASO-MOTRICES ET TROPHIQUES
Les troubles vaso-moteurs sont communs, ainsi qu’on le- sait, dans les différentes maladies du système nerveux; ils peuvent cependant assister aussi l’état isolé, et constituerainsi une sorte de névrose vaso-motrice indépendante. Il en est ainsi dans l’asphysie locale des extrémités, avec ou sans gangrène (M. Raynaud), affection que l’on voit associée assez souvent à l’hystérie, quelquefois même à l’aliénation [Ritti (2)]. Rien ne prouve jusqu’ici l’hérédité de cette névrose vaso-motrice; nous savons cependant, depuis les travaux de Darvin (3), que les phénomènes vasomoteurs, caractéristiques de l’émotivité, étaient transmissibles par hérédité.
Parmi les affections cutanées, il en est quelques-unes dont les parentés avec la famille neuro-pathologique pa-
(1) Féré, loco citato, pp. 40 à 43.
(2) Ritti, Ann. Médic. Psych., t. VIII, 1882, p. 36.
(3) Darwin, V expression des sentiments chez l’homme et les animaux, (2e édition, 1877, p. 338).
missent très grandes, la sclérodermie [Féré (l)],lamorphea alba, qui n’est qu'une forme de cette dernière affection [Pautry 2)], peuvent en être citées comme exemples. Enfin, il n'est pas jusqu’à l’hémiatrophie faciale qui ne puisse rentrer aussi dans la même famille. On l’a vue accompagner la maladie de Friedreich (3), la chorée, l’épilepsie, et sur les 55 cas observés jusqu’ici, l’hérédité similaire a été notée une fois (Seeigmuller). Jessop et Browne, l’ont observée chez une jeune fille dont la mère était aliénée (4). Le tableau XLII1 de la page 154, concernant une généalogie de névropathes, remontant à plus de 100 ans, démontre très nettement les relations qui existent entre l’hémiatrophie de la face et les différentes névroses et psychoses (5).
(1) Féré, loco citalo. p. 34.
(2) Pautry, Essai sur latnorphea alba. Th. Pans, 1883.
(3) Voy. p. 196 le tableau de Vizioli.
(4) Jessop et Browne, Two Cases of hemialrophia facialis (St. Bartholomew’s Hospital Reports 1882, vol. XVIII.)
(5) Le paragraphe des névroses vaso-motrices et trophiques fait partie de celui consacré aux névroses diverses (chap. III, p. 156 et suiv.) dont il a été distrait par erreur, lors de la mise en pages.