A. CARACTERES DE RACE
Les caractères de race sont tous transmissibles . Par race nous entendons. comme cela a été convenu, le groupe vaste ou étroit auquel appartient l’être : espèce, genre, famille, ordre, etc. Non seulement les caractères de race sont tous transmissibles, mais ils sont tous toujours transmis, sauf quand le produit est un monstre. Dans ce cas, la race peut n être -pas reconnaissable, mais les caractères tératologiques sont toujours des altérations des caractères normaux de la race à quelque moment de son ontogénèse et non ceux d’une race différente Si les deux parents sont de race différente, ce qui est transmis nécessairement, ce sont les caractères du groupe commun auquel ils appartiennent l’un et l’autre, et l’alea n’existe que pour les caractères des groupes particuliers auxquels ils appartiennent séparément. Ainsi le métis du chien [Canis latrans) et du loup ( Canis lupus) a tous les caractères du genre Canis , plus une combinaison variable des caractères spéciaux des deux espèces latrans et lupus 1 2.
1 Lorsqu’un mammifère naît avec des fentes au cou, il ne se rapproche pas du poisson; il se rapproche de ce qu'est tout mammifère à un moment de sa vie fœtale, et la question de savoir si ces fentes transversales rapprochent le mammifère du poisson se pose à l'occasion de l’ontogénèse normale et non de la tératogénèse.
2 Cela n’est pas infirmé par l’apparition des caractères ataviques qui est si fréquente chez les hybrides. Admettons provisoirement que, lorsqu'un mulet naît avec des rayures, ce caractère n’est celui ni de l’âne, ni du cheval, ni du genre Equus qui les contient tous les deux, mais que c’est celui d’un ancêtre rayé, zébri forme, du genre Equus.
lialzac, dans son roman La peau de chagrin , explique de la manière suivante la comparaison familière méchant comme un âne rouge. Les Perses font féconder
parfois leurs ânesses par des onagres sauvages et ils teignent en rouge les produits pour avertir qu’il faut se méfier d’eux, car ils tiennent de leur père une humeur intraitable et agressive. Je ne sais quelle est la valeur scientifique de cette assertion, mais elle m’a paru inté ressante à rapporter.
San son (93) a insisté sur la distinction entre l’hérédité de race et celle des caractères individuels. Il déclare la première beaucoup plus solide que la seconde, en ce sens que les caractères individuels sont rapidement noyés dans la moyenne par le mélange des sangs dans la fécondation, tandis que le croisement n’a qu’une influence passagère sur les caractères de race.
D’après lui, les produits de croisement finissent toujours par faire retour à l’une des formes parentes, quelque soin que l’on mette à les maintenir.
LES FAITS
La question de la transmissibilité est donc ici très simple. Elle ne se complique un peu que lorsqu’elle s’adresse aux caractères individuels.