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Chapitre VIII. — LA TERATOGENESE

Pour que l’ontogénèse aboutisse à la production d’un être porteur des caractères normaux de l’espèce, il faut que l’œuf soit normal , fécondé normalement et rencontre des conditions normales pendant tout son développement. Si l’œuf est touché dans sa constitution intime, si la fécondation pèche en quelque point, si les conditions de température, de nutrition, de milieu, de pression exercée par les parties voisines, etc., sont modifiées, l’être engendré n’est plus conforme au type ordinaire; tantôt il est viable, tantôt incapable de vivre, ou même d’achever son développement, mais en tout cas il est un monstre. Nous appelons normal ce qui est habituel, et qui permet la formation d’un être viable, apte à remplir sans difficultés toutes fonctions nécessaires à la conservation de sa vie et à la perpétuation de son espèce. Mais ce n’est là, en somme, que la réalisation d’une possibilité entre mille dans l’évolution, et les autres possibilités, bien qu elles aboutissent à un arrêt du développement ou à la formation d’un être plus ou moins impotent, n’en sont pas moins intéressantes au point de vue de la biologie générale. Toutes les possibilités d’évolution sont d’égale valeur pour elle , que l’une d’elles soit plus commune et plus avantageuse, cela n’intéresse que la race ou l’individu. Pour elle, l’ontogénèse comprend toutes les possibilités d’évolution et l’ontogénèse normale n’est qu’un cas particulier, qui prend place au même rang que n’importe quel cas tératologique. La vie embrasse tous les modes de fonctionnement des cellules, organes et appareils, et ne voit dans la physiologie qu’un cas particulier, comparable à n’importe quel cas particulier pathologique.

Si l’on se place à ce point de vue, on se rend compte que l’évolution normale n’est pas toute l’ontogénèse, de même que la physiologie n’est pas toute la vie. La tératologie et la pathologie élargissent l’horizon étroit de la biologie normale et aident à résoudre bien des questions qui, sans elles, seraient restées insolubles.

La tératogénèse peut avoir, comme nous l’avons vu, une triple origine qui nous servira de guide pour le classement de ses formes.

1° Le produit sexuel peut être altéré dans sa constitution. Quelque chose est modifié en lui de telle façon que, malgré une fécondation et

LA TÉRATOGÉNÈSE.

des conditions de développement normales, le produit n'est pas conforme au type spécifique habituel. C’est ainsi que l’on a vu des femmes engendrer des enfants frappés tous d’un même vice, svndactylie, hypospadias même, et cela avec des hommes qui, par d’autres femmes, engendraient des enfants normaux. Lorsque, en outre, ce vice se montre héréditaire dans de telles conditions, il devient impossible de l’attribuer à autre chose qu’une altération dans la constitution des cellules germinales l.

2° Des produits sexuels normaux peuvent, par suite d’une fécondation anormale, donner naissance à un* produit vicieux.

Nous en avons eu des exemples dans les effets de la polyspermie. On se rappelle cet œuf d‘oursin surfécondé qui avait formé utiq polygastruia, avec sans doute autant d'invaginations qu'il y avait eu, dans le cytoplasme, de spermatozoïdes non fusionnés avec le noyau ovulaire (Voir p. 161). 11 n’est pas impossible que certains monstres doubles aient une origine de ce genre (*).

3° Beaucoup plus nombreuse et plus abordable à l’expérience et à l'interprétation est la catégorie des monstres rendus tels par une altération des conditions ambiantes. Ces altérations peuvent porter sur n'importe laquelle de ces conditions.

Pouciiet et Chabry (89), en privant de chaux l’eau où ils élevaient des larves d’oursins ( Plutcus ), ont rendu impossible la formation des spiculés calcaires qui servent de squelette à leurs bras, et ils ont constaté le fait très remarquable que voici. Au lieu de former des bras sans squelette, ces larves n’ont pas formé du tout de bras. A peine un insignifiant épaississement èctodermique venait-il montrer la faible tendance de l’ectoderme à produire pour ces bras quelques cellules de plus. Cela prouve une chose qu’aucune embryogénie normale n’aurait jamais permis d’af-

1 Comme exemples de cas tératologiques pouvant difficilement s’expliquer autrement que par une malformation primitive du germe, il faut citer les faits bien avérés d'hommes à queue, de mamelles

surnuméraires, etc. Sans doute aussi les hommes velus (hommes-chiens) ou à peau écailleuse (hommes-porcs-épics, Étienne Lambert), etc., doivent leur origine à une cause semblable (**).

