INDICE INDICE DE NOCIVITÉ. | DE MORTALITÉ
Hérédité paternelle (exclusive). . . 3770)$ 28
Hérédité maternelle (exclusive). . 84 60 : 0/0
D Cdémimte,,.,. 4, 9201 66,500 |
C'est-à-dire (du moins d’après les faits qui se sont présentés à moi) que:
L’hérédité paternelle s’est montrée noctve en 37 Cas Sur 100:
L’hérédité maternelle, en 87 cas sur 100 ;
L'hérédité mixte, en 92 cas sur 100.
C'est-à-dire, de même, que ces trois hérédités se sont traduites par une mortalité de :
28 pour 100 pour l’hérédité paternelle;
Go pour 100 pour l’hérédité maternelle; 68,5 pour 100 pour l’hérédité mixte’.
D'où il suit, en conséquence :
1° Que, des trois modes possibles de l'hérédité syphilitique, le mode paternel (c’est-à-dire lhérédité exclusive du père) est celui qui tout à la fois s'exerce le moins souvent et se traduit par la mortalité moindre ;
2° Que le mode maternel est au contraire injiniment plus dangereux, puisque, d’une part, il s'exerce deux fois plus souvent que le mode pater-
1. Une jeune et laborieuse étudiante, Mlle Hélène Krikus, a fait, relativement à ce sujet, le dépouillement de tous les cas de même ordre qui ont été observés dans mon service (Clinique de la Faculté) depuis une dizaine d’années.
Sur un total de 500 observations, elle a abouti aux résultats suivants, que l’on trouvera signalés en détail dans sa thèse inaugurale (Mortalité des enfants hérédo-syphilitiques, Thèses de Paris, 1890):
Proportion de mortalité infantile dérivant de la syphilis
PALEER CRE SE EE RS LE Proportion de mortalité infantile dérivant de l’hérédité EDS LRO TE RS TAN A a eee
Ces deux chiffres, on le remarquera, sont notablement supérieurs aux miens (28 et 69 o/o), empruntés, je le répète, à la clientèle de ville.
Mais cette différence, c’est-à-dire cet excès de mortalité infantile dans le public qui peuple nos hôpitaux, n’est qu’un résultat auquel on devait s'attendre. Ce résultat, nul doute qu'il ne dérive d’un ensemble de cenditions défavorables qu’on observe à l'hôpital bien plus qu’en ville, à savoir : Insuffisance ou même absence de traitement, hygiène défectueuse, unions plus précoces, privations, alcoolisme, débauche, voire débauche professionnelle pour certaines femmes, etc., etc.
J'avais prévu et prédit ce résultat, que le dépouillement de nos observations a confirmé.
EN
nel (8437 %X< 2), et que, d’autre part, il comporte un indice de mortalité plus que double(60 = 28 >< 2).
L'hérédité de la mère est donc (peut-on dire approximativement) deux fois plus fréquente et deux fois plus meurtrière que celle du père”.
3° Que l’héredité mixte est celle qui atteint le maximum, l'apogée, tout à la fois comme indice de nocivité et comme indice de mortalité.
C’est elle qui fait le plus de victimes et qui en tue
le plus.
Notons encore au passage un dernier point très digne d'attention. C'est que, comme indice de no-
1. Il ne faut pas qu’il y ait méprise ici sur deux choses absolument différentes, à savoir : La fréquence absolue suivant laquelle telle ou tel'e des deux hérédités, paternelle où maternelle, peut s'exercer; — et la proportion relative pour laquelle chacune d'elles s'exerce dans un nombre de cas donné.
Ce sont là, bien manifestement, deux points de vue absolument distincts, n’ayant rien de commun; et, non moins évidemment, c'est le second seul qui se trouve en cause dans la discussion actuelle,
La syphilis étant infiniment plus fréquente chez l’homme que chez la femme, il suit de là en toute nécessité que l’hérédité paternelle a infiniment plus d'occasions de s'exercer que l’hérédité maternelle. Donc, l’hérédité paternelle, absolument, est bien plus commune en pratique que l’hérédité maternelle,
Mais la proportion se trouve renversée lorsqu'on met en parallèle deux nombres égaux de cas où telle ou telle de ces deux hérédités peut réagir sur le fœtus et l'enfant, On voit alors l’hérédité maternelle devenir prépondérante ; onla voit, d’une part, s'exercer deux fois plus fréquemment que l’hérédité paternelle (:: 84 : 33), et, d’autre part, être deux fois plus meurtrière (:: 60 : 28).
