‹ L'hérédité psychologiqueChapitre 49 sur 114 · Voltaire, Dictionnaire philosophique , art. Caton · texte numérisé non relu

Voltaire, Dictionnaire philosophique , art. Caton

LES FAITS

Le même auteur a connu un négociant, père do six enfants, cinq fils et une fille, et dont les quatre fils se suicidèrent; le cinquième devint aliéné et guérit. La fille eut un accès de manie pendant lequel elle fit de nombreuses tentatives de suicide. Je puis, ajoute Baillarger, compléter l’observation d’Esquirol : L’un des petits-fils de ce négociant, confié à mes soins, a essayé de se tuer en se frappant de deux coups de couteau sur le trajet des carotides *.

« Un père d’humeur taciturne, dit Falret, a cinq garçons : l’aîné, à quarante ans, se précipite sans motif d’un troisième étage; le second s’étrangle à trente-cinq ans ; le troisième se jette d’une fenêtre; le quatrième se tue d’un coup de pistolet ; un des cousins s’est jeté dans la rivière pour une cause futile. — Dans la famille d’Oroten, la plus ancienne de Ténérifié, deux sœurs sont affectées de manie suicide ; leur frère s’est tué ; leur grand-père et deux oncles se sont donné la mort. »

On pourrait multiplier les exemples à volonté, car, suivant la remarque de Morel, « le nombre des faits de ce genre est prodigieux *. »

Ce point, qui étonne Voltaire, — l’hérédité du suicide à un âge précis, — a été remarqué bien des fois. « Un monomaniaque , dit Moreau de Tours, se donne la mort à trente ans; son fils arrive à peine à trente ans qu’il est atteint de monomanie et fait deux tentatives de suicide. Un autre, à la fleur de l’âge, est pris de mélancolie et se noie volontairement; son fils, d’une bonne santé, riche, père de deux enfants bien doués, se noie volontairement au même âge. — Un dégustateur qui s’est trompé sur la qualité d’un vin, désespéré, se jette à l’eau. Il est sauvé;

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