(*) Zur Sthassen (98 : IV, 207) a observé que dans les œufs géants à' Ascaris formés de la soudure de plusieurs ovules, souvent fécondés par plusieurs spermatozoïdes, les effets tératologiques sont dus, quand ils existent, non à la multiplicité des noyaux mais à celle des centrosomes.

(**) Branot (96 : II, 211) estime que les poils des hommes-chiens proviennent de la persistance et, du développement du lanugo fœtal et correspondent en réalité à un hypotrichose du système pileux définitif, caractère en relation avec le fait que ces hommes ont les dents plus ou moins atrophiées, comme les chiens glabres.

LES FAITS

firme r. : que, dans la formation d’un bourgeon, un feuillet peut être passif et obéir seulement à la poussée des parties voisines. Cela nous montre qu'une cellule ou un groupe de cellules peuvent se diviser activement pour couvrir une surface, sans avoir rien en elles qui les prédestine à le faire. Le déterminisme de leur multiplication peut résider en dehors d'elles et non dans la constitution de leur cytoplasme ou de leur noyau \

1 Dans l’expérience de Pouchet et Chabry, la quantité de chaux est réduite jusqu’à 1/10 de son taux normal. Les Pluteus se développent normalement jusqu’à la formation des spiculés, mais, à partir de ce moment, ils grandissent moins vite, les spiculés ne se forment pas et, comme conséquence, les bras ne poussent pas.

Tout se passe donc comme si les spiculés, en grandissant, se coiffaient d’un prolongement des tissus. Parfois, à la place des deux bras buccaux, se forme un prolongement notable, mais impair et médiocre, sans spiculé. Donc ici l’ectoderme a une initiative dans le développement, mais, faute de direction, celle-ci s’exerce d’une manière anormale.

Kollmann (93) obtient en les incubant à 41° des poulets et des canards atteints de spina bifida.

Herbst (93), en ajoutant des sels divers à l’eau où il élève des Pluteus, constate que ces sels interviennent surtout en établissant des relations osmotiques aberrantes entre les tissus et le milieu ambiant.

L’action spécifique dépend de la base, mais son intensité croit avec le poids moléculaire de l’acide, tant que l’on s'en tient aux acides monobasiques. L'action spécifique dépendant de la base, il peut classer ses monstres en monstres

au potassium , monstres au litium, etc.

Tout cela montre que l’action perturbatrice est plutôt physique que chimique et plutôt chimique que physiologique.

Driescii (93) obtient ces monstres à invagination renversée, qu’il appelle des exogastrula, en portant simplement à la température de 30° des larves de Sphtëreehinus granularis. Cet endoderme saillant se segmente d’abord en trois sections, puis se résorbe. L'embryon anentéroblastien et le pluteus anentérien vivent cependant fort bien pendant environ une semaine, et l’invagination buccale se dessine malgré l’absence d’estomac. En diluant l’eau de mer avec 20 % d’eau douce il obtient des segmentations anormales. En secouant les œufs segmentés, il arrive à séparer des groupes entiers de blastomères et voit cependant se former une gastrula normale. Cela prouve que les blastomères, même lorsqu'ils sont différents d’aspect, comme c’est le cas ici, n'ont pas une spécificité absolue.

Il existe des résultats contradictoires.

Ainsi Boveri (92), en détruisant un des blastomères de la grenouille au stade 4, obtient un têtard anencèphale . Mais ce fait n’est pas aussi démonstratif que les précédents (*).

C) Les expériences sur l’action tératogène des divers agents mécaniques, physiques et chimiques sur l’œuf en développement ont continué, très nombreuses. Pesanteur : Schultze (95 : I, 226); pression : Bataillon (96 : II, 191), Chimkievitch (99 : V, 175), Tornier (00 : V, 171), Barfurth (ibid.) ; température, lumière : Schultze (95: 1,223), Sala (ibid., 228), Mitrophanov (ibid., 231), Küstner (96 : IL 192), Standfuss (98 : II, 214), Hargitt (99 : Y. 172), Salyioli (ibid.), Féré (ibid.), Rabaud (ibid.), Schultz (ibid., 173); électricité : Wixdle (95 : I, 223), Rossi (96 : IL 193); pression osmotique : O. IIertwig (95 : I, 237), Bataillon (00: V, 173); substances chimiques : Féré (95 : I, 243; 96 : II, 199; 97 : III 194), Gurwitsch (95 : I, 207), Herbst (96 : II, 193), Samassa (ibid., 198), Wilson (97 : III, 198); microbes et toxines : Francotte (95 : I, 244), Charrin et Gley (ibid., 479); hybridation : Standfuss (98 : IV, 217). Pour les actions tératogènes sur l’adulte, voir surtout Tornier (97 : III, 196; 98 : IV, 211).

