‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 1 sur 113 · PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION

Depuis l'époque où la première édition de cet ouvrage fut composée (1871-1872), la question de l'hérédité a pris une importance toujours grandissante et, bien que les travaux contemporains qui s'y rapportent relèvent de la physiologie pour la plupart, les deux formes de l'hérédité — organique et mentale — sont si étroitement liées, qu'il n'y a peut-être aucune recherche des biologistes qui soit sans intérêt pour le psychologue.

Entre toutes les théories récentes, la plus impoi'tante et la plus en vogue est celle de Weismann sur les caractères ac(/zas. « Les quahtés acquises par l'individu peuvent-elles être transmises à sa descendance et fixée en elle par l'hérédité? » Telle est la question dont l'intérêt est encore plus pratique que spéculatif. Il est clair, en effet, que si l'on adopte l'affirmative, la puissance de l'hérédité devient presque égale à une créalion; que si l'on est pour la négative, son rôle se réduit à conserver et qu'elle ne peut plus ni enrichir ni appauvrir.

Dans l'histoire de cette question on peut distinguer deux périodes. L'une qui commence avec Lamarck et qui trouve son expression la plus complète chez les grands évolutionistes de ce siècle, Darwin, Spencer, Haickel et leurs disciples. L'autre qui commence avec Galton (vers 1875) s'affirme dans Wallace et surtout

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Weismann et ses adhérents. Chacune des deux écoles produit des faits et des raisons.

La première s'appuie sur le principe de Lamarck qui en résume l'esprit : « Tout ce que la nature fait acquérir ou perdre aux individus est conservé par l'hérédité. » Platt Bail dans un récent livre ' a ramené à vingt-deux groupes les cas invoqués par les partisans de l'affirmative dont il est d'ailleurs l'adversaire déclaré (atropine des organes inutiles, diminution des mâchoires chez les races civihsées, cécité des crustacés qui habitent les cavernes, myopie des graveurs et des horlogers, habitudes héréditaires, domestication, instincts acquis ou perdus, infériorité des sens chez les Européens, transmission des désordres nerveux et de la fohe, etc.). Je ne puis que renvoyer à son ouvrage pour les détails : mais comme la thèse de la transmission est admise et acceptée explicitement dans tout le cours de cet ouvrage et qii'on y trouvera en abondance des faits à l'appui, il me semble préférable, pour Finstruction du lecteur, d'insister ici sur l'autre aspect de la question, en exposant les raisons et objections des partisans de la négative.

Nul ne conteste qu'une théorie de l'hérédité suppose une connaissance préalable des lois de la fécondation, sous peine de n'être qu'une hypothèse sans valeur. L'avantage de Weismann est de s'appuyer sur les derniers résultats de l'embryologie qu'il interprète à sa manière, pour les réduire à cette proposition fondamentale : Il y a une différence essentielle entre les cellules « germinatives » qui représentent la continuité de l'es-

1. Les effets de l'usage et de la désuétude sont-ils hérédilah^? trad de ranglais par H. de Varisny. Il conclut que celle hypolhcse . n est m nécessaire, ni prouvée, ni probable ».

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