HOMMES POLITIQUES
Adams, John (1785-1826), second président des États-Unis.
Son fils, John Quincey, sixième président des États-Unis.
Son pelit-fils, Charles, ministre américain à Londres, auteur d’une a Vie de John Adams. »
Antonia (La Gens Antonia) a compté au nombre de ses membres les plus remarquables : l’orateur Marc-Antoine, Marc-Antoine le Critique et Antoine, le rival d’Octave.
Arteveld, Jacques, le fameux brasseur des Flandres.
Son fils, Philippe, qui continua l’œuvre politique de son père.
Bbntinck, William, premier ministre d’Angleterre en 1783- 84 et 1807-10.
Son fils, Henri, gouverneur général des Indes, y a introduit la liberté de la presse et aboli les suttees.
Son petit-fils, membre du Parlement, financier éminent, et a leading statesman. »
César. Nous aurions pu le placer tout aussi bien sous le titre des hommes de guerre; nous l’avons mis ici à cause de sa descendance. Sa mère, Aurélia, paraît n’avoir pas été une femme ordinaire. Sa fille, Julie, mariée à Pompée et morte prématurément, était remarquable par son esprit et sa beauté. Les historiens eux-mêmes ont observé la transmission de certains caractères héréditaires dans la famille des Césars. « Il y eut, dit J.-J. Ampère, chez tous les Césars un principe mala- ,dif. Le premier était épileptique; son neveu (l’empereur Auguste) fut toujours valétudinaire ; une humeur âcre altérait la face de Tibère; Caligula était d’une pâleur extraordinaire, dormait peu, avait constamment un transport au cerveau ;
L’ilÉRÉUn’K DE LA VOLONTÉ. 141
Claude eut une disposition physique à l’imbécillité; Néron donna des signes non équivoques de folie.
Quant à Tibère, le beau-fds adoptif d’Auguste, oil a les traits fins et nobles ; il ressemble singulièrement à Livie (sa mère). Ses lèvres minces et sèches révèlent ce qu’il y avait dans son âme d’astucieux et d’impitoyable. »
Nous ferons remarquer que la mère de Marc-Antoine appartenait à la famille Julia.
Chakles-Qoint. Nous demanderons la permission d’insister sur un rapprochement qu’il nous a paru curieux de faire entre ce souverain et Don Carlos.
Quand on rapproche Don Carlos de son célèbre aïeul, on trouve entre eux des traits si frappants de ressemblance, qu’il n’est guère possible de n’y pas voir un cas d’hérédité en retour ou d’atavisme.
Don Carlos était fils de Philippe II et de Dona Maria de Portugal. Sa mère, qui mourut quatre jours après l’avoir mis au monde, n’apparalt dans l’histoire que comme une figure insignifiante. Quant au père, il était presque en tout l’antithèse des fils ‘. Le caractère de Don Carlos, son tempérament et même son habitude physique restent inexplicables, si l’on ne remonte pas jusqu’à Charles-Quint...
Charles-Quint se développa tard et vieillit de bonne heure. Il était âgé de près de 21 ans qu’il n’avait pas encore de barbe au menton. Sa taille était médiocre, sa santé faible, son visage allongé et triste; il parlait lentement et en bégayant. Le développement de son intelligence fut aussi tardif que celui de son corps. Il resta longtemps sous la dépendance absoluedeChiôvres son gouverneur. Son tempérament flegmatique le préserva des excès. Mais sa gourmandise est bien connue. «Avant de se lever, il se faisait d’ordinaire servir un chapon assaisonné de sucre, de lait et d’épices. Il dinait à midi d’un grand nombre de plats. Peu après vêpres, il faisait un nouveau repas, prenait volontiers pour souper, quand la soirée était plus avancée, des anchois ou toute autre nourriture forte et grossière... . Même au monastère de Yuste, il mangeait avidement sous les
* V. ce contracte dans Gachard. Dom Carlos et Philippe II, p. 237 et suir.
LES FAITS
yeux de son médecin des pattes de grenouilles et des pâtés d’anguilles
Don Carlos, d’aprôs le rapport des envoyés vénitiens et de l’ambassadeur impérial à Madrid est un prince très-petit de taille; sa figure est laide et désagréable. Il est decomplexion mélancolique. Il ne prend aucun goût ni à l’étude ni aux exercices virils. Il parle avec difficulté et lenteur, et ses paroles manquent de suite. « Sa voix est fine et fluette, il éprouve de la gêne quand il commence à parler et les mots sortent difficilement de sa bouche. Il prononce mal les r et les l.» On lui coupa les filets à 21 ans. Peu porté vers les femmes, il fut gourmand comme son aïeul. Dans sa prison, il se tua par excès du manger. Il se mit à un régime composé de pâté de perdrix, de croûte de pâtés, de mets épicés, avec de 1a glace pour boisson. Ces excès de table commencèrent d’ailleurs de très-bonne heure. « Il mange tant et avec tant d’avidité que ce n’est pas àdirc,écrit l’ambassadeur impérial, et à peine il a fini qu’il est prêt à recommencer. »
Si l’on fait remarquer maintenant que, dans le rapprochement qui précède, nous avons omis les traits de violence de Don Carlos, nous répondrons que ceux-là mêmes, nous inclinons à les considérer comme héréditaires. Tout jeune, il mordait et mangeait le sein de sa nourrice; il y en eut jusqu’à trois à qui il fit des morsures telles qu’elles manquèrent mourir. Sa courte vie est pleine de- traits cruels : il bat ses gens, fait manger une paire de bottes à un cordonnier malhabile, veut brûler une maison parce qu’une goutte d’eau lui est tombée sur la tête. Plus tard, dans sa prison, il couvrait d’une marc d’eau le plancher de sa chambre, s’y promenait une partie du jour nupieds, à peine vêtu, sur le parquet glacé. Il se faisait la nuit apporter plusieurs fois de suite dans son lit une bassinoire remplie de glace et de neige, qu’il y gardait durant des heures. (Prescott, VII, 2.)