LA TÉRATOGÉNÈSE.

En modifiant les conditions osmotiques par faddition de sels de lithium, Herrst (92) a obtenu, chez ces mêmes larves, la suppression de l'invagination et par suite de l’appareil digestif, et Driescii (93), par une simple élévation de température, obtient des larves dont l’endoderme se développe vers le dehors et forme un refoulement au lieu d’une invagination. Cela montre que des causes faibles et purement physiques ou chimiques peuvent suffire à arrêter un accroissement en un point donné ou même à le changer de sens, tandis que d’autres, cellules presque semblables et toutes voisines, ne sont en rien influencées.

De faibles changements produits en un point par une influence tératogène passagère peuvent en entraîner d’autres, ceux-ci d’autres encore et, faisant ainsi boule de neige, aboutir à des modifications considérables et très étendues. Chez le poulet, le blastoderme et faire vasculaire sont circulaires, l’embryon en occupe le centre. Quand le cœur commence à se former, il est d’abord vertical, mais bientôt il devient trop long et forme une anse qui verse à droite; la tête bientôt après se retourne et s’applique, par la joue droite, contre le vitellus; enfin l’estomac, d’abord vertical et tourné la petite courbure en avant, verse à gauche en s’allongeant pour former la grande courbure, et de ce mouvement résultent le contournement du gros intestin, le passage de son extrémité cœcale à droite, et, en somme, la disposition générale des viscères abdominaux. En chauffant l’œuf à la gauche de l’embrvon, on obtient soit par augmentation (Dareste [91 1), soit par diminution (Fol et Varinsky [83]), de l’accroissement du côté échauffé ou surchauffé, un renversement de la tète et de l’anse du cœur à gauche; le cœur, attaché à ce moment à l’estomac par un mésentère, fait verser à droite la grande courbure de celui-ci, et il en résulte une inversion viscérale complète. De tels faits sont éminemment suggestifs. Ils montrent, comme les précédents, que les organes n’ont pas besoin d’avoir en eux des tendances à évoluer dans un sens donné, que les moindres influences anormales du milieu ambiant peuvent changer cette évolution et que, par conséquent, ces mêmes influences, quand elles sont normales, peuvent suffire à la diriger. Ils montrent aussi la corrélation sous un jour nouveau, en mettant sous les yeux les relations mécaniques simples par lesquelles la modification d’une partie peut influencer des parties éloignées avec lesquelles elle paraît n’avoir aucun rapport1.

1 II existe d’autres faits analogues. Les reportée au niveau de l’ombilic et le monstres omphalocephales ont la tète cœur formé de deux moitiés distinctes

LES FAITS

Les monstres doubles ou ayant des organes doubles montrent un fait du plus haut intérêt, c’est que la partie surajoutée est toujours unie à la partie normale similaire et symétriquement placée par rapport à elle.

Ainsi, une main supplémentaire ne sera jamais placée sur la tête ou dans le dos, ni même sur Tune des mains normales et dans un plan perpendiculaire ; elle sera placée à côté d’une des mains normales, dans le même plan ou à peu près, et symétriquement, c’est-à-dire que son petit doigt sera juxtaposé au petit doigt de celle-ci ou le pouce au pouce, et jamais le pouce au petit doigt.

De même les monstres doubles sont unis par le ventre, le dos ou le côté, ou même par la tête, mais jamais l’un des individus n’est fixé par la tête au dos de l’autre, ni par le côté au côté de même nom, de manière à tourner le dos du côté où celui-ci a la face. Cette constatation, déjà faite par Maupertuis (1751), est attribuée d’ordinaire à Is. Geoffroy St-Hilaire (36) qui l’a désignée sous le nom de loi de l1 attraction de soi pour soi b Cette loi révélerait une bien merveilleuse propriété des corps vivants si, en effet, des êtres ou parties primitivement séparés se joignaient ainsi par une sorte d’attraction. Mais tout tend à prouver que ces monstres, même ceux qui sont presque complets et ne sont unis que par une étroite

Or cette seconde malformation est la conséquence de la première, car c’est la tête qui, en descendant, s'interpose entre les deux rudiments du cœur et les empêche de se réunir ; et Warynski (86) a pu reproduire cette malformation du cœur chez le poulet, en pressant sur le vertex au moyen d’un scalpel.

