FeurAîar {VEiriéàié sypkiliHgme) éome in oUaroB
vants, recueillis dans jsa «Ûeotèle jde ville : chez i)jû femmen coDtagionnées par leur mari, derenues enceintes dans la prem^re asnée de l'infection, les 90 grossesses se sont terminéei de iA k/S9» suivante ;
■90 pas avortement ou expulsion d'enfant mort; 3B par nalB^ sance d'enfants qui sont morts peu après la naissance ; 2 enfants 8«deneiit ont survécu.
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exceptions à cette règle sont toat à fait rares. On peut conclure qu'ils sont atteints de syphilis atténuée demeurée latente, et la recherche de la séroréaction le démontre dans un certain nombre de cas.
Mlle Sabin {loc. cit.) a fait cette recherche chez 23 mères syphilitiques et chez leurs enfants nouveaunés paraissant indemnes de syphilis ; dans la grande majorité des cas, la réaction a été positive chez l'enfant comme chez la mère, montrant que la prétendue immunité de l'enfant résulte d'une infection latente; souvent elle a été positive d'emblée; dans quelques cas elle a été d'abord négative et est devenue positive au bout de quelques semaines. Exceptionnels sont les cas où la réaction était encore négative après plusieurs mois.
4® La grosMesse survient quand la syphilis maternelle a dépassé la période secondaire.
Quand la syphilis maternelle a dépassé la période secondaire, c'est-à-dire la période des accidents contagieux et transmissibles, on pourrait croire que la syphilis ne pouvant plus se transmettre par contact sexuel a aussi perdu toute virulence au point de vue de sa transmission à l'enfant par voie placentaire. Il n'en est rien. En voici quelques exemples que j'emprunte au livre de Fournier sur l'hérédité syphilitique.
« Une dame de ma clientèle a été infectée par son mari. Elle est devenue enceinte dix fois. Or, de ces dix grossesses, les neuf premières se sont terminées par des avortements survenant du deuxième auseptième mois, et la dernière a abouti à la naissance d'un enfant syphilitique que j'ai vu affecté de gommes multiples. Et, cependant, lors de la con^
ception de ce dernier enfant, la syphilis de la mère remontait à 16 ans »•
Porak a observé un fait à peu près semblable : une jeune femme contracte la syphilis^ à 17 ans. Devenue veuve, elle se remarie à 20 ans avec un homme sain. 11 grossesses surviennent en 15 ans et se terminent, les 10 premières par avortement, et la 11* par la naissance à terme d'un enfant qui, dès le second jour, présente une éruption papuleuse syphilitique, puis du pemphigus syphilitique et meurt rapidement»
Toutefois, il ne faut pas exagérer la fréquence de r « hérédité syphilitique à long terme »pour employer l'expression dont se servait Fournier. En relevant, en 1891, les cas qu'il avait pu observer dans sa carrière si bien remplie de syphiligraphe, Fournier relève seulement 20 cas d'infection syphilitique de Tenfant au delà de la 5*" année, ainsi répartis : 8 la 6« année, S* la 7% 1 la 8% 1 la 9% 2 la 10% 1 la 11% 2 la 15% 1 la 16% 1 la 19\ Weil et Hénoch ont cité chacun un cas où l'infection de la mère remonterait à 20 ans.
Ces faits très rares de transmission de la syphilis en nature de la mère à l'enfant à la période tertiaire doivent être rapprochés de ceux de transmission de la madadie par voie sexuelle au cours de la période tertiaire, mais ils sont moins exceptionnels que ces derniers. Il semble que la transmissibilité de Tinfection syphilitique va s'atténuant avec le temps. Par la voie du contact entre muqueuses, qui est le mode de contagion habituel au cours des rapports sexuels, le contact est assez peu prolongé, assez peu intime pour que^la contamination devienne rare dès
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la 4* année, exceptiMD«Il6 aprds la 6* année. Paf voie placentaire, le contact est autrement iMiftie puisque tissus maternels et tissus' fœtaut sont eiithevètrés dans le placenta et il se prolonge pMihint tonte la durée de la grossesse. Aussi, «Migré l'atténuation de la transmisstbilité, r4fifectîon en fcBtns rei^e possible jufqu'è la 6* année et ne détient exceptionnelle ^u'an delà de la 12* année. Ajoutons que l'organisme foetal est plus sensible à la «généra- Ksation de llnfection ^e reTgaftisme ndulte. On comprend donc facilement, sans iurfif9f&er aawne explication extraordinaire, que la syphilis Tente plus longtemps contagiense de la mère & Penfent qu'elle porte dans «on eein, que de cette même femme aux autres personnes. Il n'y a rien là de mystérieux; cette difféirence est due senlement à la différence dans le mode même de la oentagiob.
