De la génération
l’hérédité de Là mémoire et des habitudes 59
secousse l’abaissait, en sorte que le poignet tombait pesamment sur le dos de son nez. Ce geste ne se produisait pas chaque nuit, mais seulement de temps en temps, et il était indépendant de toute cause appréciable. Parfois il se répétait pendant une heure et plus, laissant le nez tout meurtri des coups qu’il recevait.
« Son fils se maria, plusieurs années après la mort de son père, avec une personne qui n’avait jamais entendu parler de cette particularité. Cependant, elle fit précisément
la môme observation sur son mari Ce tic ne se montre
jamais dans le demi-sommeil. Il est intermittent comme chez son père. Parfois il dure une partie de la nuit. Il s’accomplit comme chez le père avec la main droite.
« Un de ses enfants, une fille, a hérité du même tic. Elle se sert aussi de sa main droite, mais d’une manière un peu différente ; après avoir élevé le bras, elle ne laisse pas son poignet tomber, mais, avec la paume de la main demi fermée, elle frappe de petits coups rapides sur son nez. Cette habitude est très intermittente, cessant pendant plusieurs mois, puis reparaissant d’une manière presque continue h »
L’auteur anonyme d’un article sur l’hérédité 1 2 rapporte un cas personnel. Pendant l’enfance de son fils aîné, troublé par ses cris, il s’était habitué à bercer l’enfant, de son lit, avec le pied, même en dormant. Une petite fille qui naquit ensuite avait le tic suivant : elle se berçait ellemême en jetant la jambe droite sur la jambe gauche à des intervalles réguliers. Ce va-et-vient durait plusieurs minutes et continuait même quand la petite fille était endormie. — Un petit frère, né ultérieurement et qui ressemble beaucoup à cette petite fille, a la même habitude.