II. Accroissement
Lorsque Ton conçoit l'assimilation de la manière que nous avons admise, l'accroissement n’est plus un problème. Pour toutes les parties liquides ou facilement pénétrables par les liquides, il se comprend sans aucune peine. La difficulté n'existe que si l’on se borne à envisager les parties figurées. Mais si l’on va, comme nous l’avons fait, jusqu’aux substances chimiques qui les constituent, elle s’évanouit. Chaque organe de la cellule, quelle que soit sa structure, se compose de masses de substances chimiques juxtaposées ou plus ou moins intimement mélangées. Or chacune de ces masses s’accroît pour son propre compte par simple addition de molécules nouvelles de même espèce aux groupes de molécules déjà existants, en sorte que l’organe s’accroît sans que l’arrangement de ses parties soit en rien modifié. C’est de Y intussusception aussi intime que possible allant jusqu’aux constituants chimiques. L’accroissement se fait par addition moléculaire dans le sens chimique de ce mot. Il est impossible de concevoir l’accroissement des parties par juxtaposition h
Mais pour les parties solides, comme des grains d’amidon et surtout la membrane cellulaire, bien des auteurs pensent encore que l’accroissement se fait par addition superficielle de nouvelles couches parce que l’état solide de l’organe embarrasse pour comprendre une addition de molécules nouvelles au sein de sa masse. Cette addition a lieu cependant et les membranes, comme les autres parties de la cellule, s’accroissent sinon exclusivement, du moins en grande partie par intersusception 2. Le plié-
dans une solution magnésienne finit par se transformer en cristal magnésien sans que sa forme ait été modifiée, par substitution interne de molécules de magnésie!
aux molécules de chaux. Or la membrane cellulaire est bien autrement perméable aux liquides qu’un cristal inorganique.
Enfin Nageli (64) a attiré l’attention sur un certain nombre de phénomènes qui resteraient inexplicables par le seul accroissement par apposition.
Beaucoup de cellules végétales augmentent de taille après s’ètredéjà revêtues d’une membrane cellulosique, à tel point
1 Bütschli, dans sa théorie de la structure vacuolaire du protoplasma, admet que l’accroissement se fait par formation de vacuoles nouvelles dans la substance fondamentale qui occupe les espaces étoilés entre les vacuoles déjà présentes. Ces nouvelles vacuoles d’abord fort petites augmentent peu à peu de volume par absorption de chylemal^L j .
2 La possibilité de l'introduction de molécules au sein de la membrane est démontrée par ce fait qu’elle se produit dans des conditions où elle est autrement malaisée. Ainsi, un cristal calcique déposé
LES FAITS
nomène peut se comprendre de la manière suivante. Par l’effet de la turgescence la membrane est distendue, ses molécules s'écartent; de nouvelles molécules se déposent alors dans les interstices des molécules précédentes de manière que la membrane peut recouvrir la même surface sans effort de distension. Une nouvelle tension se produit, qui écarte encore les molécules, permet le dépôt de molécules nouvelles, et ainsi de suite. Seulement ces phénomènes, au lieu d’être successifs, sont simultanés.