LA MEMBRANE
On a beaucoup discuté la question de savoir si la membrane n’est pas toujours une différenciation1, superficielle ou toujours une sécrétion. Il semble bien certain que l’une et l’autre sorte existe : il convient de désigner cette dernière sous le nom de cuticule et de réserver à celle-là celui de membrane maie. La membrane diffère de la cuticule en ce qu’elle contient un substratum de protoplasme vivant ou ayant vécu, au sein duquel se sont déposées secondairement des particules ou des substances non vivantes destinées à augmenter sa résistance ; tandis que la cuticule est tout entière non vivante, dépourvue de cytoplasme, formée. uniquement de particules ou substances sécrétées. Ces deux sortes, utiles à distinguer pour la commodité du langage, sont d’ailleurs reliées par des transitions, les membranes vraies peuvent s’adjoindre une cuticule ou prendre à leur surface un caractère entièrement cuticulaire.
La membrane ainsi définie n’est pas constante. Quand elle manque, la cellule est dite nue. Elle possède cependant toujours au moins la membrane 'protoplasmique formée par un manteau de protoplasme hyalin s’étendant en couche continue sur le protoplasma intérieur caractérisé par ses différenciations diverses. Il est à remarquer, en effet, que jamais les parties figurées n’arrivent à l’extrême limite de sa surface. La couche superficielle est toujours formée d’une bordure absolument hyaline qui, en dedans, se continue insensiblement avec la masse intérieure, mais en dehors sc limite par une ligne absolument pure et continue. Jamais on ne voit un microsome ou un granule, une maille du réticulum ou un alvéole faire partie du contour extérieur, une fibre faire saillie au dehors par son extrémité : si une vacuole vient éclater à la surface, si une déchirure ou une section vient mettre à nu la masse intérieure granuleuse ou vacuolaire, aussitôt la couche hyaline s’étend et rétablit sa continuité. Cette couche constitue la membrane protoplasmique, qui ne fait jamais défaut et supplée en partie la vraie membrane lorsque celle-ci est absente ; elle joue comme elle un rôle protecteur et doit, je pense, avoir elle aussi une fonction osmotique particulière. Lorsqu'il y a une vraie membrane, elle ne disparaît pas pour cela; elle s’a-
(jue, rm fermée dans une membrane et contenant un noyau. Enfin, quand on eut constatéque d’innombrables cellules représentant des organismes complets comme les Amibes et tant d’autres, ou faisant partie d’un tissu comme les éléments nerveux,
sont nues, et que là où la membrane existe elle reste passive en présence des activités étonnantes du noyau et du protoplasme, on ne vit plus en elle qu’une pellicule inerte, exsudée par le protoplasma pour se protéger.
LES FAITS
mincit au point de devenir parfois presque invisible, mais elle persiste cependant et, chez les plantes, elle garde souvent une épaisseur relativement grande.
La membrane vraie parait généralement anhyste , c’est-à-dire sans structure, dans les cellules animales. Il n’y a guère d’exception que pour certains œufs. Les membranes végétales, au contraire, sans parler de leurs ornements, épaississements, sculptures, perforations, se montrent formées de couches successives et, dans ces couches, on distingue souvent des fibres ou même de minimes particules orientées régulièrement suivant une structure parfois fort complexe, comme l’ont montré Nageli (84) et plus récemment Wiesner (92) et Bütsciili (94) h
La membrane protège la cellule et joue très probablement un rôle dans les phénomènes osmotiques dont elle est le siège 1 2.