Candolle, ouvrage cité, p
2. Les noms qui vont suivre sont pour la plupart choisis dans Galton, Herediiary Genius , p 237 et suiv. Dans cette liste et dans toutes celles de même nature, nous n’avons pas l’intention, comme on le pense bien, de donner une énumération complète de tous les cas d’hérédité. Nous voulons simplement mettre des faits sous les yeux du lecteur : nous ne citerons que des noms bien connus et des cas bien concluants, pensant qu’ici, comme dans toute étude expérimentale, ce qui importe, c’est la qualité des expériences, non leur quantité. Nous remarquerons aussi que, quoique l’on doive faire une large part à l’éducation et à la tradition, pour tout talent héréditaire dans une famille, on aurait tort de vouloir expliquer par ces moyens extérieurs ce que nous attribuons à l’hérédité. L’imagination créatrice, entre toutes les facultés, est probablement celle qu’il est le moins possible de produire artificiellement. A propos des noms de Mendelssohn, Meyerbeer, etc., nous avons considéré l’hérédité intellectuelle sous sa forme la plus générale.
l’hérédité de l’intelligence
Il avait deux fils, qui commencèrent cette suite non interrompue de musiciens du même nom qui inondèrent la Thuringe, la Saxe et la Franconie pendant près de deux siècles. Tous furent organistes ou chantres de paroisse ou ce qu’on appelle en Allemagne musiciens de ville. Lorsque, devenus trop nombreux pour vivre rapprochés, les membres de cette famille se furent dispersés, ils convinrent de se réunir une fois chaque année à jour fixe afin de conserver entre eux une sorte de lien patriarcal. Cet usage se perpétua jusque vers le milieu du xvme siècle, et plusieurs fois on vit jusqu’à cent vingt personnes, hommes, femmes et enfants, du nom de Bach réunies au même endroit L » Dans cette famille, on compte 29 musiciens éminents, et Fétis en mentionne 57 dans son Dictionnaire biographique.
Beethoven, Ludwig.
Son père, Jean, était ténor de la chapelle de l’électeur de Cologne.
Son grand-père , Louis, fut d’abord chanteur, puis maître de la même chapelle.
Bellini, fils et petit-fils de musiciens d’ailleurs peu remarquables.
Benda, Francesco (1709-1786), le principal membre d’une famille remarquable de violonistes.
Ses trois frères, Jean, Joseph et Georges.
Ses deux fils, Frédéric et Charles, et ses deux filles.
Ses deux neveux, Ernest, fils de Joseph, Frédéric, fils de Georges.
Bononcini. Son père, Antoine, et son fils, Jean, qui fut quelque temps, en Angleterre, le rival de Hœndel.
Dussek, Ladislas, connu comme compositeur et comme exécutant.
Son frère, Jean, excellent organiste.
Son frère, François, bon violoniste.
Sa fille, Olivia, hérita du talent de son père.
Haydn et son frère excellent organiste et compositeur de musique religieuse.
Hiller, Jean-Adam ; compositions musicales et écrits sur la musique.
1. Fétis, Biographie universelle des musiciens. Dans une note à la traduction allemande de l’Hérédité (lre éd.) p. 74, M. le Dr Hotzen mentionne les faits suivants d’après la biographie de S. Bacli par Spitta (1873) : Veit Bach était originaire de Thuringe, et, après avoir vécu à Presbourg, revint dans son pays. Le dernier musicien ae la famille est Jean Chrétien, mort, en 1846, simple paysan. Les Bach contractèrent de nombreux mariages avec des filles d’anciens maîtres de musique, d’organistes, de musiciens de ville, etc., comme le comportait à cette époque l’usage de la corporation. Ces unions si fréquentes ne peuvent avoir été sans influence sur l’hérédité du talent musical, et c’est l’un des plus beaux exemples de sélection artificielle — ou naturelle — qu’on rencontre dans l’espèce humaine.
Vk
LES FAITS
Son fils, Frédéric- Adam (1768-1812).