Tous CCS actes et beaucoup d’autres sont d’un caractère dérangé. Et si l’on veut bien se rappeler que Charles-Quint eut
< Prcscolt. Ilégne de Philippe II, tom. 1, cli. ix. - Uaiis Gaeliard et Prcscolt, tom. IV.
l’hérédité de la volonté.
pour mère Jeanne la Folle reine de Castille, on verra dans les traits de folie de Don Carlos de nouvelles preuves de l’hérédité en retour. Au reste, cette remarque fut faite dès cette époque par les ambassadeurs vénitiens déjà cités. « Il a souffert pendant trous ans presque sans interruption de la fièvre quarte avec aliénation d’esprit parfois : accident d’autant plus notable chez lui, qu’il paraît en avoir hérité de son grand-père et de sa bisaïeule. »
CoNDÉ. Nous parlerons de la famille des Condés en traitant la question des Lois.
Colbert, Jean-Baptiste. Ce célèbre ministre a eu dans sa famille plusieurs membres distingués.
Son frère, Charles, Jhomme d’État et diplomate.
Son fils, Jean-Baptiste, commande l’expédition contre Gênes en 1G84.
Son autre fils, Jacques, archevêque, membre de l’Académie française.
Un neveu, fils de Charles, diplomate.
CoBNÉLiA (la gens Cornelia). Cette famille, que nous verrons reparaître sous le litre des Scipions, a compté depuis P. Cornélius Scipion, maître de la cavalerie en 396, jusqu’à Scipion Nasica, mort sans postérité (en 56), 19 consuls, 1 dictateur, 2 tribuns (les Gracques),' 2 questeurs, 1 édile, 1 censeur, 2 maîtres de la cavalerie. A cette famille se rattache le fameux Sylla.
Cromwell. La descendance directe est médiocre, mais on peut le rapprocher de deux collatéraux, le patriote Hampden, {ils d’un oncle, et le poète Edmond Waller, neveu d’Hampden.
' D'après des travaux récents, la scquestralion de Jeanne aurait été due en grande partie à des raisons politiques ; mais on n'en admet pas moins que si sa folie a été exagérée, elle eut au moins une humeur fantasque, une sensibilité maladive. Elle était sujette à s d'alTreuses hallucinations, n V. Hillebrand, Revue des Deux- Mondes, 1866, 1" juin. Malade, tremblaut de la fièvre et noué par la goutte, il (Charles-Quint) n'en ira pas moins traînant ses os d'un p6le à l'autre, inquiétant la terre entière de son inquiétude, jusqu’à ce qu’une maladie de la fortune qui le ballotte, un vigoureux coup de raquette, comme elle en donne dans sea jeux, relance cetbomme si sage, au couvent de Saint Just, à la mélancolie de Jeanne la Folle et de Charles le Téméraire. Michelet, Histoire de France, t. Vll.
Disraeli, Benjamin, romancier, premier ministre d’Angleterre en 1868.
Son père, Isaac, auteur des « Curîosities of littérature. »
Flavia (la gens Flavia) a eu pour principaux représentants Vespasien, Titus, Domitien. L’avarice de Vespasien était héréditaire. « La souche de la famille fut un Cisalpin, nommé Petro, centurion sous Pompée, qui s’appela plus tard Titus-Flavius Petronius et se fit commis de banque. — Son fils, Flavius Sabinus, percepteur du quarantième en Asie, exerça ensuite le métier d’usurier chez les. Helvètes. — Un de ses fils est Vespasien, proconsul en Afrique. Il achetait, vendait et revendait des chevaux et des mulets, ce qui lui valut le surnom de maquignon.'»
Fox, Charles, le rival de Pitt.
Son grand-père, homme d’État.
Son père, créé lord Holland, secrétaire^ de la guerre.
Son frère, Stephen, homme d’État et leader.
Plusieurs neveux, hommes d’Étal, écrivains, généraux.
Gbenville, Georges, premier ministre en 1763. Gallon compte douze membres remarquables dans sa famille.
Guise, François, duc de.
Son frère, Charles, cardinal de Lorraine.
Son füs, Henri, tué aux États de Blois.
Son /îls, le cardinal, tué en même temps que le précédent.