Influence du traitement. — Nous avons jus<fli'& présent considéré la maladie et sa transmisÂon héréditaire telles qu'elles évoluent naturellement. Heureusement, cette évolution est dans la majorité des cas très heureusement modifiée par l'action du • médecin. Grâce au traitement antisypbilitique, qi^and ce traitement est régulièrement suivi et ^x>nvena^ blement réglé, lee accidents contagieux iBont d^s les premiers mois moins fréquents et moins {>ersifi^tante ; an cours des d^i ou trois premières ahnées, nn traitement bien suivi évite dans bon nombre de cas les retours d'accidents secondaires. Toutefois, la majorité des syphiligraphes sont d'accord pour penser que, quelle qu'ait été la bénignité apparente de la syphilis et qnéique rigoureux qn'aât été le trai-
IléRÉDITÉ INFECTIEUSE, SYPHILIS 141)
tcmeat, il serait imprudent de compter qiie la contagiosilé de la maladie soit éteinte avant la On de la quatrième anné#, et ils n'autorisent pas un syphilitique è, contracter mariage avant l'échéanee de ce termO' Cette règle n'a pas été modifiée par Tintro^ duction dans la thérapeutique antisyphilitique des arsenicaux organiques ; arséno-benzol^ gftlyl» etc. Ils ont sur le mercurel'avantage de faire disparaître plua rapidement les accidents secondaires en cours, mais ne mettent pas plus que lui À l'abri certain de leur récidive éventuelle. Pour ce qui est de la contogiosiié par voie placentaire^ nous savons qu'elle est partiottUèrement persistante. Toutefois le traitement a aussi sur elle une action des plus heureuses» On ne compte pas les faits dans lesquels des grosaessies successives ches des femmes syphilitiques ont donné naissance alternativement à des entants gravement atteints de syphilis ou à des enfants indemnes du mal selon que la mère s'est soumise pendant la grossesse à un traitement convenablement dirigé ou selon qu'elle a négligé de voir le médecin et de suivre rigoureusement ses conseils. Même quand la syphilis maternelle a été traitée convenablement quatre années durant, et, quand les dernières années se sont passées sans retour d'accî« dents, il faudrait se garder de croire que la contagiosité par voie placentaire soit éteinte. Elle est beaucoup plus persistante que l'autre, nous l'avons vu, et il seta prudent, chez tonte ancienne syphilitique devenant enceinte, d'instituer, dès que la grossesse sera découverte, un traitement antisyphî^ litique, et de le renouveler à plusieurs reprises au cours de la grossesse. C'est alors seulement qu'on a
mis de son côté toutes les chances pour que Tenfaot naisse en état de santé.
Voici du reste une statistique recueillie par Fournier dans sa clientèle. La mortalité par syphilis héréditaire a été de 82 sur 100 grossesses quand le traitement a été nul, de 85 sur 100 grossesses quand le traitement a été court, c'est-à-dire ne dépassalit pas quelques mois, de 36 sur 100 grossesses quand le traitement a été moyen, c'est-à-dire ayant duré plus d'une année, enfin la mortalité a été nulle quand le traitemcmt a été prolongé. Donc, sous la double influence du temps et du traitement, la syphilis atténue suffisamment ses conséquences fâcheuses pour que la femme atteinte de syphilis puisse procréer des sujets sinon normaux complètement, du moins exempts de syphilis virulente, de syphilis transmise en nature ; ils ne portent pas en eux le microorganisme de la syphilis ; ils peuvent néanmoins être tarés d'une façon autre que nous allons étudier maintenant.
^ B« — Hérédodystrophies parasjrphilitiqnes.
