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XIII. THÉORIES SUR LA TÉLÉGONIE

On a cherché à expliquer de diverses manières cette influence douteuse du premier mâle que désigne le nom de télégonie h

Weismann invoque une fécondation incomplète d’œufs non mûrs. Mais ce que l'on sait de la fécondation interdit d’ajouter foi à cette explication.

Ryder (90) invoque de nouveau le métabolisme qui, pas plus ici que pour l’hérédité des caractères acquis (Voir p. 387), ne met une explication claire à la place des faits obscurs.

Spencer pense que le fœtus métis modifie la mère à son image et lui communique quelcpies caractères du père, que celle-ci transmet ensuite à ses autres produits.

Mais on ne voit pas que la mère revête elle-même ces caractères.

Turner croit que la modification porte non pas sur la mère, mais sur les œufs non mûrs des portées suivantes; et les échanges nutritifs entre elle et son premier fœtus sont les intermédiaires de cette modification.

1 Voir, en outre, aux Théories générales de Jàger, Darwin, Galton, Weismann, de la troisième partie, les explications Haacke, etc.

TÉLÉGONIE.

Romanes (93), au contraire, cherche l’agent de cette modification dans la substance des spermatozoïdes superflus du premier coït. Ces spermatozoïdes meurent, mais leur substance ne meurt pas et, absorbée par les œufs à la manière d’un aliment, pourrait les modifier. Le sperme qui a pénétré dans la matrice équivaut, en effet, à une de ces injections séquarcliennes dont on connaît les effets sur l’organisme. Il n’est pas impossible que les produits sexuels non mûrs soient en quelque chose modifiés par elle. Mais on peut croire que ceux-ci absorbent vraiment du plasma germinatif qui se mêle au leur et prenne rang à côté de celui-ci et à titre égal, comme dans la fécondation. L’idée est raisonnable mais l’explication est insuffisamment creusée.

Enfin Bard (94) croit trouver une explication dans une force particulière qu’il appelle Y induction vitale. Selon cet auteur, la vie du protoplasma se manifeste par des forces ayant des modalités (rythme, vitesse, direction, longueur d’onde, etc.) beaucoup plus variées que dans les phénomènes physiques (électricité, lumière) où on les a étudiées. Ces forces peuvent agir les unes sur les autres par une action comparable à l’influence électrique et qui constitue l’induction vitale. Cette induction vitale se montre nettement par l’action des organes reproducteurs sur les caractères sexuels secondaires exprimés dans le soma ; elle se montre, par ses effets négatifs, dans la castration. Or, comme il n’y a pas d’action sans réaction, on doit admettre que, réciproquement, le soma et ses modifications peuvent agir à distance sur les cellules sexuelles par induction vitale et les modifier.

Cette explication, si c’en était une, serait aussi valable pour l’hérédité des caractères acquis que pour l’infection du germe. Mais fauteur ne pense qu’à cette dernière. D’ailleurs, il est évident que cette induction vitale hypothétique n’expliquerait quelque chose que si elle était démontrée et surtout si ses effets étaient quelque peu précisés (*).

Les voies et moyens de la télégonie, si cette influence est réelle, restent encore absolument indéterminés.

(*) Bard (99 : V, 6*23) a de nouveau insisté sur sa prétendue explication. Charrin (98 : IV, 420) applique à la télégonie son explication de la transmission par le mâle de rimmunisation : le père immunise le fœtus qui immunise sa mère, laquelle immunise ses autres enfants, fussent-ils d’un aut re mari; en sorte que ceux-ci semblent tenir leur immunité du premier mari de leur mère. Bouchard (95 : 1,471), constatant que l’immunité survit à la présence dans le sang des substances qui l’ont produite pense, avec, raison, que celles-ci interviennent en modifiant pour un temps plus ou moins long le type nutritif des cellules, ce qui les rend réfractaires à certaines toxines ou leur fait sécréter des substances nocives pour les microbes fabricant de ces toxines. Cette explication peut, dans une certaine mesure, s’étendre à la télégonie.

THÉORIES PARTICULIÈRES

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