Son petit-fils, Charles, qui, avec son oncle, le duc de Mayenne, combattit contre Henri IV.
Son arrièropetit-fils conspira contre le cardinal de Richelieu.
Lamoignon, Famille de magistrats célèbres, « une de ces familles où l’on ne semble naître que pour exercer la justice et la charité, où la vertu se communique avec le sang, s’entretient par les conseils, s’exalte par les grands exemples. » (Fléchier.) Charles de Lamoignon, né en 1514, devait succéder au chancelier de l’Hôpital, quand il mourut en 1572. Il eut vingt enfants, dont Pierre, enfant prodige, qui mourut prématurément, et Chrétien, président à mortier. — Chrétien eut pour fils Guillaume de Lamoignon, le premier président du parlement, le
l’hérédité de la volonté.
plus célèbre de la famille, dont Fléchier a fait l’oraison funèbre. — Son fils, Chrétien-François, président à mortier, lié avec Boileau, Racine, etc. — Son frère, Nicolas, fut intendant à Montauban, Pau, Poitiers, Montpellier; niélé aux Dragonnades, mais déploya beaucoup de talent. — Guillaume, fils de Chrétien- François, premier président, exilé par Maupeou. — Chrétien- François II, arrière-petit-fils de l’ami de. Boileau, chancelier en 1787. — Malesherbes était de cette famille.
Médicis. Nous donnons leur généalogie abrégée. Cette famille est d’origine bourgeoise; au xiv* siècle, Silveslro est gonfalonier ou chef de la république florentine.
SlLVESTRO.
Cosme
(Le Père de la Patrie).
Pierre 1".
Laurent I" (le Magnifique).
Pierre II. Jean (Léon X).
Laurent II.
Catherine (de Médicis).
Laurent.
Jean de Médicis (Le Grand Diable).
Cosme (1" grand-duc).
François I".
Marie de Médicis.
Sur les rapports qui existent entre les Médicis et nos trois rois, François II, Charles IX et Henri III, voir Michelet, Kisloire de France, tome IX. Il entre dans des détails physiologiques fort crus.
Mirabeau. Au jugement de son père, l’Ami des hommes, il avait « toutes les qualités viles de sa souche maternelle. »
« Les correspondances du père et de l’oncle du grand tribun, et la notice sur son grand-père, ont révélé une race à part, des caractères d’une originalité grandiose et haute, d’où notre Mirabeau n’a eu qu’ù descendre pour se répandre ensuite, pour se précipiter, comme il l’a fait, et se distribuer à tous, tellement
LES FAITS
qu’on peut dire qu’il a été l’enfant per(lu, l’enfant prodigue et sublime de sa race. » (Sainte-Beuve.)
Peel, sir Robert, trois fois premier ministre.
Son père fonda la fortune de la famille, grand manufacturier.
Deux frères, trois fils remarquables, hautes fonctions judiciaires ou administratives.
PiTT, William, crdé comte de Chatham, premier ministre en 17CG; épousa une Grenville. (V. cette famille.) ,
Son fils, William, premier ministre à 25 ans, le célèbre rival de Fox.
Sa petite-fille, lady Esther Stanhope, la Sibylle du Liban. Nous y reviendrons en traitant des lois.
Richelieu, Armand du Plessis, cardinal, duc de.
Son père, François, grand prévôt de France, quelque talent diplomatique.
hc petit-fils de son frère Henri, le duc de Richelieu, l’une des plus curieuses personnifications du xviii” siècle, qui eut pour fils le célèbre duc de Fronsac, et po\iv petit-fiis le duc de Richelieu, ministre de Louis XVIII.
Sheripan, l’un des meilleurs auteurs dramatiques de l’Angleterre. a Le nom de Sheridan, dit Galton, est particulièrement associé à l’idée de qualités brillantes, séduisantes, mais qui n’aboutissent jamais. » Bons compagnons, causeurs charmants, prodigues désordonnés. Ces qualités se trouvent plus ou moins chez tous les membres de cette famille. .
Son père, auteur d’un dictionnaire, directeur du théâtre de Drury-Lane.
Son grand-père, corresponddnt et ami de Swift.
Son fils, un Sheridan, a ail over. »
Ssi petite-fille, Caroline (miss Norton), poète, romancier.
Temple, Henry, plus connu sous le nom de lord Palmerston. Plusieurs membres remarquables dans sa famille, entre autres son arrière-grand-oncle. Temple (William), écrivain et homme d’État.
Théodose, empereur romain. Dans sa famille, le talent et la vigueur semblent s’être transmis surtout aux femmes.
l’uékédjté de la volonté.
IM
Le comte Théodose.
Théodose le Grand.
Arcadius. Honorius. Pulchérie. Placidie.
Pulchéric. Théodose II.
Walpole, sir Robert, premier ministre en 1721-42.
Son père, sir Edward, membre distingué du parlement sous Charles II.
Son frère, Horace, diplomate de grand mérite.
Deux fils, Edward, administrateur; Horace, littérateur. Byron, dans ses lettres, le qualifie d’incomparable.
WiTT. Jean de Witl et son frère Cornélius de Witt.