‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 40 sur 113 · p. IS'i · texte numérisé non relu

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2. Der Càsarenwaknsinn der Julisch-Claudischen Imperatoren-Famiiie. Hanovre, 1873, 306 pages. Ce travail vient d'ûtre repris avec plus de dtU.uls encore par le D' Jacoby dans son livre Sur la sélection et l'iièrédiU chez l homme, 1881.

est poursuivi d'hallucinations de l'ouïe (p. 40). La défaillance finale de son esprit avait frappé même ses contemporains [incerlus animi erat, fluxam senio menlem, prœtrcpidiis erat, etc., etc.).

Galigula était petit-neveu de Tibère. Drusus, frère de Tibère, eut pour fils Germanicus, qui eut d'Agrippine P% entre autres enfants, G. Galigula et Agrippine la Jeune. G'estle premier empereur qui réunisse le sang des Claudii (par son père) et des Jiilii (par sa mère) et par suite la somme de dégénérescence des deux familles. Il était atteint d'épilepsie, et cette maladie amena les désordres mentaux qui en sont la suite. D'ailleurs il avait conscience lui-même de son triste état ^ ; il était tourmenté d'insomnies avec visions terrifiantes.

Glaudk, oncle de Galigula (frère de son père Germanicus), eut une disposition à l'imbécillité, même notoire au jugement des anciens, ce qui nous dispense d'insister.

NÉRON était fils d'Agrippine la Jeune, sœur de Galigula : les dispositions morbides de cette famille nous sont connues. Son père Domitius Ahenobarbus descendait d'une des plus nobles et des plus anciennes familles de Rome, dont Suétone retrace brièvement l'histoire, afin de mieux montrer en quelle mesure Néron est leur héritier 2. Son père lui disait : Si tu tiens de moi et de ta mère, tu es né pour la perte du genre humain. M. Wiedemeister trouve en lui les symptômes d'une « manie périodique », dont il fut pris à tr"ois reprises (p. 233 et 237). Quoi qu'on puisse penser de ce diagnostic, il est clair pour tous que Néron donna des signes non équivoques de foHe.

1 Mentis valetudinem et ipse senserat ac subinde de secessu dcgue purgando cerebro cogilavit. (Suétone, Caligula, ch. 50.) La lecture de ce chapitre est très instructive. . .

2. Ouo facilius appareat ita dégénérasse a suorum vtrhdi'jus Ae>o et tamen vitia cujusque, quasi tradita et ingenila, rctulerU. (iNuRO, \.)

l'hérédité dans l'histoire 109 La conclusion de l'auteur dont nous venons de résumer le travail mérite d'être citée : « Avec Néron finit la famille Julia-Claudia ; la tige ne porta plus de fruits, elle était flétrie. Ses représentants contractèrent de nombreux ma riages : César quatre fois, Auguste trois fois, Tibère deux fois, Galigula trois fois, et Néron six fois. De nombreux enfants naquirent de ces mariages. Mais, par l'effet d'une consanguinité exagérée, ces enfants naissaient impropres physiquement et moralement à vivre ou à se perpétuer. Ils mouraient prématurément, grâce à leur faiblesse physique, ou à leur perversité d'esprit, ou à leurs hostilités réciproques, ou de toute autre manière non naturelle. C'est ainsi que les Césars disparurent de la scène de l'histoire pour le bonheur du genre humain \ »

Avant de quitter l'histoire romaine, signalons encore quelques exemples.

Flavja (la gens Fiavia) a eu pour principaux représentants Vespasien, Titus, Domiticn. L'avarice de Vespasien était liéréditaire. « La souche de la famille fut un Cisalpin, nommé Petro, centurion sous Pompée, qui s'appela plus tard Titus-Flavius Petronius et se fit commis de banque. — Son fils, Flavius Sabinus, percepteur du quarantième en Asie, exerça ensuite le métier d'usurier chez les Helvètes. — Un de ses fils est Vespasien, proconsul en Afrique. Il achetait, vendait et revendait des chevaux et des mulets, ce qui lui valut le surnom de maquignon. »

Théodpse. Dans sa famille, le talent et la vigueur semblent s'être transmis surtout aux femmes.

Le comte Théodose.

Théodose le Grand.

Afcadius. Honorius. Puldîërîëi PJacidie'

Pulchene. Théodose II.

Xnni rifStT;if;'' P- 306. Cette extinction résuU

pTi-e Mil «ll^-'^eme sera étudiée plus lonsuomeot dans le cha-

Au moyen âge, je ne noterai que :

Chahlemagne. Succession remarquable en ligne directe. Son bisaïeul, Pépin d'Héristal.

Son aïeul, Charles Martel, Son père, Pépin le Bref.

Dans les temps modernes j'indiquerai de même en passant quelques exemples, et j'insisterai sur quelques-uns :

Médicis. Nous donnons leur généalogie abrégée. Cette famille est d'origine bourgeoise; au xrv« siècle, Silvestro est gonfalonier ou chef de la république florentine.

