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LA SPÉCIFICITÉ CELLULAIRE

b) La spécificité cellulaire.

A la question de l’isotropie de l’œuf se rattache celle de la spécificité cellulaire ; ou plutôt, celle-ci n’est que la continuation de celle-là. Dire que l’œuf est isotrope, c’est dire, en effet, que les premières cellules de l’ontogénèse ne sont pas spécifiquement differentes; dire qu’il est anisotrope, c’est affirmer, au contraire, la spécificité de ces éléments. Mais qu’il en soit de l’une ou de l’autre façon, il faut bien qu’à un moment ou à l’autre les cellules se différencient. La question est donc de savoir quand, à quel degré et comment la spécificité cellulaire s’établit.

Deux possibilités sont en présence. Ou bien chaque cellule est absolument différenciée et n’a en elle que le plasma spécifique qui lui permet de faire ce qu’elle doit faire et rien de plus; ou bien la différenciation n’est que relative, toute cellule renferme les aptitudes nécessaires à la formation de n’importe quel tissu, et ce sont des conditions secondaires qui la différencient en celui-ci ou celui-là.

Entre ces deux possibilités extrêmes, il y en a de nombreuses intermédiaires.

Cette question de la spécificité cellulaire n’est pas, comme on pourrait le croire, jugée d’avance par celle de l’isotropie. Ceux qui ont démontré l’isotropie de l’œuf, ou du moins de certains œufs, ont prouvé seulement que scs premières divisions étaient homogènes ( Æquationstheilungen , erbgleichen Theilungen ) et donnaient naissance à des blastomères équivalents, interchangeables , comme on dit en mécanique; mais ils n’ont point démontré que des divisions hétérogènes , c’est-à-dire attribuant aux deux cellules -filles d'une meme cellule-mère des constitutions physicochimiques différentes, n’eussent pas lieu plus tard et ne fussent pas la cause de la différenciation qui se produit ultérieurement. D’autre part, les preuves données en faveur de l’anisotropie ne dépassent pas les rudiments des quatre premiers quarts de l'animal.

Étudions donc successivement les trois questions relatives à la spécificité cellulaire : le degré , le moment et le moyen.

no peuvont faire que ce qu’ils sont destinés à faire : c’est le cas aussi des annélides et des gastéropodes; tantôt la spécificité est nulle au début (échinodermes, amphibiens, poissons) ; tantôt enfin la situation est intermédiaire. En outre, il faut tenir compte du manuel opératoire, car, si le blastomère supprimé est enlevé, l’autre tend à former un embryon complet, tandis que s’il est tué et laissé en place, l’autre ne sachant pas que son congénère 11e fait pas sa moitié du travail, a tendance à ne former qu'un demi-embryon qui, ultérieurement, se complète ou non par post-génération.

THÉORIES PARTICULIÈRES

a) Degré de la spécificité .

Personne ne croit à l’indifférence cellulaire absolue , personne ne pense qu’une cellule musculaire pourrait se métamorphoser en cellule nerveuse; mais plusieurs admettent que la différenciation n’est pas absolue, que non seulement les blastomères sont plus ou moins longtemps équivalents entre eux, mais qu’il reste toute la vie dans le corps des cellules indifférenciées, dites embryonnaires, capables de se transformer, selon les conditions, en les cellules les plus diverses. Virchow, avec sa théorie de la métaplasie , est le représentant le plus célèbre de cette manière de voir, plus ou moins acceptée par la plupart des histologistes français.

L’opinion inverse, au contraire, peut être absolue. Rien n’empêche d’admettre que toute cellule est, dès sa naissance, rigoureusement déterminée dans sa spécification. Bard (86) est le représentant le plus intransigeant de cette opinion. Cependant, la différenciation ne devient effective que dans les tissus définitifs de l’animal développé. Pendant l’ontogénèse, les cellules ne peuvent être différenciées, mais elles n’en seraient pas moins rigoureusement déterminées. Voici comment il faut comprendre les choses, d’après les partisans de cette théorie.

Chaque cellule contiendrait en puissance toutes les différenciations des cellules qui doivent descendre d’elle. En se divisant en deux, elle en ferait deux lots différents qu’elle livrerait à ses deux cellules-filles, donnant à chacune tout et uniquement ce qui lui est nécessaire pour elle et sa lignée. Celles-ci en se divisant feraient de même, et ainsi de suite jusqu’à la tin de l’ontogénèse, les cellules devenant de plus en plus différenciées et, de moins en moins compliquées à mesure qu’elles s’éloignent de l’œuf.

Mais cette théorie exclusive heurte si violemment les faits qu’elle n’a pu être acceptée. Elle implique, en effet, l’anisotropie absolue de l’œuf dont nous venons de montrer la fausseté pour la plupart des cas. En outre, la régénération, les pseudarthroses, les placentas extra-utérins, montrent des exemples irréfutables de cellules ayant été amenées à se différencier dans un sens non prévu pour elles.

D. Hansemann (93) a cherché à éviter ces écueils et a donné, en outre, une forme matérielle aux différenciations que Bard avait laissées à l’état de conception physiologique. Partant de cette idée, émise avant lui par Sachs (87), que les différentes sortes de différenciation sont représentées par autant de plasmas spéciaux ( plasmas or g ano génique s de Sachs),

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