Son petit-fils, Ferdinand, « actuellement l’un des meilleurs compositeurs de l’Allemagne, » au jugement de Fétis.
Mendelssohn, de famille juive.
Son grand-père, Moïse, philosophe; travaux sur l’esthétique.
Son père, Abraham, banquier à Berlin, fin connaisseur en musique.
Un oncle , écrivain.
Sa sœur, femme distinguée, pianiste habile, associée à tous les travaux de son frère.
Meyerbeer (Jacques Baer).
Ses deux frères, l’un, Guillaume, astronome, connu par sa carte de la lune; l’autre, Michel, poète, mort jeune.
Mozart (Jean).
Son père, Jean-Georges, second maître de chapelle du princearchevêque de Salzbourg.
Sa sœur, dont les succès dans l’enfance annonçaient un talent qui ne s’est pas réalisé.
Son fils, Charles, cultiva la musique en amateur.
Son fils, Wolfgang, né quatre mois après la mort de son père, montra de bonne heure d’heureuses dispositions pour la musique ; mérite de compositeur et de virtuose.
Palestrina. Ses fils, Ange, Rodolphe et Sylla, morts jeunes, paraissent avoir hérité de quelque talent, à en juger par leurs compositions conservées dans les œuvres de leur père.
Il suffit d’avoir feuilleté quelque histoire de la peinture ou fréquenté quelques musées, pour savoir que les familles des peintres ne sont pas rares. En Angleterre, on cite la famille des Landseers ; en France, celle des Bonheur. Les Bellini, les Garache, les Téniers, les Yan Ostade, les Mieris, les Yan der Velde, sont connus de tout le monde. Sur une liste de quarante-deux peintres, Italiens, Espagnols ou Flamands, considérés comme les plus illustres, M. Galton en a trouvé vingt et un qui ont des parentés illustres *.
i. Hereditanj Genius , p. 241 et suiv. Leurs noms sont écrits en petites capitales. Bassano, Beluni, Buonarotti (Michel-Ange); CAUAni(Paul Véro-
l’hérédité de l’intelligence 75
Bassano (Giacomo da Ponte), 1510-1592, le plus grand de la famille.
Son père, Francesco, fondateur de l’école quia pris son nom.
Ses quatre fils, Francesco, Giovanni, Leandro, Girolamo, tous quatre peintres distingués. Le premier, d’un caractère mélancolique, s’est suicidé à quarante-neuf ans.
Bellini (Giovanni), Vénitien, l’un des premiers qui aient peint à l’huile.
Son père, Jacopo, célèbre par ses portraits.
Son frère, Gentile, l’un des favoris du sénat de Venise.
Caltarx (Paul Véronèse).
Son père, Gabriel, fut sculpteur.
Son oncle maternel, Antonio, l’un des premiers peintres vénitiens qui se soient débarrassés du style gothique.
Son fis, Carletto, peintre plein de promesses, mort à vingt-six ans.
Caracci (Louis) fondateur d’une école qui porte le nom de sa famille.
Ses trois cousins germains, Agostino, Annibal et Fi'ancesco. Le premier, remarquable à la fois comme artiste, savant et poète.
On peut citer encoi'e son neveu, Antoine, fils naturel d’Annibal, peintre distingué, mais qui mourut jeune et son père, Paolo, peintre sans originalité.
Claude Lorrain (Gelée) ne s’est point marié.
Son frère, graveur sur bois.
Corregio (Ailegi'i) est mort jeune et laissant :
Un seul fils, Pomponeo, qui a peint des fresques dans le style de sen père.
Eyck (Jean Van) et Hubert Van Eyck, deux frères dont les noms sont inséparables.
Leur père fut un peintre obscur.
Leur sœur, Margueiûte, cultiva passionnément la peinture.
Mieris (François), surnommé le Vieux.
Les deux fils (Jean et Guillaume), le second à peine inférieur à son père.
Son petit-fils, François, dit le Jeune, fils de Guillaume.
