Aristote, Politique , II, IV
LES CONSÉQUENCES SOCIALES DE L'HÉRÉDITÉ 3ü7
de la solidarité dans la famille qui a marché de pair avec l’affaiblissement de l’hérédité. Sans parler d’une liberté plus grande dans la transmission des biens, laissée à chaque membre, la responsabilité individuelle pour les fautes commises s’est substituée à la responsabilité de la famille. La société a agi dans le même sens, en prenant soin de l’éducation et de l’instruction des enfants, en acceptant la charge des enfants laissés sans entretien et des parents abandonnés par leurs enfants.
« Cette désintégration de la famille est-elle un élément du progrès normal? Marchons-nous vers une condition pareille à celle des agrégats communistes d’Amérique et
d’ailleurs où la famille est entièrement désintégrée,
où les individus sont les seules unités reconnues? Nous avons fait quelques pas vers une organisation de ce genre. Les autres ne sont-elles qu’une affaire de temps 1 ? » — Ces questions sortent de notre sujet : nous les livrons aux réflexions du lecteur. Il suffît d’avoir montré à quel point, dans la vie sociale, l’hérédité et l’individualité sont antagonistes : ce que nous allons voir sous d’autres formes.
Uuanu une société est sortie de sa phase embryonnaire — l’état chasseur et l’état nomade — et que les premières formes de la vie civilisée commencent à se produire, alors l’hérédité apparaît comme élément social et politique dans Y institution des castes.
Le régime des castes est né de diverses causes : d’une différence de race, d’une conquête, des croyances religieuses; mais partout sa base, c’est la foi en l’hérédité. La