B. L’ALTERNANCE DES GÉNÉRATIONS OU MÉTAGÉNÈSE
Dans d’autres cas la larve engendre l’individu parfait, et non pas un seul, mais un grand nombre. Le cycle évolutif comprend alors deux générations qui se suivent et, si l’on considère une série de générations, qui alternent régulièrement. Il y a alors alternance des générations.
Des deux générations du cycle, la seconde, celle qu’effectue l’animal parfait, est toujours sexuelle. La première est parfois sexuelle, plus souvent asexuelle, plus souvent encore réduite à une simple multiplication par bourgeonnement ou par scission. Cela oblige à distinguer autant de formes d’alternance entre la génération sexuée finale et la première génération du cycle.
a) Alternance avec la multiplication par scission. — Les protozoaires en fournissent divers exemples. Chez les infusoires, la conjugaison termine régulièrement un cycle donné de divisions. Les Nais (Voir p. 119) après s’être multipliées par scission forment des produits sexuels; les méduses nées de la division du scyphistone sont sexuées tandis que celuici ne l’était pas; il en est de même chez les myrianides (*). Comme nous le faisions remarquer plus haut (p. 120), ces cas forment une transition avec les suivants.
(3) Alternance avec la multiplication par bourgeonnement. — Partout où il y a bourgeonnement il y a aussi reproduction sexuelle. Il suffit donc de relire le chapitre consacré à la gemmiparité (Voir p. 119) pour avoir une idée des cas où ces deux modes de génération sont associés. Chez les protozoaires (vorticelles), les cœlentérés (gorgones, polypiers, corail, hydraires, siphonopliores), les tuniciers (ascidies composées, pvrosomes, salpes), les vers (tænia échinocoque, trématodes
(*) il y a, entre les Nais et divers autres oligochètes d’une part et les myrianides et divers autres polychètes syllidiens d’autre part, une différence sur laquelle M. Malaquin, dont on connaît les intéressantes recherches sur ces questions, veut bien attirer mon attention. Chez Nais l’individu-souche devient lui-même sexué après avoir fourni par scission des rejetons qui deviennent aussi sexués et sont identiques au parent. Chez les myrianides au contraire, l’individu-souche ne devient jamais sexué; ses rejetons seuls forment des produits sexuels et diffèrent du parent par divers caractères anatomiques, en particulier par l’absence de pharynx, qui les rend incapables de se mouvoir et limite leurs fonctions à la reproduction sexuelle de l’espèce. Les méduses sont dans le même cas que les myrianides. Entre ces cas extrêmes, il y a toutes les transitions.