Murillo (Bartholome Esteban) fut élève de :
nèse); Caracci, Louis et Annibal; Cimabué, Corregio, Dominiquin, Francia, Gelée (Claude Lorrain); Giorgione, Giotto, Guido Reni, Parmegtano, le Pérugin, Sébastien del Piornbo, Poussin, Robusti (le Tintoret); Salvator Rosa, Rafaël Sanzio, Vecellio (Titien) ; Leonardo da Vinci. Murbillo Ribeira, Spagnoletto, Velasquez, Gérard Dow, A. Durer, les deux Van Eack, Holbein, Mieris, Van Ostade, Potter, Rembrandt, Rubens, Ruysdael, Téniers, Van Dyck, Van der Velde.
LES FAITS
Son oncle , Juan de Castillo, peintre d’un grand mérite. On peut encore rapprocher de lui son oncle, Augustin del Castillo, et son cousin , Antonio de Castille y Salvedra, tous deux peintres de mérite.
Ostade (Van), Adrien, dont le nom n’est guère séparé de celui de son frère Isaac, mort fort jeune.
Parmegiano (Mazzuoli), grand coloriste « en qui, suivant Vasari, avait passé l’âme de Raphaël. »
Son père, Filippo, et ses deux oncles, Michel et Pierre, peintres d’une certaine notoriété.
Potter (Paul), le plus célèbre peintre d’animaux de l’école hollandaise.
Son père, Pierre, paysagiste.
Rafael Sanzio.
Son père, Giovanni Sanzio.
Robüsti (le Tintoret), l’un des plus célèbres peintres de l’école vénitienne.
Sa fille, Marietta, renommée comme peintre de portraits.
Son fils, Domenico, bon peintre de portraits.
Ruysdael Jacob, et son frère, Salomon, tous deux paysagistes.
Téniers, David, surnommé le Jeune, le plus célèbre de la famille.
Son père, David (le Vieux).
Son frère, Abraham.
Titien (Vecellio). On trouve dans sa famille neuf peintres de mérite, dont son frère, Francesco, et ses fils, Pomponio et Horatio. Les autres sont des cousins, des petits-neveux.
Van Dyck (Antoine). Son père était peintre; sa mère brodait des paysages avec un art merveilleux.
Van der Velde. Guillaume (le Jeune), le plus grand peintre de marine qui ait existé.
Son père, Van der Velde (le Vieux).
Son fils, Guillaume, tous deux peintres de marine.
Peut-être les deux frères Isaïe et Jean Van der Velde, né à Leyde, et Adrien Van der Velde, né à Amsterdam, étaient-ils de la même famille.
On ne m’accusera pas de beaucoup médire des artistes en remarquant que, de tout temps, ils ont formé une race impressionnable, passionnée, ardente, dont la vie est
l’hérédité de l’intelligence
souvent pleine de désordres, de bizarreries et d’extravagances. Ces conditions sont peu favorables pour fonder une famille. On ne peut être un grand artiste que par un mélange de qualités extra-naturel. C’est un caractère rare, qui n’arrive que par un heureux accident et dont par conséquent l’hérédité doit être très instable. Nous venons pourtant d’en donner de nombreux exemples.
Galton, d’après un travail qu’il a fait sur 56 poètes, trouve des preuves d’hérédité (à divers degrés) dans la proportion de 40 pour 100.
On remarquera que dans cette liste où nous avons supprimé quelques noms, on aurait pu retrancher d’autres poètes dont la généalogie est complètement inconnue (Sappho, Térence, etc.) ou qui n’ont pas laissé de famille. Voici quelques détails sur ce point :
Arioste, tout enfant, écrivait déjà des comédies : on trouve dans sa famille :
Son frère, Gabriel, poète de quelque distinction, qui acheva la comédie la Scholastica après la mort de Ludovico.
Son neveu, Orazio, intime ami du Tasse, qui a écrit les Argumenti et autres ouvrages.