La nocivité de la syphilis pour la descendance ne s'exerce pas uniquement par la transmission et l'action de présence du microbe. La syphilis n'est pas seulement une maladie infectante; elle est à un haut degré une maladie intoxiquante; le microorganisme de la syphilis fabrique des toxines, et l'organisme humain infecté par lui réagit par production d'autres substances solubles anormales. Les unes et les autres sont susceptibles de traverser le
placenta, et le produit de la conception est intoxiqué au même titre que l'organisme maternel. Toutefois rintoxication par la voie placentaire n'est pas celle qui joue le rôle principal. La preuve en est que rhérédité toxique produit des effets nuisibles évidents, même quand elle est uniquement paternelle. Un ancien syphilitique, ayant passé la période contagieuse, et marié à une femme qu'il ne <;ontaminera pas, engendrera des enfants susceptibles de présenter des tares diverses (anomalies de conformation, troubles de fonctionnement physiologique ou psychologique, irrégularités de développement), identiques à celles qu'on peut observer dans l'hérédité mixte ou dans l'hérédité uniquement maternelle. C'est la preuve que l'intoxication par. voie placentaire est peu de chose relativement à l'intoxication des cellules sexuelles. Chez l'être humain infecté de syphilis, les tissus sont plus ou moins modifiés dans leur fonctionnement et dans leur structure du fait de l'adultération du milieu sanguin par les toxines. Les tissus des glandes génitales, testicule chez Thomme, ovaire chez la femme, subissent cette adultération d'autant plus facilement qu'ils sont en constante prolifération et en constante croissance pour la production des éléments sexuels : spermatozoïdes dans le testicule, ovules dans l'ovaire. Les cellules-mères de ces éléments sont intoxiquées ; les spermatozoïdes et ovules qui en naissent sont par suite eux-mêmes modifiés; les êtres qui proviendront d'eux présenteront en conséquence des anomalies de conformation ou de fonctionnement qui les écarteront plus ou moins du type normal du genre humain ; ces êtres seront ce
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qu^on appelle des dégénérés. Ils ne sont pas syphilitiques puisqu'ils n'hébergent pas le microbe de la syphilis, et ils ne peuTent en aucune façon tianamettre la maladie. Mais les anomalies qu'ils présentent sont d'origine STphilitique, sans Mre de nature .syphilitique; c'est ce qu'on exprime d'un seul mot en disant qu'elles sont parasyphiliiiqueê.
Prédsans la valeur des termes lésions syi^iiUtiqnes, lésions mélasyphili tiques , lésions parasyphiliUques : un indiTidu est atteint de syphilis : il présente un chancre, puis des plaques muqueuses, ultérieurement des gommes sous-*cutané6s, etc.; Toità des lésions syphilitiques ; elles sont guérissables par le traitement mercuriel, ce qui prouye qu'elles lont bien de la syphilis en nature*
iiais le chancre laisse sur la verge une cicatrice pigmentée; certaines plaques muqueuses ûssuraires des orifices naturels peuvent laisser des cieatriceis rayonnées autour de ces orifices; certaines altérations cutanées ne se cicatrisent qu'en laissant des traces permstantes sous forme de pigmentations, telle la syphilide pigmentaire. du cou. De telles lésions ne guérissent plus par le traitement mercuriel; elles sont la conséquence, le reliquat, la séquelle de lésions syphilitiques, elles ne sont plus de nature syphilitique ; on les appelle lésions mitasyphilitiques.
Les lésions parasyphilitiques ne sont ni de la syphilis en nature comme les lésions syphilitiques, ni un reliquat de ces mêmes lésions comme les lésions métasyphilitiqnes; ce sont des lésions qui se développent comme conséquence lointaine de la syphilis et sans rapport direct avec des localisations
HÉRÉDITÉ INFECTIEUSE. SYPHILIS iSÔ
syphilitiques. Cest 1^ câs de ttès nonibreii«ei ano- .œaliea de dé?eloppemeitt chez les enfaoU de sypbn litiques. On les eonnaii sous le oam i^hérédoé^tropiiûi parasyphilitiques.
