‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 97 sur 113 · Sansou, Principes généraux de la zootectime, p. i^o · texte numérisé non relu

Sansou, Principes généraux de la zootectime, p. i^o

variaiion, etc., cli. XVII.

idiotie, crétinisme, paralysie, cécité, surdi-mutité. Encore cette énumération est loin d'être complète \

Par contre, on a donné de nombreux exemples de l'innocuité des mariages consanguins chez l'homme. Le docteur Bourgeois a fait l'histoire de sa propre famille, issue d'une union consanguine au troisième degré, ayant fourni, en 160 ans, 91 alliances dont 16 consanguines, sans qu'il en soit résulté ni infirmité ni stérilité. MM. Voisin et Daily citent des faits analogues. Deux petites îles françaises, Batz et Bréhat, où les mariages consanguins sont très nombreux, ont une population saine et ^'igoureuse ^

M. Georges Darwin, dans un travail remarquable, s'est proposé de résoudre par des recherches statistiques les deux questions suivantes :

1" Quel est le rapport des mariages consanguins aux mariages en général ?~

2° Quelle est, dans les asiles d'ahénés, de sourds-muets et d'aveugles, la proportion de malades issus de consanguins à la population totale des asiles?

Il a trouvé qu'en Angleterre le nombre des mariages consanguins (entre cousins germains) est d'environ 1,5 pour 100 à Londres et-dans les districts métropolitains, 2 pour 100 dans les grandes villes, 2,22 pour les districts ru-

1. ^ La plupart des auteurs ont surtout insisté sur la surdi-mutité. D'après le Boudin, le danger des unions consanguines serait prouvé

par les faits suivants. A Berlin, on a trouvé :

Sur 10000 catholiques 3 sourds-muets.

Sur 10000 protestants 6 —

Sur 10000 juifs 27 —

Aux Etats-Unis, en 1840, la population nègre, livrée à la promiscuité, comptait, dans l'Etat de Yowa, 91 fois plus de sourds-muets que la population blanche.

Ces chiffres et ces interprétations ont été contestés. Voy. Bullet. Soc. anthrop., t. III et IV.

2. Bulletins de la Société d'anthropologie, t. I, III, IV et VI.

raiix, 3,5 pour 100 dans la classe moyenne riche; 4,5 pour 100 dans raristocratie.

Son enquête, faite dans une vingtaine d'asiles et comprenant 4822 aliénés, donne 170 (c'est-à-dire 3 à 4 pour 100) issus de cousins germains; pour les sourds-muets, environ 2,2 pour 100. On voit que ces chiffres sont loin d'être défavorables à la consanguinité

Il y a d'ailleurs une conciliation possible entre les deux opinions opposées. La consanguinité n'est qu'un mode de l'hérédité, mais elle l'élève à sa plus haute puissance. Elle joint, comme on l'a dit, à l'atavisme de la race celui de la famille, et elle réalise les plus complètes conditions de la loi des semblables. Elle n'est par elle-même ni bienfaisante ni malfaisante; mais il importe de distinguer entre la consanguinité saine et la consanguinité morbide. La tendance de l'hérédité est de reproduire l'être tout entier nous avons vu que l'enfant n'est d'ordinaire qu'une résul^ tante, un compromis entre les tendances des deux parents. Si ces tendances sont les mêmes, elles s'accusenf de plus en plus dans le produit. Si les parents jouissent d'une santé parfaite, la consanguinité tendra à la maintenir chez leurs descendants; loin d'être nuisible, elle aura de très bons résultats. Mais cet équiUbre parfait, qui constitue la santé physique ou morale, peut facilement se rompre chez les parents et par suite s'accuser de plus en plus chez les enfants. Or, dans les mariages consanguins, il y a de grandes chances pour que la rupture d'équihbre ait lieu dans le même sens.

Il suit de là que, dans bien des cas, les unions consanguines seront nuisibles, et d'autant plus dangereuses que les prédispositions morbides, communes aux deux con-

Page 1