‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 39 sur 113 · Voltaire, Diciionn. philos., art. Caton · texte numérisé non relu

Voltaire, Diciionn. philos., art. Caton

Alexandre le Grand, mort à trente-deux ans, ne laissa qu'un fils poslliume, tué à douze ans.

Sa mère, Olynipias, femme ambitieuse et intrigante. Son père, Philippe, roi de Macédoine.

Son frère (demi-frère) Ptolémée, fils de Philippe par Arsinoé, si du moins on admet cette filiation très contestée. Nous parlerons plus loin de la famille des Ptolémées.

Son petit-neveu (ou arrière-petit-neveu?), Pyrrhus, roi d'Épire, dont la ressemblance avec Alexandre avait été remarquée dès l'antiquité.

On peut rattacher à Alexandre le Grand : Ptolémées (les), famille des Lagides.

Le fondateui" de cette dynastie est Ptolémée Soter, fils de Lagus (d'après d'autres, fils de Philippe et d' Arsinoé). — Trois hommes remarquables dans cette famille : Ptolémée Soter ; son fils, Ptolémée Philadelphe ; son petit-fils, Ptolémée Evergète.

L'abât8 rdissement rapide de cette famille paraît un résultat de l'hérédité, amené par les mariages consanguins. Ptolémée II épousa sa nièce, puis sa sœur ; Ptolémée IV, sa sœur ; Ptolémée VI et Ptolémée YII, tous deux frères, épousent consécutivement la même sœur ; Ptolémée VIII épouse deux de ses sœurs ; Ptolémée XII et Ptolémée XIII épousent leur sœur, la fameuse Cléopâtre.

En passant du monde gréco-oriental au monde romain, signalons la famille carthaginoise des Barca.

Hannibal, le plus grand d'une remarquable famille de généraux.

Son père, Hamilcar Barca.

Ses frères, Hasdi'ubal et Magnon.

Dans l'histoire romaine, les documents sont plus abondants et plus sûrs. Je choisis trois ou quatre exemplesj pour n'insister que sur les Césars.

Cornélia (la gens Cornelia). Cette famille a compté depuis P. Cornélius Scipion, maître de la cavalerie en 396, jusqu'à Scipion

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Nasica, mort sans postérité (en 56), 19 consuls, 1 dictateur, 2 tribuns (les Gracques), 2 questeurs, 1 édile, d censeur, 2 maîtres de k cavalerie- A cette famille se rattache le fameux Sylla.

ScrpioN, P. Cornélius, l'homme de guerre le plus remarquable de la gens Cornélia, dont nous avons déjà parlé.

Son père, battu par Hanuibal.

Son grand-père chassa les Carthaginois de la Corse et de la Sardaigne.

Sa fille, Cornélia, la mère des Gracques.

Antonia (la gens Antonia) a compté au nombre de ses membres les plus remarquables : l'orateur Marc-Antoine, Marc-Antoine le Crétique et Antoine, le rival d'Octave.

Jules César. En se bornant aux parentés immédiates et sans remonter dans la gens Julia, Galton i note, en ce qui concerne César, une remarquable hérédité par les femmes : sa mère Aurélia ; sa fille Julie, qui fut mariée à Pompée ; sa nièce Atia, mère d'Octave Auguste.

Sur les quatre Césars, Tibère, Galiguia, Claude et Néron, il existe une intéressante monographie du C Wiedemeister-, qui les a soigneusement étudiés au point de vue de l'hérédité morbide. Nous allons en donner le résumé.

Tibère, du côté paternel et du côté maternel, descendait de la gens Claudia. L'auteur incline à attribuer aux unions consanguines la dégénérescence de la famille, qui commence nettement avec César. En tout cas , l'arrogance aristocratique de sa race était en lui {vêtus atqiie insiia Claudiœ familiœ siiperbia, disait Auguste). A mesure qu'il avance en âge, la forme morbide de son caractère se dessine de plus en plus, « mélancolie avec délire des persécutions. » Il craint tout, à Rhodes, plus tard à Gaprées; il

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