Aristophane. Le talent de ce célèbre comique se retrouve à un degré moindre dans :
Son fils, Arâros, auteur de cinq comédies dont on cite le Coccilos, 1 ’Æolosicon, etc.
Son autre fils, Nicostratos, qui composa quinze comédies.
Peut-être faut-il ajouter son troisième fils, Philippos.
Bcrns parait avoir reçu de sa mère cette excessive sensibilité qui a fait de lui un des premiers poètes de l’Angleterre.
t. Galton, ouvrage cité, p. 228. Voici sa liste :
Alfieri, Auacréon, Arioste, Aritophane, Burns, Byron, Calderon, Camoens, Chaucer, Chénier, Coleridge, Corneille, Cooper, Dante, Dryden, Eschyle, Euripide, Goethe, Goldoni, Gray, Heine, Horace, Hugo, Juvénal, La Fontaine, Lamartine, Lucain, Lucrèce, Métastase, Milton, Musset, Molière, Moore, Ovide, Pétrarque, Plaute, Pope, Racine, Sappho, Schiller, Shakespeare, Shelley, Sophocle, Southey, Spencer, Le Tasse, Térence, Tennyson, Lope de Vega, Virgile, Wordsworth.
LES FAITS
Byron. Ici la généalogie est assez curieuse. On trouve d’abord :
Sa mère , femme étrange, hautaine, passionnée, demi folle : ce qui a fait dire à un auteur anglais « que, s’il y a un cas où les inlluences héréditaires puissent excuser les excentricités de caractère et de conduite, c’est bien pour Byron, qui descendait d’une lignée d’ancêtres chez qui des deux côtés tout avait été calculé pour détruire l’harmonie du cai'actère, toute paix, tout bonheur individuel. »
Sa fille , Ada, comtesse de Lovelace, remarquable par ses talents mathématiques.
Son grand-père, l’amiral Byron, navigateur, auteur des Récits de voyages.
Son père, le capitaine Byron, qualifié par Galton de « dissolu, impudent. »
Chénier (André), le plus grand de la famille.
Son frère, Marie-Joseph.
Tous deux tenaient de leur mère, Santi Lomaka, Grecque d’origine et d’un esprit distingué.
Coleridge, poète et métaphysicien anglais. J’emprunte à Gallon la liste abrégée de ses descendants.
Son fils, Hartley, poète, enfant précoce, dont le jeune âge avait été assiégé de visions. La puissance de son imagination était extraordinaire et d’un caractère morbide.
Sa fille, Sara, présentait tous les caractères individuels de son père, auteur elle-même. Elle épousa son cousin, et de ce mariage est né Herbert Coleridge, philologue.
Corneille (Pierre), duquel il faut rapprocher :
Son frère, Thomas.
Son neveu, Fontenelle, fils d’une sœur. De cette sœur descendait en ligne directe la fameuse Charlotte Corday.
Eschyle, poète héroïque s’il en fut, eut dans sa famille :
Son frère, Gynégire, l’un des héros de Marathon.
Son frère, Aminyas, qui commença l’attaque à Salamine.
Son fils, Euphorion, et son neveu, Philoclès, paraissent avoir eu quelque talent, comme poètes tragiques. Philoclès fut vainqueur dans le concours où Sophocle présenta l 'Œdipe roi.
Goethe tenait de son père le physique, de sa mère le moral. Toète et observateur, il a noté en lui les influences héréditaires :
Vom Vater hab’ icb die Statur, Des Lebens ernstes Führen; Von Mütterchen die Frobnuatur, Und Lust zu fabulirem.
l’hérédité de l’intelligence
Urahnherr war der Schônsten hold, Das spukt so hin und wieder; Urahnfrau liebte Schmuck und Gold, Das zuckt wolil durch die Glieder.
Locain. Pour la généalogie de ce poète, nous renverrons à son oncle Sénèque.
Milton (Jean), poète, érudit, pamphlétaire.
Son père fut « un homme d’un grand talent musical dont les chants sont encore en usage. »
Son frère, juge, mêlé à la politique.
