‹ L'hérédité étude psychologiqueChapitre 26 sur 63 · I-ES LOIS · texte numérisé non relu

I-ES LOIS

Burdach, Giroa deBuzareingues, Riclierand. a C’est là, dit ce dernier, ce qui explique pourquoi tant de grands hommes ont eu des fils médiocres. » Michelet croit pouvoir aflirmer hautement l’hérédité croisée au nom de l’histoire, a Nul roi (il s’agit de Louis XVI) ne montra mieux une loi de l’histoire qui a bien peu d’exceptions. Le roi c’est l’étranger. Tout fils tient de sa mère. Le roi est le fils de l’étrangère et en afiportc le sang. La succession. presque toujours a l’effet d’une invasion. Les preuves en sont innombrables. Catherine, IMarie de Médicis nous donnèrent de purs Italiens; LaFarnèse de même dans Charles III d’Espagne ; Louis XVI fut un vrai roi Saxon et plus allemand que l’Allemagne ' . »

Le D’ P. Lucas, sans adopter explicitement cette loi n’y répugne pas.

Voyons donc les faits à l’appui. Nous les empruntons à trois sources : les croisements de race, les maladies mentales et l’histoire.

1° Au point de vue physiologique, les cas d’hérédité croisée sont très-nombreux dans l’état normal, c’est-àdire quand les parents sont sains et bien constitués. Quand l’un deux présente quelque anomalie ou difformité, l’interversion est encore plus facile à suivre. Généralement on voit la gibbosité, la claudication, le rachitisme, le sexdigitisme, la surdi-mutité, la microphthalmie, bref toutes les imperfections organiques passer du père aux filles, de la mère au fils *.

Au point de vue psychologique, Gall cite l’exemple curieux de deux jumeaux de sexe contraire ; le garçon

• Bittoire de France, fom. xvii*.

3 Od trouvera un grand nombre d’obaervationa à cet égard dana Girou ; De la génération, 276 il 284.

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ressemblait à la mère, femme très-bornée, la fille au père, homme plein de talent.

Ce fait est manifeste dans le métissage. Quand on croise un chien et une louve, il arrive d’ordinaire que les mâles héritent du naturel du loup, les femelles, du naturel du chien. Il semble même que le croisement a lieu plus sûrement au moral qu’au physique, comme on va le voir. Buffon, après avoir vainement essayé de croiser un chien et une louve, y renonça. Le hasard amena ailleurs ce que l’art n’avait pu faire. La louve mit bas deux petits, l’un mîde, qui ressemblait physiquement au chien, mais dont le caractère était féroce et sauvage ; l’autre femelle, qui ressemblait physiquement à la louve, mais qui était douce, familière, caressante jusqu’à l’importunité. De l’aecouplement d’un bouc et d’une chienne de chasse, naquirent des petits dont les uns ressemblaient au boue, d’autres à la chienne : ceux-ci avaient toutes les habitudes du père.

« Un chat sauvage allié a une chatte domestique, dit Girou, m’a donné deux chats qui ressemblaient à la mère, étaient doux et familiers comme elle; et une chatte qui ressemblait au père était sauvage comme lui, et bien plus rusée que ses frères. »

Le même auteur rappelle que les chasseurs ont adopté le proverbe : a Chien de chienne et chienne de chien, » pour exprimer qu’on retrouve les qualités de la mère dans le fils et celles du père dans la fille.

Les Arabes, qui sont si préoccupés de la généalogie de leurs chevaux, professent une préférence marquée pour une noble extraction du côté des femelles, sur une noble extraction du côté paternel. '

Chez l’homme on peut citer également des faits décisifs.

LES LOIS

K P... avait l’habitude, ditGirou, de se coucher sur le dos et de croiser la jambe droite sur la gauche. Une de ses filles a apporté en naissant la même habitude; elle prenait constamment cette même position dans son berceau, malgré la résistance des langes.

a Je connais plusieurs filles qui ressemblent à leur père et qui en ont reçu des habitudes propres et extraordinaires, qu’on ne peut rapporter ni à l’imitation ni à l’éducation, et des garçons qui ont depuis leur naissance des rapports très-prononcés de ressemblance, soit physique, soit morale, avec leur mère ; mais les bienséances n’empêchent d’entrer dans aucun détail là-dessus.

a Je ferai observer ici que la ressemblance extérieure et morale du fils avec la mère, est bien moins fréquente et moins parfaite que celle de la fille avec le père. »

2“ Lesmaladies mentales fournissent aussi un bon nombre défaits en faveur de l’hérédité croisée. Ils se trouvent épars dansles divers écrits des aliénistes. Baillarger, dans ses Recherches sur l’anatomie, la physiologie et la pathologie du systèmenerveux, a essayé un travail d’ensemble. Sur 571 cas observés, il en trouve 246 d’hérédité croisée et 325 d’hérédité non croisée. Le résultat, on le voit, n’est pas favorable à la thèse, qui considère l’hérédité croisée comme le cas le plus fréquent. L’auteur n’a pas manqué de tirer cette conclusion. Nous l’examinerons plus loin.

3" Il ne nous reste plus qu’à citer quelques faits empruntés à l’histoire. Nous nous en tiendrons aux personnages très-connus, et nous avons soigneusement éliminé tous les cas où la transmission héréditaire nous a paru discutable. .

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