Bien plus remarquable encore est la corrélation suivante. Les monstres omphalosites sont des êtres incomplets, dépourvus au moins de cœur et qui ne peuvent vivre (et jusqu’à la naissance seulement) que grâce à l’anastomose de leur cordon ombilical avec celui d’un frère jumeau bien conformé. Il résulte de cette condition que l’organe d'impulsion de leur sang est le cœur du jumeau et que le sens du courant sanguin est renversé dans une partie de leur appareil circulatoire. Le sang remonte l’artère ombilicale, remonte l’aorte à partir du point où celleci s’abouche avec la précédente, puis re-

descend par les veines cave inférieure et ombilicales. Or Gurlt et Hempel (96) ont montré que dans toutes les veines où le cours du sang était renversé, et dans elles seules, les valvules sont absentes. Le passage du courant sanguin est donc capable d’empêcher la formation des valvules. Voilà une corrélation d’origine mécanique très claire et qui montre quelle peut être l’énorme influence des organes les uns sur les autres pendant l’ontogénèse normale.

1 Quelques monstres doubles hétéroty piens, d’ailleurs fort rares, font exception à cette règle. Ainsi on a vu le parasite fixé à Y autosite par le cou au ventre (monstre hëtérodyme), par le côté.gauche du ventre au côté gauche du ventre de manière à regarder l’autosite (monstre hërétopage), etc. Il semble que, dans ces cas, il s’agisse d’individus primitivement distincts, soudés pendant le développement, et dont l’un est incomplet et parasite de l’autre.

LA TÉRATOGÉNÈSE.

soudure, proviennent de Ja division d’un germe, ou d’une partie d'un germe, symétriquement par rapport à ses lignes principales de croissance. Il est à remarquer aussi que ces monstres doubles sont presque toujours du même sexe (*).

Enfin, les monstres hermaphrodites fournissent des faits intéressants au point de vue de la corrélation entre le sexe et les caractères sexuels secondaires. On n'a jamais trouvé d’hermaphrodite vraiment complet chez les vertébrés supérieurs. Mais on a rencontré quelquefois des insectes pourvus d’organes parfaits, mâles d’un côté et femelles de l’autre, et dans ce cas, les caractères extérieurs étaient ceux du mâle du- côté mâle et ceux de la femelle du côté opposé (Voir la note de la p. 185). Chez l’homme, il n’y a jamais deux glandes actives de nom opposé, mais tous les autres degrés d’hermaphroditisme ont été observés. Ils consistent en ce que l’évolution du rudiment génital a procédé comme chez l’homme dans une région, comme chez la femme dans l’autre. Le plus souvent, cela se borne à un hypospadias plus ou moins compliqué chez l'homme et â une atrésie plus ou moins complète de la vulve et du vagin chez la femme, jointes à une atrophie relative de la verge chez le premier et à un développement exagéré du clitoris chez la dernière. Or, ce qu’il y a de remarquable, c’est que, par leurs caractères sexuels secondaires, taille, blancheur et finesse de la peau, largeur du bassin, poils de la région rétro-anale, mamelles, voix, barbe, habitus général et appétits sexuels, ces êtres sont intermédiaires entre les deux sexes, plus ou moins voisins de l’un ou de l'autre selon qu’ils s’écartent plus ou moins de leur sexe vrai. Cela montre à la fois une rétention partielle des caractères sexuels secondaires normaux â l’état latent et un passage partiel à l’état visible de ceux du sexe opposé, tout comme chez les castrats opérés dans le jeune âge1.

1 On a trouvé des cas assez nombreux d’hermaphroditisme réel chez divers amphibiens, en particulier chez le crapaud. Mais les histoires de moines ou de soldats doués de tous les caractères de la virilité et ayant accouché, sont apocryphes ou manquent des détails qui seuls leur donneraient de la valeur. Dans les cas

avérés d’hermaphroditisme interne chez des mammifères, Tune des glandes au moins est atrophiée et incapable de fournir des produits sexuels.

