Herbert Spencer, Principles of psychology , p
LES CONSÉQUENCES
toujours associés dans l’objet, ils sont toujours associés dans le sujet, c’est dire, au contraire de Kant, que les lois de la connaissance dépendent absolument des lois de la nature, c’est transporter le mécanisme dans l’intelligence elle-même et l’y soumettre, comme à la loi dernière qui règle son développement phénoménal.
L’hypothèse d’une genèse des « formes de la pensée » par évolution continue n’est d’ailleurs pas le propre de toute l’école associationiste, mais de ceux-là seulement qui admettent l’évolution universelle. Pour notre part, nous la considérons comme une simple hypothèse ; nous voudrions seulement montrer qu’elle n’est pas aussi inadmissible qu’il peut sembler au premier abord.
L’univers a dû traverser des milliers d’années, durant lesquelles il n’existait que des phénomènes physiques et chimiques. Nous ignorons quand, comment, par quelle suite de tâtonnements et d’essais la vie a pu se produire Nous ne savons pas davantage comment s’est opéré le passage de l’époque physiologique à l’époque psychologique, de la période de la non-conscience à la période de la conscience. C’est pourtant une nécessité pour l’école transformiste d’admettre cette évolution ascendante. Lamarck l’avait déjà vu, et il suppose hardiment une race primitive d’animaux non sentants. « En créant la vie, dit-il, la nature n’a pas débuté subitement par établir une faculté aussi éminente que celle de sentir. Elle n’a pas eu les moyens de faire exister cette faculté dans les animaux imparfaits des premières classes du règne animal '. »
Quand on considère en biologiste les phénomènes de l’activité mentale et qu’on les rapproche des faits purement vitaux, on trouve qu’ils ont en commun ce point