Musset (Alfred de), dont le talent se retrouve à un certain degré dans :
Son frère, Paul de Musset, romancier.
Racine (Jean).
Son fils, Louis, « le bon versicateur, fils du grand poète. »
Schiller paraît, comme Burns, avoir reçu de sa mère, son extrême sensibilité. C’était une femme fort au-dessus du commun.
Sophocle. Une partie de son génie tragique avait survécu dans :
Son fils, Iophon, estimé d’Aristophane.
Son petits-fils, Sophocle le Jeune, douze fois couronné.
Tasso (Torquato) avait écrit son premier poème, Rinaldo, à dixsept ans ; il tenait de :
Son père, Bernardo, l’un des bons poètes de l’Italie, auteur de YAmadis,
Et de sa mère, Parzia di Rossi, femme remarquable.
Vega (Lope de), après une longue vie d’aventures, est mort prêtre. Il avait eu de Marcela :
Un fils naturel, qui, à quatorze ans, avait fait quelque figure comme poète ; aventureux comme son père, il mourut très jeune dans une bataille.
Nous renvoyons à l’ouvrage de Galton ceux qui seraient curieux de rassembler un plus grand nombre de noms. A cette liste de poètes nous ajouterons quelques familles de lettrés choisis dans le même ouvrage (p. 172 et suiv.), entre beaucoup d’autres :
Casaubon, Isaac, et son fils, Méric, érudits, philologues. Champollion, J.-François, premier interprète des hiéroglyphes.
LES FAITS
Son fils, Jean-Jacques, historien, archéologue.
Etienne, famille célèbre de lettrés et d’érudits dont les principaux membres sont :
Robert, qui a imprimé la Bible.
Son frère, Charles, humaniste.
Son fils Henri, auteur du Lexique grec.
Son autre fils, Robert.
Son neveu, ambassadeur en Hollande, auteur de mémoires diplomatiques. — Et deux petits-neveux remarquables.
Grotius (Hugo de Groot), fondateur du droit international.
Son grand-père, érudit.
Son père, curateur de l’Université de Leyde.
Son oncle , Corneille, professeur de philosophie et de jurispru dence.
Son fils, Pierre, diplomate, érudit.
Lamb, Charles. Le nom de cet écrivain humoristique n’est guère séparé de celui de sa sœur (talent maladif) : a tué sa mère dans un accès de folie.
Scaliger (Jules-César) débuta très tard, à quarante-neuf ans.
Son fils, Joseph, érudit comme son père.
Schlegel, Guillaume, et son frère, Frédéric.
Leur père était un prédicateur renommé. A écrit des poèmes.
Beux oncles, l’un poète dramatique et critique, l’autre historiographe du roi de Danemark.
Sénèque, Lucius Annæus.
Son père, Marcus, rhéteur, mémoire prodigieuse.
Son frère (Gallion), proconsul d’Achaïe, cité comme l’un des Romains les plus spirituels de son époque.
Son neveu, Lucanus (Marcus Annæus), le poète Lucain.
Sévigné (la marquise de).
Son fils est connu par ses Lettres comme un dissipé de beaucoup d’esprit, ressemblant sous beaucoup de rapports à sa mère.
Son cousin, Bussy-Rabutin, même caractère.
Staël (Anne-Germaine de).
Son grand-père, Charles-Frédéric Necker, qui professa le droit à Genève et a écrit sur ces questions.
Son père, ministre de Louis XVI et écrivain.
Son oncle, Louis Necker, professeur de mathématiques à Genève.
Celui-ci a eu pour fils et pour petit-fils Jacques et Louis Necker, qui ont cultivé et professé à Genève les sciences naturelles.
Swift, Jonathan, doyen de Saint-Patrick.