Presque toujours les hermaphrodites externes assez accentués pour que le sexe ne puisse être reconnu que par un examen approfondi, sont inféconds, et l'état

(’) Loeb (05: I, 234) a obtenu au moyen d’extraovats des Pluleus doubles, Schultze (ibid., 226), des Grenouilles doubles en maintenant en haut le pôle blanc des œufs; par contre, Morgan (ibid., 20) obtient de deux œufs soudés une gastrula simple.

LES FAITS

En somme, on voit que la tératogénèse éclaire l’ontogénèse normale pins qu’elle ne la complique et apporte plus de solutions qu’elle ne pose de questions nouvelles (*).

d’imperfection des glandes est sans doute la cause de l’état d’indécision des caractères sexuels. Une exception remarquable est celui de Marie-Madeleine Lefort qui était réglée, ce qui indique une certaine valeur fonctionnelle de l’ovaire, bien que son hermaphroditisme externe fût un des plus accentués qui aient été observés.

Bernard Sciiultze (68) cite une femme, Catherine Hohmann, qui avait des spermatozoïdes très nets et disait avoir été menstruée. Cette femme, âgée de 44 ans, disait avoir passé depuis quelques mois l’époque de la ménopause. Elle avait de grosses mamelles, le système pileux d’un homme, un pénis légèrement hypospade de 5 centimètres de long, pas de prostate au tomber rectal, pas de vulve. A droite un testicule net avec crémaster actif, à gauche rien. Dans l’urèthre on trouvait, avec la sonde, un canal conduisant dans un court utérus d’où partait une trompe, le tout du côté gauche. La glande gauche était-elle un ovaire? Malheureusement il n’y a pas eu d’autopsie.

Martin (80) raconte une observation de L aumon n ier où i 1 e st d i t qu e cet an a to m i ste présenta en 180o une femme qui, outre les organes de son sexe, avait dans les grandes lèvres deux testicules aboutissant au fond de l’utérus par deux canaux déférents. Malheureusement ces cas manquent de détails histologiques.

Magitot (81) cite le cas d’un hermaphrodite mâle, simple hypospade à scrotum bifide et verge réduite, qui, à 13 ans 1/2, fut réglé et vit revenir trois fois un écoulement menstruel à quelques mois d’intervalle. Il fut marié à un homme, mais qui ne put pénétrer. Plus tard il montra du goût pour les femmes et eut plusieurs

maîtresses avec lesquelles il put avoir des relations normales. Examiné à l’âge de 40 ans, cet individu montra un pénis d’enfant de 12 ans qui se recourbait en bas pendant l'érection (caractère féminin) et, au-dessous, une fente vulvaire, limitée par deux grandes lèvres normales, sans petites lèvres, conduisait dans un court vagin. Il n'y avait ni col, ni utérus, ni glande vulvo-vaginale. Un testicule normal gonflait la grande lèvre gauche, un plus petit occupait le bas delà lèvre droite. Le sperme était d’aspect normal mais sans spermatozoïdes. Ce qui manque à cette observation, c’est la constatation scientifique des menstrues et une autopsie ayant fait connaître l’état des organes internes et les voies qu’aurait pu suivre ce sang menstruel.

L’appétit sexuel est touché chez les hermaphrodites comme les autres caractères; il est souvent indécis et parfois re n versé comme le montre le cas d’un hermaphrodite homme observé par Pulaillon (91) qui avait des organes externes très semblables à ceux d’une femme, mena la vie d’une fille galante, eut de nombreux amants et montra, à l’autopsie, des organes internes du sexe masculin atrophiés, sans trace d’utérus ni d'organes féminins internes quelconques.

Les rapports de la régénération avec la tératogénèse sont mal étudiés et cela est fâcheux, car il pourrait y avoir là un moyen de décider, pour les cas où la régénération est possible, si la monstruosité résulte d’une tendance des tissus ou si elle est l’effet d’une condition ambiante accidentelle. Vulpian a observé ces axolotls qui, à la suite de morsures qu’ils s’é taient faites aux pattes, avaient régénéré

(*) Pour les généralités sur la tératogénèse voir, entre autres : Patten (96 : 11, 180, Blanc (ibid., 179), Jacquand (98 : IV, 206), Rabaud (ibid., 212).

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