SlLVESTRO.

Cosme (Le Père de la Patrie).

. 1 , Pierre lef.

Laurent le'' (le Magnifique).

Pierre 11. "jëan (Léon X).

Laurent,

Laurent IL Catherine (de Médicis).

Jean de Médicis (Le Grand Diable) .

Gosme (!"■ grand-duc).

François I"^'".

Marie de Médicis.

Sur les rapports qui existent entre les MédiciS et nos trois rois, François II, Charles IX et Henri III, voù- Michelet, Histoire de France, tome IX. Il entre dans des détails physiologiques fort crus. On trouvera une généalogie détaillée de la famille des Médicis dans l'ouvrage de Jacoby déjà cité. P. 336 et suiv.

Gharles-Quint. Nous demanderons la permission d'insister sur un rapprochement qu'il nous a paru curieux de faire entre ce souverain et don Carlos.

L'nÉRÉDITÉ DANS L'HISTOIRE 111

Quand on rapproche don Carlos de son célèbre aïeul, on trouve entre eux des traits si frappants de ressemblance, qu'il n'est guère possible de n'y pas voir un cas d'hérédité en retour ou d'atavisme.

Don Carlos était fils de Philippe II et de dona Maria de Portugal. Sa mère, qui mourut quatre jours après l'avoir mis au monde,- n'apparaît dans l'histoire que comme une figure insignifiante. Quant au père, il était presque en tout l'antithèse des fils \ Le caractère de don Carlos, son tempérament et même son habitude physique restent inexplicables, si l'on ne remonte pas jusqu'à Charles- Quint...

Charles-Quint se développa tard et vieillit de bonne heure. Il était âgé de près de vingt-un ans qu'il n'avait pas encore de barbe au menton. Sa taille était médiocre, sa santé faible, son visage allongé et triste ; il parlait lentement et en bégayant. Le développement de son intelligence fut aussi tardif que celui de son corps. Il resta longtemps sous la dépendance absolue de Chièvres, son gouverneur. Son tempérament flegmatique le préserva des excès. Mais sa gourmandise est bien connue. « Avant de se lever, il se faisait d'ordinaire servir un chapon assaisonné de sucre, de lait et d'épices. Il dînait à midi d'un grand nombre de plats. Peu après vêpres, il faisait un nouveau repas, prenait volontiers pour souper, quand la soirée était plus avancée, des anchois ou toute autre nourriture forte et grossière Même au monastère de Yuste

Il mangeait avidement sous les yeux de son médecin des pattes de grenouilles et des pâtés d'anguilles «. Don Carlos, d'après le rapport des envoyés vénitiens et

J.Yoir ce contraste dans Gachard, Don Carlos et Philippe II, p. 237 2. Prescott, Règne de Philippe H, t. I, ch. ix.

de l'ambassadeur impérial à Madrid *, est un prince très petit de taille ; sa figure est laide et désagréable. Il est de complexion mélancolique. Il ne prend aucun goût ni à l'étude ni aux exercices virils. Il parle avec difficulté et lenteur, et ses paroles manquent de suite. « Sa voix est fine et fluette; il éprouve de la gêne quand il commence à parler, et les mots sortent difficilement de sa boucbe. 11 prononce mal les r et les l. » On lui coupa les filets à vingt-un ans. Peu porté vers les femmes, il fut gourmand comme son aïeul. Dans sa prison, il se tua par excès du manger. Il se mit à un régime composé de pâté de perdrix^ de croûte de pâtés, de mets épicés, avec de la glace pour boisson. Ces excès de table commencèrent d'ailleurs de très bonne beure. « Il mange tant et avec tant d'avidité que ce n'est pas à dire, écrit l'ambassadeur impérial, et à peine il a fini qu'il est prêt à recommencer. »

Si l'on fait remarquer maintenant que, dans le rapprochement qui précède, nous avons omis les traits de violence de don Carlos, nous répondrons que ceux-là mêmes nous inclinons à les considérer comme héréditaires. Tout jeune, il mordait et mangeait le sein de sa nourrice; il y en eut jusqu'à trois à qui il fit des morsures telles qu'elles manquèrent de mourir. Sa courte vie est pleine de traits cruels : il bat ses gens, fait manger une paire de bottes à un cordonnier malhabile, veut brûler une maison parce qu'une goutte d'eau lui est tombée sur la tête. Plus tard, dans sa prison, il couvrait d'une mare d'eau le plancher de sa chambre, s'y promenait une partie du jour nu -pieds, à peine vêtu, sur le parquet glacé. Il se faisait la nuit apporter plusieurs fois de suite dans son lit une bassinoire rempH de glace et de neige, qu'il y gardait durant des heures. (Prescotl, Yll, 2.)

i. Dans Gachard et PrcscoU, t. IV.

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