Notta, mémoire cité
C’est qu'une influence provisoire, même simplement provisoire, du traitement spécifique a pu quelquefois conjurer provisoirement les effets de l'hérédité syphilitique.
Ainsi, il peut suflire, pour qu'un enfant naisse sain de parents syphilitiques, qu'au moment de la procréation les parents se trouvent soumis à l’influence du mercure.
Quelque singulier, quelque paradoxal, quelque inexplicable surtout que paraisse un tel fait au premier abord, il n’en est pas moins authentique. Il ressort en toute évidence d’un certain nombre d'observations bien étudiées et semblant irréprochables.
Tel est, par exemple, le cas suivant, relaté par Turhmann (de Schæœnfeld) et qu'on peut qualifier en l'espèce d'observation modèle :
Une femme syphilitique commence par avoir sept grossesses, pendant lesquelles elle ne se traite pas. Sept fois elle accouche d'enfants syphilitiques qui ne tardent pas à mourir.
Devenue enceinte une huitième et une neuvième fois, elle se traite au cours de ces deux grossesses. Chaque fois elle accouche d’un enfant sain, bien portant.
Survient une dixième grossesse. Cette fois, cette femme, se considérant comme guérie, ne se traite pas. Elle accouche d’un enfant syphilitique, qui meurt à SiX mois.
Finalement, une onzième grossesse, dans le cours
de laquelle intervient le traitement, amène un enfant sain‘.
Ce fait aurait été inventé de toutes pièces, imaginé théoriquement pour les besoins de la cause, qu'en vérité 1] ne pourrait être plus démonstratif*.
Toutes ces preuves, enfin, vont trouver une confirmation nouvelle dans les résultats fournis par les statistiques. | |
J'ai tenu à me rendre compte, au point de vue qui nous occupe, des résultats qui pouvaient dériver de mes observations personnelles, observations, je le répète encore, recueillies au jour le jour, suivant le hasard de la pratique et sans esprit préconçu. Donc, faisant un choix de toutes celles où des renseignements précis sur le traitement se trouvaient consignés, Je les ai divisées en quatre groupes, suivant la durée du traitement, à savoir : premier groupe, où le traitement a été nul; — second groupe, où 1l a été court, c’est-à-dire ne dépassant pas quelques mois ; — troisième groupe, où il a été moyen, c'est-à-dire s’élevant à plus d'une année; —