XII. THÉORIES SUR LES CARACTERES LATENTS
On trouvera dans la plupart des théories générales 1 des explications de la latence des caractères. Presque toutes reposent sur cette idée, que ces caractères sont représentés sous une forme complète dans le plasma germinatif, mais, pour des raisons diverses, sont empêchés de se montrer. Darwin 80) est le premier qui ait conçu cette idée et Strasbürger (8à) le premier qui lui ait donné une forme anatomique précise en constatant que chaque sexe fournit au produit toute la chromatine de son noyau et, par conséquent, tous les caractères
1 Voyez en particulier celles de Dar- win, Nageli, Weismann.
.0 Pat™! les tentatives insuffisantes pour expliquer la transmission des caractères acquis citons les suivantes : IIaacke (95: I, 481), Cope (95 : II, 752) par propagation d’un mouvement moleculaii e defini, Schlater (id., , / 1) par le système nerveux et les communications protoplasmiques, Tayeer (97 : III, 455) par des unités reproductrices hypothétiques à propriétés arbitraires, IIarraca (98 : IV, 412). A remarquer le travail où Loeb (90 : II, 457), observant que le développement se produit normalement en dehors de toute influence nerveuse chez des amblystomes où le cordon médullaire a été coupé, conclut de laque, inversement, le système nerveux ne doit pas transporter d’excitation morphogène du soma vers le germen. Parmi les tentatives en question, la plus importante est celle de Weismann (94 : 1, 404, 482) dans la Théorie de la sélection des variations germinales, pour laquelle nous renvoyons à l’ Année biologique parce qu’il serait trop long de l’examiner ici. Voir sa critique (95 : I, 404) et Ortmann (98 : IV, 438).
dont elle est le véhicule. Si donc certains de ces caractères ne s’expriment pas, ce qui arrive certainement au moins pour ceux d’un sexe, c’est qu’ils restent latents.
Je ferai remarquer cependant que, pour ceux qui admettent la continuité du plasma germinatif, cette conclusion ne s’impose pas; car, lorsque le plasma se dédouble, au commencement de l’ontogénèse, il n’est pas impossible que certains caractères passent dans la partie réservée pour la génération suivante et soient exclus de la partie employée pour former le soma de la génération actuelle, en sorte que ces caractères auront été transmis directement du grand-père au petit-fils sans passer par le père. Galton (Voir la théorie générale de cet auteur) a même poussé beaucoup plus loin cette manière de voir.
Elle suppose, il est vrai, que la division qui sépare le plasma germinatif de la génération suivante est quelque peu hétérogène, ce que n’admettent par les partisans purs de la continuité de ce plasma.