Voir 2<! partie, ch. IV
fesle. Beaucoup ne rentrent pas dans noire sujet'. Les névroses de la respiration, de la circulation, de la digestion, de la motilité ne démontrent en général que l'hérédité physiologique. Il y en a cependant qui intéressent la psychologie, parce que, sans faire partie du groupe des maladies mentales, elles y confinent et y conduisent : telles sont l'épilepsie, l'hystérie, l'hypocondrie.
L'hérédité de l'épilepsie, admise par d'anciens auteurs (Boerhaave, Hoffmann), contestée ensuite, est de plus en plus généralement admise, surtout depuis qu'on a compris que les désordres nerveux qui se traduisent par cette maladie peuvent se traduire par des phénomènes d'un tout autre ordre chez les ascendants et les descendants (convulsions, hystérie, irritabilité excessive). D'ailleurs les expériences de Brown-Séquard, dont nous avons parlé dans l'introduction, ont montré que l'épilepsie produite artificiellement sur des animaux peut être transmise à leurs petits : ce qui démontre cette hérédité sous sa forme directe et sans métamorphose.
Il en est de même de l'hystérie. Quand elle n'est' pas un legs direct de parents eux-mêmes hystériques, elle provient d'ascendants hypocondriaques, épileptiqaes , aliénés, en un mot atteints de maladie nerveuse ou d'affection de l'encéphale. Les relevés faits par plusieurs auteurs donnent pour l'hérédité une proportion de 25 à 28 p. 100 (Landouzy, Briquet).
L'hypocondrie sous sa forme simple, c'est-à-dire non compliquée d'aliénation mentale (lypémanie), se transmet de la même manière. L'hérédité de similitude est assez rare (3 fois sur 81 cas d'après Michéa). L'hérédité de métamorphose est fréquente : ce qui a été dit plus haut pourrait
i. Pour l'étude détaillée de cette question, voir Dèjerine, ouvrage cité, cliap. m.
l'hérédité psychologique morbide 143 être répété ici. Remarquons d'ailleurs que l'on considère l'hypocondrie comme représentant pour les hommes ce que l'hystérie est pour les femmes.
Parmi les affections morbides qui nous intéressent directement, il n'en est point dont l'hérédité soit mieux constatée que celle du suicide. Voltaire est un des premiers qui aient attiré sur ce point « l'attention des physiciens ».
« J'ai vu presque de mes yeux, dit-il, un suicide qui mérite l'attention des physiciens. Un homme d'une profession sérieuse, d'un âge mûr, d'une conduite régulière, n'ayant pas de passions, étant au-dessus de l'indigence, s'est tué le 17 octobre 1769 et a laissé au Conseil de la ville où il était né l'apologie par écrit de sa mort volontaire, laquelle on n'a pas jugé à propos de publier, de peur d'encourager les hommes à quitter une vie dont on dit tant de mal. Jusque-là, il n'y a rien d'extraordinaire. On voit partout de tels exemples. Voici l'étonnant :
« Son frère et son père s'étaient tués au même âge que lui. Quelle disposition secrète d'esprit, quelle sympathie, quel concours de lois physiques fait périr le père et les deux enfants de leur propre main et du même genre de mort, précisément quand ils ont atteint la même année * ? »
Depuis Voltaire, l'histoire des maladies mentales a enregistré un grand nombre de faits semblables. Ils abondent dans Gall, Esquirol, Moreau de Tours et tous les ahénistes. Esquirol a connu une famille chez qui la grand'mère, la mère, la fille et le petits-fils se sont suicidés.