Son grand-oncle, le poète Drydcn.
l’hérédité de l’intelligence
Nous aurions pu mentionner encore Boileau et ses deux frères Jacques et Gilles ; — Helvétius, son père et son grand-père, tous deux médecins distingués ; — Niebuhr, l’historien, et son père, voyageur et écrivain ; — Lessing et ses deux frères ; — une famille de romanciers, mistress Trolloppe et ses deux fils, Anthony et Thomas, etc.
Les familles scientifiques ne sont pas rares. Beaucoup de savants tiennent de leur père. L’atmosphère de recherches où iis ont vécu n'a sans doute pas été étrangère à leur vocation ; mais l’éducation ne fait pas le génie, et, pour être apte aux recherches scientifiques, il faut plus que cette transmis' sion extérieure qu’elle donne. On a remarqué aussi que beaucoup de savants ont eu pour mère ou grand’mère des femmes remarquables. Ainsi Buffon, Bacon, Condorcet, Cuvier, d’Alembert, Forbes, Watt, Jussieu, etc. L — L’hérédité chez les philosophes est assez rare. On ne s’en étonnera pas si l’on a remarqué que la plupart n’ont pas laissé de postérité. Ainsi, dans les temps modernes, Hescartes, Leibniz, Malebranche, Kant, Spinoza, Hume, A. Comte, Schopenhauer, etc., n’ont pas été mariés ou n’ont pas laissé d’enfants.
Nous empruntons encore quelques noms à Galton *(p. 192 sq.) :
Ampère, André-Marie, mathématicien, physicien et philosophe. Son fils, Jean-Jacques, voyageur, littérateur, historien
1. Galton, qui note ce fait ( Hereditary Genius), en donne une raison qui nous parait bien hypothétique. Les femmes, dit-il, sont, plus que les hommes, attachées à la routine et aux préj ugés ; et c’est un grand bonheur pour un enfant d’avoir une mère qui favorise chez lui la libre recherche -du vrai. Nous reviendrons sur ce point en traitant des Lois.
Ribot. — Hérédité. <3
LES FAITS
Aristote. Quoique les généalogies anciennes soient difficiles à démêler, on peut citer :
Son père , Nicomaque, médecin d’Amintas II, auteur de livres de médecine.
Son fils, Nicomaque, considéré par quelques-uns comme l’auteur de Y Ethique, qui porte son nom.
Son neveu, Callisthènes, fils de Héro, cousine d’Aristote.
Bacon, François, lord chancelier.
Son père , Nicolas, lord gardien du grand sceau.
Sa mère, Anne Cooke, membre d’une famille très bien douée, humaniste distinguée, connaissait très bien le latin et le grec.
Ses frères furent remarquables , entre autres Natbaniel (issu d’une autre mère), peintre habile.
Bentham (Jérémie), légiste, moraliste.
Son frère, le général Samuel Bentham, officier de distinction.
Son neveu, George, botaniste éminent, président de la « Société linéenne » .
Bernoulli, Jacques, d’origine suisse, est le premier qui ait commencé la réputation d’une famille célèbre par le nombre de mathématiciens, physiciens, naturalistes qu’elle a produits. Nous donnons ici le tableau de cette famille ; chacun des membres mentionnés s'est distingué dans quelque ordre de science.
Jacques. Jean.
Nicolas. Daniel. Jean.
| Nicolas.
Jean. Jacques.
11 existait encore en Suisse, dans notre siècle, des descendants de cette famille : Christophe Bernoulli (1782-1863) , professeur de sciences naturelles à l’Université de Bâle; Jérôme Bernoulli (1745-1829), chimiste et minéralogiste.
Le physicien anglais Robert Boyle ne compte pas moins de dixsept membres remarquables dans sa famille, la plupart mêlés à la politique.
Brodie, Benjamin, l’un des plus célèbres chirurgiens de l’Angleterre, compte six membres distingués dans sa famille.
Buckland, William, géologue.
Son fils, Franck, naturaliste, bien connu par ses travaux populaires.
Boffon. Nous parlerons ailleurs de ses idées sur l’hérédité; il se plaisait à dire qu’il tenait de sa mère toutes ses qualités.