Je le répète, gardons-nous de confondre (ce qu’on fait quelquefois dans le langage courant) la proportion de fréquence absolue et de fréquence relative des deux hérédités masculine et féminine,
civité et de mortalité, lhérédité mixte est bien plus voisine de l’hérédité maternelle que celle-ci ne Pest de l’hérédité paternelle. Elle se rapproche de l’hérédité maternelle, tandis qu’elle est énormément distante de l’hérédité paternelle. Voyez les chiffres.
Or, cela ne veut-il pas dire que, des deux facteurs qui collaborent à l’hérédité mixte, c’est le facteur maternel qui confère à cette dernière son élément principal et prédominant de nocivité ? Cela ne veut-il pas dire, plus simplement, que, dans un ménage à deux géniteurs syphilitiques, dans ce qu’on peut appeler le couple syphilitique, c’est de Pinfluence maternelle, c'est de la mère que dérivent les plus grands dangers pour l’enfant ?
De là, comme corollaires et comme applications pratiques, deux enseignements majeurs, essentiels, à Savoir :
1° Que, dans un ménage syphilitique, c’est la femme qu'il faut surtout traiter (sans préjudice du mari, bien entendu), qu'il faut traiter avec assiduité, avec persévérance, avec acharnement, oseraije dire. Or, telle est précisément l'indication qui se trouve le moins réalisée en pratique. 1'expérience, en effet, apprend ceci, que, dans un ménage syphilitique, c’est toujours la femme, à savoir la future mère, qui est le moins traitée; c’est toujours la femme (et cela pour des raisons dont je vous ai parlé ailleurs" et que vous devinez de reste) dont le trai-
1. Un fait peut être posé en axiome, tant il ressort de l’expérience pratique : C’est que plus une femme est honnëte, c'est-à-dire de
tement reste négligé, incomplet, bn ne au total insuffisant.
2° Et, en second lieu, qu'une femme syphilitique en état de grossesse doit toujours être traitée, et traitée d'autant plus rigoureusement, d’autant plus scrupuleusement, que le salut de son enfant peut être à ce prix. Or, l’époque n’est pas encore bien loin de nous où le principe même du traitement de la femme syphilitique en état de grossesse était contesté, récusé ; et de nos jours même (j'en pourrais citer des preuves) il n’est pas rare que le traitement de la femme syphilitique enceinte ne donne pas les résultats qu'il devrait produire, qu'il est apte à produire, uniquement par suite de la timidité, de la réserve peureuse avec laquelle il est institué.
condition régulière, plus elle a de chances pour étre mal traitée de la syphilis. Voyez, par exemple, ce qui arrive aux femmes mariées qui reçoivent la syphilis de leur mari. C’est presque invariablement la même histoire qu’on retrouve plus tard dans leurs antécédents, histoire qui se reproduit à chaque instant dans mes notes. Au début de leur mal, ces femmes ont toujours été traitées quelque peu (réserve encore faite pour certaines qui, grâce à l’imbécillité ou au sauvage égoïsme de leurs maris, ne l’ont pas été du tout). Elles ont été « blanchies », passez-moi l'expression vulgaire, mais consacrée. Puis, au delà, on s’est hâté de renoncer à un traitement qui aurait pu éveiller les soupçons et devenir compromettant pour le mari. Le plus tôt possible on a congédié le médecin, et les choses en sont restées là. Or, qu’advient-il en pareille occurrence ? C’est que la syphilis, bien entendu, ne perd pas ses droits sur ces malheureuses femmes, en l'honneur de leur qualité de femmes mariées, de femmes honnêtes, et que cinq ans, dix ans, vingt ans plus tard, se produisent sur elles des symptômes tertiaires plus où moins sérieux, quelquefois graves, voire mortels.
C’est là un point que j'ai longuement traité dans mes lecons sur Syphilis et mariage, en produisant de nombreux documents à l’appui. (Voir ouvrage cité, 2° édit., p. 284 et suiv.)
Je me borne pour l'instant à vous signaler au passage ces deux enseignements, sur lesquels j'aurai plus tard à revenir en détail.