Le summum de Thérédodystrophie perasypbili* tique, c'est le trouble total du déTeloppemeut tel que le produit de la couception ue peut aboutir & devenir un ôtre Tiable, et meurt dans le ftein maternel. Celte mort du fœtus, nous TaTons vu, est souvent le fait de la syphilis fœtale en nature. Très souvent, le fœtus mort in utero fourmille de trépo^ nèmea. Il est néanmoins certain que dea anomalies de développement paraayphilitiques, des monstruo* sites fœtales uniquement tératologiqaes, peuvent aboutir au même résultat. Dans, les premières années de la syphilis, quand un fœtus meurt in utefOf on peut être i peu près certain qu'il suc* combe à la syphilis en nature; mais aune période avancée de la syphilis, les fausses couches par mort prématuré du fœtus sont encore fréquentes, et il faudrait se garder de croire que toutes témoignent d'une transmission au fœtus du tréponème en nature. C'est pourquoi, quand on envisage la question de la dorée extrême de la transmissibilité héréditaire de la syphilis, il faut seulement tenir compte' des cas d'hérédosyphilis précoce ou tardive rendue manifeste par des lésions caractéristiques (plaques muqueuses, gommes, etc.), ou encore par la constatation du tréponème, et laisser de côté les cas où l'hérédité syphilitique s'est manifestée uniquement par des fausses couches. Celles-ci peuvent ôtre la aimple conséquence d'hérédodystrophie parasyphilitique.
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D'une façon générale, Thérédodystrophie parasyphilitiqney la dégénérescence d'origine hérédosyphilitique, se manifeste par les mêmes anomalies que les bérédodystrophies toxiques : alcoolisme, saturnisme, etc. Toutefois, tandis que Thérédosaturnisme aboutit surtout à des arrêts de développemOftt in utero et à des fausses coucbes^ tandis que rhérédoalcoolisme frappe surtout le système nerveux et donne lieu à Tidiotie et à Tépilepsie des enfants, rhérédodystrophie parasypbilitique donne lieu surtout à des anomalies morpbologiques variées qui pour la plupart peuvent se voir toutes les fois que le fœtus a souffert dans son développement, mais qui sont particulièrement fréquentes cbez les fils de sypbilitiques.
Passer en revue en les décrivant complètement toutes les altérations bérédosyphilitiques, orlho, meta et para, serait trop long, car, outre les lésions proprement syphilitiques, toutes les anomalies morphologiques et fonctionnelles devraient être examinées. Nous devons nous borner à celles qui par leur fréquence ou leur importance méritent une mention spéciale ; rappelons en particulier le crâne, dit olympien, à région frontale saillante et surélevée, et le crâne natiforme {natesy fesses) à deux ou quatre bosses saillantes séparées par une dépression longitudinale médiane ; les lésions dentaires (dents atrophiées, dents déformées, érosions de Témail, dents à forme en tourne-vis dites dents d*Hutchimon) ; elles sont dues à Tétat de souffrance du jeune enfant au moment de la formation des germes dentaires (trois premiers mois de la vie), c'est pourquoi elles sont bien'plus fréquentes dans la syphilis
que dans toute autre affection, mais une affection grave quelconque au cours des trois premiers mois peut donner le même résultat. Quant au 5* tubercule des molaires, à Técartement anormal des incisives médianes supérieures, à Tabsence des incisives latérales supérieures, ce sont des conformations familiales héréditaires qui n'ont rien à voir avec la syphilis. Signalons encore les infiltrations pigmentaires de la rétine, les ponctuations cornéennes (kératite interstitielle), la sclérose irrégulière du tympan, enfin les déformations osseuses et les reliquats de périostite qui donnent aux os longs la forme en fuseau ou en fourreau de sabre; ces périostites sont de nature hérédosyphilitique.
Avec Fonquernic (Thèse de Bordeaux, 1906, Des^ cendance comparée des alcooliques et des syphiliti" ques)yon peut résumer en quelques mots les différences qui existent entre les enfants d'alcooliques et les descendants de syphilitiques.
Alcoolisme chez les hScendeLUis = Tares psychiques chez les descendants.
Syphilis chez les ascendants = Tares physiques chez les descendants.
Il importe d'ajouter que cette dichotomie n'a rien d'absolu.