‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 21 sur 67 · MORTALITÉ PAR MORTALITÉ HÉRÉDITÉ PATERNELLE.| PAR HÉRÉDITÉ MIXTE · texte numérisé non relu

MORTALITÉ PAR MORTALITÉ HÉRÉDITÉ PATERNELLE.| PAR HÉRÉDITÉ MIXTE

Traitement nul . . . . 59 % 82 0), ‘Traitement court , . . 36 0) 85 % Traitement moyen... 21 26, 0/4 Traitement prolongé. . D 0 D

Ces chiffres ne sont-ils pas absolument significatifs? — Voyez plutôt :

Pour l’hérédité paternelle, par exemple, un traitement simplement moyen abaisse la mortalité infantile de 59 à 21 pour 100; — puis (résultat encore bien autrement heureux), un traitement prolongé la réduit presque à néant, à 3 pour 100.

Mais la démonstration devient plus saisissante encore quand on descend aux détails du parallèle et qu'on examine comparativement les quotients de la mortalité infantile issue héréditairement des sujets éraités et des sujets non traites.

Ce qu'est cette mortalité dans le camp de ceux qui, ayant eu le malheur de contracter la syphils, ont eu le bon sens de s’en traiter et la patience de

s'en traiter longuement, les chiffres qui précèdent viennent de l’établir. En pareille condition, elle descend très bas, elle se réduit à une quotité minime (3 pour 100).

En pareille condition, le fait très habituel, la règle, c’est que les enfants arrivent à terme vivants et sains. Quel est celui d’entre nous qui n’en pourrait témoigner? Quel est celui d’entre nous qui, en consultant ses souvenirs, n'aurait à citer le cas d’un ami, d’un camarade, d’un client, dont la syphilis éraitée est restée inoffensive pour ses enfants ? Le fait est patent, irrécusable, de par sa fréquence et sa banalité.

Or, voyons comme contre-partie ce qu'est la mortalité hérédo-syphilitique dans le camp des indifférents, des négligents, qui n’ont opposé à la syphilis, pour tout traitement, que l’expectation pure et simple. Dans ces conditions, elle devient formidable, comme vous allez en juger.

Certes, 1l est très rare de nos jours (fort heureusement) de rencontrer des sujets qui, ne s'étant pas traités du tout de leur syphilis, n’ayant absolument rien fait contre elle, n’en ont pas moins eu l'audace de se marier, en dépit des dangers de divers genres qu'ils apportaient avec eux dans le mariage. Cependant, 1l est des téméraires ou des ceyniques de ce genre. J'en ai trouvé quatorze pour ma part, et voici quel a été le sort de leurs enfants.

Ces quatorze individus, après avoir ou non communiqué la syphilis à leur femme, sont devenus

pères quarante-cinq fois, et ces quarante-cinq grossesses ont abouti aux résultats suivants :

Enfants survivants (dont 6 affectés de syphilis), . . . 8

Fausses couches ou naissances d’enfants mort-nés . . . 29 Enfants morts peu de temps après leur naissance . . . 8 POtAR TE 72720

C'est-à-dire, au total, 37 morts sur 45 grossesses. Quotient de mortalité : 82 pour 100. Quelle effroyable proportion !

Enfin, comme contre-épreuve, voyons encore ce qu'est la mortalité infantile dans les cas de syphilis ignorée et par conséquent non traitée (involontairement non traitée, mais n'importe en l'espèce).

Ces deux dernières années, il est entré dans nos salles 13 femmes affectées d’accidents tertiaires incontestablement syphilitiques, mais dérivant de syphilis dont ces femmes n'avaient nulle notion, qu'elles zgnoratent, et pour lesquelles, done, elles n'avaient jamais subi le moindre traitement.

Ces 13 femmes sont devenues mères, à elles 13, 59 fois. Or, sur ces 59 enfants, combien leur en reste-t-il aujourd'hui? Dix, pas un de plus! Les 49 autres sont morts, et morts soit avant de naitre, soit peu de temps après leur naissance.

ho morts sur 59 grossesses, cela fournit une mortalité de 83 pour 100!

Ajoutez que quelques-uns de ces cas, examinés individuellement, ne sont pas moins navrants que

significatifs en l’espèce, que décisifs par rapport au parallèle que nous poursuivons.

Ainsi, l’une de ces 13 femmes est devenue enceinte dix fois. Or, ses neuf premières grossesses se sont terminées par neuf fausses couches, et la dernière par la naissance d’un enfant Sy PAS que vous avez vu criblé de gommes.

De méme, dans un cas de M. le D' Le Pileur', une femme, affectée elle aussi d’une syphilis ignorée, à eu 11 grossesses qui ont abouti à ceci :

1 enfant survivant ;

6 fausses couches ;

4 enfants morts (de 1 jour à 6 semaines).

Au total, donc, 10 enfants morts sur 11!

Mais c'en est assez, j'en suis sûr, pour que votre conviction soit faite.

Je m'arrèête donc, et me résume en disant :

De quelque côté que l’on envisage la question, que l’on examine l’hérédité paternelle, l'hérédité maternelle ou l’hérédité mixte, on aboutit toujours à ceci :

Résultats néfastes et mortalité considérable dans les cas où le traitement spécifique n’est pas intervenu ou n'est intervenu que d’une façon insuffisante.

Et, inversement, atténuation, décroissance, voire extinction de l'influence hérédo-syphilitique, sous l’action bienfaisante du traitement.

Donc, le traitement constitue par excellence

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