‹ L'hérédité étude psychologiqueChapitre 25 sur 63 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

Blanc.

Noir.

Blanc + Nègre.

Mulâtre . . .

blanc.

Tierceron . .

Mul&tre + . .

nègre.

Griiïo ....

blanc.

Quarteron. .

Tierceron + •

nègre.

blanc.

Quinteron. .

IG

Quarteron -f.

nègre.

IS

IG

IG

Dans la réalité, le métissage est loin de se produire avec cette régularité mathématique. Sans parler des cas assez fréquents où l’union du blanc avec le nègre donne soit un enfant tout noir, soit un enfant tout blanc, chez les

LES LOIS

métis il y a toujours prépondérance de Tun des deux parents.Burmeister.l’undeshommesquiontleplusobservé les mulâtres dans l’Amérique du Sud et dans les îles du Mexique, nie que le mulâtre soit exactement moyen entre ses parents. Dans l’immense majorité des cas, ses caractères sont empruntés aux deux races, mais il y a toujours prédominance de l’une d’elles, qui est ordinairement la race nègre. Pruner-Bey , qui a beaucoup étudié les mulâtres «n Égypte et en Ara bie, porte le même jugement. Il signale une prédominance marquée du type nègre; elle se trahit par une chevelure habituellement frisée et laineuse, par la forme générale et les dimensions du crâne, par un front ordinairement bas et légèrement fuyant, par la conformation des pieds, et par un prognatisme qui ne disparaît presque jamais à la première génération.

Nous pouvons résumer tout ce qui précède en disant : Dans les cas d’hérédité directe, l’enfant tient de son père et de sa mère.

11 y a toujours prépondérance de l’un des deux.

On se demandera peut-être si, après avoir traité la question à un point de vue surtout physiologique, nous ne devrions pas la reprendre au point de vue psychologique, et chercher dans l’histoire des faits à l’appui de cette première forme d’hérédité directe, c’est-à-dire des personnages tenant à la fois de leim père et de leur mère. Peut-être le pourrait-on ? On pourrait dire qu’ Alexandre ressembla à Philippe par certains côtés, à Olympias par certains autres. Néron fut le digne fils d’Agrippine ; mais il ne faut pas oublier que son père Domitius Œnobarbus était célèbre par sa cruauté : il fit mourir un de ses affranchis, parce qu’il refusait de boire avec excès, il écrasa volontairement un enfant sur la voie Appienne et il di-

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sait : «D’Agrippine et de moi il ne saurait rien naître que d’exécrable. » Michelet trouve que la reine Élisabeth tint à la fois d’Henri VIII et d’Anne de Boleyn. Suivant le même historien, le duc de Vendôme ressemblait surtout à sa mère Gabrjelle d’Estrées ; mais chez lui, « le regard loustic rappelle aussi le côté gascon et le grand farceur béarnais. » (Henri IV.) Schopenhauer, qui interprète la question de l’hérédité d’après son système métaphysique, prétend que ce qu’il y a dans l’être de fondamental et de premier, le caractère, les passions et les tendances sont un héritage du père; l’intelligence, faculté secondaire et dérivée, procède essentiellement de la mère. Il se flattait de trouver une confirmation irrécusable de cette doctrine dans sa propre personne. Spirituel et subtil comme sa mère, qui avait des goûts littéraires et vivait à Weimar dans le cercle de Goethe, il était comme son père ombrageux, obstiné, peu maniable, il avait « des mines renfrognées et des jugements bizarres »

Il ne serait pas bien difficile de multiplier les exemples, mais ce travail serait totalement inutile ; .car, ce que nous cherchons ici, ce n’est pas si l’enfant tient à la fois de son père et de sa mère, ce qui n’est pas douteux, mais s’il y a des cas où il tient également des deux. Si ce cas se rencontre, il nous est impossible de le faire voir, au moral surtout. Il faudrait pour cela des procédés de mesure exacts et il n’y en pas ; il faudrait pouvoir opérer sur des quantités et non sur des qualités. Ces exemples et tous les autres que nous pourrions entasser, ne prouveraient probablement qu’une chose, c’est qu’il y a toujours une prépondérance plus ou moins marquée de l’un des deux pa-

* Schopenhaner. Die Welt ale und Vorstellung, 1. 1, S ^3; t. II, liv. IT, chap. 43.

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rents. Il y a des cas où l’action prépondérante du père et de la mère a lieu d’une façon bizarre ; chaqne parent semble avoir fait élection d’un organe particulier. Le père peut transmettreà l’enfant lecerveau et la mère l’estomac, l’un le cœur, l’autre le foie, l’un l’intestin, l’autre le pancréas, l’un les reins, l’autre la vessie. Ces faits ont été établis par l’anatomie animale et humaine. Ils donnent la raison organique de cet entrelacement quelquefois si bizarre des instincts, des prédispositions morbides ou passionnelles des deux auteurs dans l’enfant.

Quelquefois aussi l’un des parents donne complètement le physique et l’autre complètement le moral. L’exemple le plus curieux et le plus incontestable est celui de Lislet- Geoffroy, ingénieur à l’Ile de France. 11 était fils d’un blanc et d’une négresse très-bornée. Au physique, il était nègre autant que sa mère par les traits, la couleur la chevelure et par l’odeur propre à sa race. Au moral, il était si bien un blanc, sous le rapport du développement intellectuel, qu’il avait réussi à vaincre les préjugés du sang si puissants aux colonies, è être reçu dans les maisons les plus aristocratiques. A sa mort, il était membre correspondant de l’Académie des sciences.

Nous sommes ainsi amené à examiner les cas d’hérédité unilatérale, en entendant ce mot dans un sens restreint, comme nous l’avons dit.

Toutes les fois donc que les conditions du mélange manquent, la règle c’est la prépondérance de l’undes deux auteurs. Quand on étudie empiriquement les lois de l’hé-

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redite, on voit que ce cas est le plus fréquent de beaucoup. Le langage ordinaire traduit cette expérience de tous les jours dans ces phrases si connues : Comme cet enfant rappelle son père ! ou : Cet enfant est le vivant portrait de sa mère. Mais l’expérience nous apprend aussi que cette prépondérance a lieu de deux manières : elle est tantôt directe, tantôt croisée.

Tantôt la prépondérance est celle d’un sexe sur le sexe de même nom ; alors le fils ressemble au père et la fille à la mère.

Tantôt la prépondérance est celle d’un sexe sur le sexe de nom contraire; alors la fille ressemble au père et le fils à la mère.

Nous commencerons par examiner ce dernier cas.

Quand on s’en tient à une étude empirique de l’hérédité, c’est-à-dire aux faits et aux généralisations immédiates qui en résultent, la formule la plus générale qu’on rencontre, celle qui contient le plus grand nombre de faits et souffre le moins d’exceptions, parait être celle-ci ; L’hérédité va d’un sexe au sexe de nom contraire. Cette assertion peut au premier abord sembler bizarre et même en désaccord complet avec ce qui a été dit plus haut : Le semblable produit le semblable. Nous essayerons plus loin de l’expliquer. Peut-être la trouvera-t-on moins difficile à comprendre, si l’on suit l’hérédité pendant plusieurs générations ; alors on la verra passer du grand-père à la mère, puis de la mère au fils, ou de la grand’mère au père, puis du père à la fille. Elle revient ainsi à son point de départ.

Sans insister maintenant sur ce point, nous ferons remarquer que la thèse de l’hérédité croisée a été admise par un grand nombre d’illustres physiologistes, Haller,

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