Herbert Spencer, Principes de sociologie, § 3f.l
LES CONSEQUENCES
caste est fermée; on n’y entre que par la naissance; tout l’art, tout le mérite, toute la violence possible sont impuissants à en briser les portes; sa nature règle la destinée de l’individu souverainement. L’hérédité s’offre ici à nous avec ses caractères habituels : conservation, stabilité. Rien n’est plus immobile que les nations qui ont admis les castes.
Nous trouvons, dans l’Inde, l’idéal de ce régime. Nulle part il n’a été plus solidement établi, plus fortement constitué, plus minutieusement réglé. L’hérédité morale, qui en est la base naturelle, est explicitement reconnue par les lois sacrées de Manou :
« Une femme met toujours au monde un fds doué des mêmes qualités que celui qui l’a engendré.
« On doit reconnaître à ses actions l’homme qui appartient à une classe vile, qui est né d’une mère méprisable.
« Un homme d’une naissance abjecte prend le mauvais naturel de son père ou celui de sa mère, ou de tous les deux à la fois, jamais il ne peut cacher son origine L »
On sait que la loi hindoue admet quatre castes primitives : le Brahmane , qui est né de la bouche de Brahma ; le Kchatryia, qui est issu de son bras ; le Yeicya, qui est sorti de sa cuisse, et le Çoudra, qui sort de ses pieds. « Les castes sacerdotale, militaire et commerçante sont régénérées toutes trois. La quatrième, la caste servile, n’a qu’une naissance 1 2. Il n’y a pas de cinquième caste. »
Le Brahmane a encartage la science, la contemplation,